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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 07:37

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Suivez-moi dans ma balade, puis à celle de la fête du mimosa à Tanneron pour un itinéraire historique sur la route que l'on appelle ici "le triangle d'or du mimosa" avec bien sur, les inévitables Brésiliennent qui viennent mettre l'ambiance pour ce carnaval aux couleurs du jaune.

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A votre droite la ville de Grasse


 Tanneron était depuis l'origine une seigneurie appartenant à la famille de "Grasse", à la branche des Grasse-Cabris exactement. L'Europe fut touchée au milieu du XIVème siècle par la "grand peste" et le sud de la France ne fut pas épargné non plus. En raison de l'appauvrissement, des villages entiers de la région de Grasse, sont repeuplés par des habitants de la Ligurie les figons (Italie).

photos-2013-2306.JPG(En fait, c'était un juste retour des choses, car les ligures avaient été les premiers habitants de cette région avant les Romains et les Grecs, alors ne vous étonnez pas si un grand nombre d'habitant possède des patronymes d'origines italiennes). La seigneurie de Tanneron restera toujours fief de la famille des "Grasse" au XVIème siècle, mais les guerres de religion secouent le pays des Siagnes.

photos-2013-2267.JPGLe massif du Tanneron était à cette époque, couvert d'une magnifique pinède. Certains arbres atteignaient 30 m de hauteur et 7 m de circonférence. De ce fait, de nombreuses verreries voient le jour, les forêts alentours contribuant à alimenter leurs fours. Ceux-ci deviennent itinérants suivant les coupes de bois réglementées par la Marine Royale, forte consommatrice de bois de charpente pour ses navires. Mais, c'est à la fin du XVIIIème siècle, qu'un violent incendie ravage la majeure partie des forêts de Tanneron et que le mimosa, importé d'Australie, commence à recouvrir le massif.

photos-2013-2298.JPGDe nouvelles cultures spéculatives liées aux parfumeries grassoises apparaissent aussi. L'agriculture est peu développée et le pays produit l'olivier, le figuier, le blé et le châtaignier mais surtout, le fraisier et le griottier. Importé d'Australie vers le milieu du 19ème siècle par les "Lords Anglais" qui découvrirent la Côte d’Azur, le mimosa s'acclimata très bien aux pentes du Tanneron et en recouvre aujourd'hui toutes ses collines. 

photos-2013-2268.JPGPlanté dès 1880 dans la Croix des Gardes dans les propriétés des grands hôtes hivernaux, comme le Duc de Vallombrosa, le Marquis de Morès ou Lord Brougham, il a contribué très largement au développement de l’industrie cosmétique à Grasse. Il s’est également répandu à l’état sauvage dans toute la région.

photos-2013-2327.JPGLa Société d’Horticulture et d’Acclimatation contribua largement à sa promotion. Les mimosistes vont se multiplier dans la région, à Mandelieu, Pégomas, Tanneron ou La Roquette. Les marchés se développèrent et des wagons entiers de mimosa quittaient tous les jours la gare de La Napoule pour le nord de la France et pour l’étranger (Belgique, Hollande, Norvège, Grande Bretagne etc...).

photos-2013-0009.JPGL’étape mandolocienne vous permet de longer la bien nommée et magnifique Route de « la Corniche d’Or » qui vous conduit entre les rochers rouges du Massif de l’Estérel et le bleu de la Méditerranée jusqu’à La Napoule. Elle se poursuit dans les terres, vers Capitou et traverse la plus grande forêt de mimosa d’Europe qui surplombe Mandelieu-La Napoule sur le Massif du Tanneron.

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 Après avoir traversé Pégomas, je rejoins Capitou, c’est le village historique des mimosistes. C'est en effet au milieu du 19ème siècle que le mimosa prendra racine sur les collines du massif du Tanneron et que les Capitoulans développèrent sa culture qui mobilise encore aujourd'hui une douzaine de mimosistes locaux.

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C’est autour des années 1880, que le Mimosa fût introduit sur le bassin cannois. Certains ouvrages nous apprennent que c’est le célèbre navigateur britannique, James Cook, qui emmena cette plante lumineuse dans notre région, d’autres racontent que ce sont les grands hôtes hivernaux de Cannes comme le Duc de Vallombrosa, Le Marquis de Mores ou Lord Brougham le chancelier britannique qui introduisent dans leur propriété Cannoise cette plante aux fleurs abondantes et odorantes.

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Bénéficiant d’un climat méditerranéen, le Mimosa, originaire d’Australie et comptabilisant environ 800 espèces, va très vite s’acclimater, se développer sur le massif du Tanneron et donner l’idée, au début du XX ième, à quelques horticulteurs de produire la plante aux « boutons d’or ». Les premières cultures de mimosa à caractère commercial naissent alors. Dès cette époque, grâce à la technologie et notamment au réseau ferroviaire, le marché anglais sera le plus important jusqu’au début de la seconde guerre mondiale. A la fin des années 1920, les cultures de mimosa couvraient plus de 600 hectares dans la région Cannoise.

photos-2013-0025.JPGUn bouleversement incroyable va toutefois révolutionner la production du Mimosa. En effet l’histoire nous raconte, qu’un jour, un paysan de la Bocca (dont on ne connaît pas le nom) ramassa du Mimosa encore non éclos et sans le vouloir le disposa vulgairement sur un tas de fumier humide. Le lendemain, le Mimosa avait fleurit de toute sa splendeur. Les premières forceries de mimosa virent le jour: il suffisait simplement de créer une ambiance chaude et humide grâce à un poêle à bois et une bassine d’eau. Les mimosistes pouvaient contrôler la floraison de cette fleur.

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Les Forceries de Mimosa  se multiplièrent et un certain Augustin Augier dont le but était de faire découvrir à l’Europe du nord (en particulier la Belgique) cette fleur originale devint l'un des pionniers de la production internationale. Toutefois le concept du poêle à bois et de la bassine d’eau ne lui semblait pas être la meilleure solution pour faire fleurir le mimosa et surtout en grande quantité.

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Ayant de bonnes connaissances dans le monde de la parfumerie grassoise, il demande à un ingénieur chimiste et directeur des usines Figene de lui calculer le volume d’une salle tout en ayant le contrôle de la température et du taux d’hygrométrie. En effet, il faut savoir que si la température est trop élevée et que le taux d’hygrométrie est trop faible, le Mimosa sèche et ne fleurit pas. Si la température est trop basse et que le taux d’hygrométrie est trop fort, le Mimosa fleurit mais la fleur reste humide et n’est pas commercialisable.

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Après de nombreux calculs savants (comprenant les trois éléments principaux:  Volume de la salle, température et hygrométrie), il est donc décidé qu’une simple chaudière à charbon avec thermostat allait créer une température variant de 20 °C à 25°C.  Concernant l’hygrométrie, les tuyaux de chauffages reliés à la chaudière et entourant la salle allaient être recouvert d’eau (1 centimètre au de dessus du tuyau).

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La première Forcerie « moderne » prenait forme. En 1945, l’exploitation du mimosa repart de plus belle et s’ouvre un nouveau marché: celui des Etats-Unis d’Amérique et notamment New York. Lors de la libération, quelques soldats américains trouvent cette fleur originale et la commercialise sur la côte est des USA. De plus l’aviation se développe à une vitesse folle et tous les facteurs sont favorables pour partir à la conquête du nouveau continent. Aujourd’hui, c'est plus de 10 millions de bouquets qui partent des collines Cannoises.....

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photos-2013-2454.JPG                             DIAPORAMA DE LA BALADE


 

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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