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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 17:35

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L'ancien sénat de Nice (drapeau)

 

Le Vieux Nice est un dédale de passages étroits, de ruelles ombreuses entre les hautes façades ocres ou rouges, clochers baroques innombrables… contre les flancs de l’antique colline du château, la « Vieille Nice » fût longtemps à elle seule toute la ville, et même lorsque les faubourgs s’étendirent au-delà de la rivière Paillon sur la rive droite, son cœur continua à battre là, entre les Ponchettes et la rue Pairolière.

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Le Vieux Nice d’aujourd’hui était jusqu’au XVIe siècle, la ville basse formée de faubourgs étendus de manière désordonnée aux flancs de la colline du chateau. On y entre au nord par la porte Pairolière qui ouvre sur la rue du même nom, lequel viendrait du mot « pairoù », chaudron en niçois.  Sur la place Saint François, se dresse l’ancien Hôtel de Ville, construit vers 1580. C’est là que siégèrent les institutions gouvernementales.

octobre-2013-3105.JPGAprès avoir changé plusieurs fois de lieu sous la Révolution, la Mairie revint dans ce bâtiment sous le premier empire, avant de s’installer en 1868 dans l’actuelle rue de l’Hôtel de Ville. L’édifice accueillit en 1892 la Bourse du travail. La place est également connue pour son marché au poisson, le Vieux Nice était composé d’un grand nombre de quartiers et chaque communauté se regroupait autour d’un clocher.

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Sainte Réparate est la sainte protectrice de Nice. Après l’abandon de la cathédrale Sainte Marie du Château, c’était le vocable de l’église de la ville basse où l’Evêque transféra son autorité. La rue Droite, ainsi nommé parce qu’elle permet de traverser la ville de part en part était le quartier des notables. On y trouve des demeures urbaines des nobles familles niçoises, dont le Palais Lascaris construit au milieu du XVIIe siècle en est un bel exemple.  Un peu plus loin, l’église du Gesù, qui appartint au Jésuites est l’une des plus belles églises baroques de la ville.

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La rue du Malonat constitua longtemps le quartier des pêcheurs. En bordure de la vieille ville, côté mer, furent aménagées au milieu du XVIIIe siècle les fameuses terrasses : entrepôts et logements dont les toits servaient de promenade au double panorama vers les montagnes côté nord et sur la mer au sud. Au cœur de la vieille ville se trouvait le siège du représentant de l’Etat, dans l’ancien « palais des rois sardes » où résidait l’ancien gouverneur du Comté de Nice. Ce monument fut édifié à la fin du XVIe siècle.

octobre-2013-3166.JPGUn peu plus loin, sur l’ancienne place San-Domenico en référence au couvent du même nom du temps des rois de Sardaigne détruit en 1885, fût édifié un massif palais de justice. On trouve également sur l’actuelle place du Palais, le quartier militaire avec l’ancienne caserne Rusca et la tour de l’horloge, symbole de l’autorité communale, plusieurs fois détruite. Mais, voulez vous que je vous indique l'itinéraire que je préfère pour ensuite vous permettre de faire une première visite du vieux Nice ?

octobre-2013-3191.JPGCommencez de préférence par la rue de la Poissonnerie et le Palais Ceva, attribué à la famille du protecteur des Jésuites Pons Ceva, ce palais vaut autant pour son porche que pour sa cage d'escalier et la loggia de sa cour intérieure. Ensuite,  prendre à gauche de la rue de la Poissonnerie et, au-delà du carrefour, en face, la rue Benoît-Bunico sur dix mètres. A gauche s'élève le Palais Dalpozzo au 26. Ce palais, qui appartient aux Dalpozzo dès le XVe siècle, fut reconstruit en 1692.

octobre-2013-3161.JPGLa famille Dalpozzo est surtout connue dans le comté de Nice pour Paganin dal Pozzo, ingénieur qui établit la première route muletière du sel au départ de Nice vers le Piémont au XVe siècle, passant par la Vésubie. Son descendant qui fit élever le palais le dota d'une intéressante cage d'escalier et d'un encadrement de porte discret et raffiné, portant la devise de la famille : «Turbida nunquam», (Jamais trouble), allusion à l'eau du puits qui figure sur les armoiries familiales (Dal Pozzo signifie Du Puits en italien).  Sur la façade du palais, on peut voir une plaque dédiée à Juli Eynaudi, poète de langue niçoise.

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Revenir sur ses pas et reprendre à gauche la rue de la Préfecture. Au carrefour de celle-ci avec les rues Droite et Jules-Gilly, on se trouve sur un site dénommé, pour des raisons inconnues, le cantoun dei Sarrain, le coin (ou l'angle) des Sarrasins. A l'angle sud-est, où se trouve l'enseigne de l'ex-Restaurant «La Trappa», se dresse le  Palais Maurice de Savoie  au 2 rue Jules-Gilly. Comme souvent pour les palais du XVIIe siècle, la date de construction de ce bel édifice est inconnue.

octobre-2013-3417.JPGIl est célèbre par l'attribution que les historiens en ont faite au cardinal Maurice de Savoie, gouverneur de Nice de 1642 à 1648. Sa personnalité, qui propulsa à Turin un groupe de Niçois qui devint illustre tels Torrini, Gioffredo, etc..., est demeurée célèbre par l'anecdote qui le vit épouser à cinquante ans sa nièce de douze ans pour concrétiser un accord politique conclu avec sa belle-sœur, veuve du duc Victor-Amédée Ier, à la suite d'une guerre civile qui les opposa.

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Sainte Reparate


 Le cardinal (qui n'était pas prêtre, tout de même) abandonna la pourpre et épousa l'enfant à Sospel. A Nice, il résida semble-t-il dans ce palais. Au 5 de la rue Jules-Gilly on peut voir un linteau portant cette inscription latine : «Pax cum amicii, bellum cum vitii», (Paix aux amis, guerre aux vices). A gauche, au passage devant le n° 6, on peut admirer le bel encadrement de la porte du palais Galléan qui ouvre sur cette rue, orné au linteau de figures animales, ainsi que son vantail clouté.

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Revenir sur ses pas et prendre à droite la Rue du Malonat carriera barilerìa (rue Tonnellerie) pour voir le lavoir du Malonat. Dernier restant à Nice, le lavoir du Malonat daté de la moitié du XIXème siècle est un bassin public alimenté par une source permettant le rinçage à grande eau du linge que les lavandières lavaient chez elles avec peu d’eau. L’essorage se faisait au moyen d’un battoir en bois après maintes torsions pour extraire l’eau résiduelle.

octobre-2013-3037.JPGOn entre ici dans le quartier homonyme, Lou Malounat. L'origine du nom Malounat reste contestée: rue pavée de «maloun» (carreaux de terre cuite) ou lieu de fabrication de ceux-ci. Nous opterons pour la première hypothèse, considérant que c'est une des voies majeures de desserte du Château jusqu'en 1706, mais sans rien pouvoir affirmer. Poursuivre vers le monument, au sommet de la rue. Madone du Malonat. Ce monument, en son état actuel, fut refait à la fin du mandat de Jean Médecin et inauguré en 1966. Initialement, il n'était composé que de la statue de la Vierge du Bon-Secours, offerte en 1854 par le curé de la paroisse Saint-Jacques / Le Jésus implorant pour le quartier du Malonat frappé par le choléra la protection de la Vierge.

octobre-2013-3316.JPGCette décision suscita aussi la création d'une procession qui est encore célébrée aujourd'hui le premier dimanche d'août. Revenir sur ses pas. A l'angle de la ruelle du Malonat, belle perspective de la rue sur le clocher de L'Annonciation/Sainte-Rita, la rue de la Préfecture et la Loge. Arrivé au sommet des escaliers, on se trouve devant les anciennes prisons, dépendances du Sénat voisin, tribunal suprême du comté de Nice.

octobre-2013-3340.JPGCes bâtiments furent installés au XVIIe et demeurèrent affectés à cet usage jusqu'aux années 1890. Descendre l'escalier et poursuivre, tout en bas des marches, dans la rue de l'Ancien-Sénat. La loge du Sénat, plus modeste que la loge municipale, remplissait les mêmes fonctions de publication des décisions du tribunal suprême. Elle est contemporaine de sa construction. Il était donc naturel que ce fût sous ses voûtes que se trouvât la fameuse «pierre des faillis».

octobre-2013-3370.JPGCe tronçon de pierre posé au sol était utilisé comme châtiment infâmant dans les affaires de faillites : le failli, préalablement déculotté, devait publiquement s'y frapper trois fois le postérieur en disant une phrase rituelle. Cette pratique existait en Italie, à Padoue par exemple. Aujourd'hui encore, en niçois, l'expression utilisée couramment pour parler de faillite est «picà dóu cuòu», frapper du cul.

octobre-2013-3389.JPGLe Sénat, cour suprême de justice, fut créé à Nice par le duc Charles-Emmanuel Ier en 1614. Dans un premier temps, il fut installé dans une maison à l'est du Palais royal et y demeura jusqu'en 1654. La visite se termine et vous venez de faire une toute petite partie des innombrables ruelles qui serpentent dans le vieux Nice. Vous venez de decouvrir à la fois, Naples, Verone, Milan, Turin ou Florence dans une seule et méme ville ...

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                                DIAPORAMA DE LA VISITE



 

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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