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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 19:29

Lou Présépi Nissart, cœur de la culture populaire niçoise

li tradicioun de Calèna à Nissa

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balade dans la foret Russe de la plassa Massena

Le temps de Noël est arrivé (maintenant terminé depuis la réalisation de cet article) à Nice avec son cortège de souvenirs, de branches de houx, d’étoiles scintillantes et de boules multicolores qui dansent la farandole dans les yeux des enfants. Il est bon de rappeler les traditions niçoises, à une époque où l’on ne peut plus faire une crèche ou placer un sapin de Noël dans une maternelle sous prétexte de laïcité ou d’incongruité vis-à-vis d’autres cultures.
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Depuis des siècles les Niçois ont toujours, avant les autres accueilli l’étranger, le banni et le persécuté qui venaient travailler dans leur comté, mais les Niçois sont chez eux et ils sont toujours debout, ils entendent demeurer ce qu’ils sont et conserver jalousement les traditions héritées de leur ancêtres et non celle de ceux qui ont voulu nous coloniser.
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A Nice, la culture et l’identité niçoise (sujet d’actualité) primeront toujours. Nous évoquerons dans cet article donc l’une des traditions populaires de Noël auxquels nos ancêtres étaient très attachés : le Présépi Nissart (du latin presepium : mangeoire, crèche) « Lou Présépi », c’est la représentation théâtrale des fêtes de Noël version Niçoise. L’histoire raconte les aventures de l’ange Bouffareù qui sur son passage annonce une naissance dans un village nommé Babazouk...
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maquette de l'eglise Russe à la plassa Massena

Le Présépi est une ancienne tradition naïve du peuple niçois, exprimée d’abord par le biais de marionnettes en bois. Ces figurines représentaient des personnages populaires symboliques ou emblématiques de la capitale azuréenne et de ses villages alentours. Les représentations étaient données dans la viéa Vila dans les arrières boutiques ou dans des théâtres de marionnettes ambulants.
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le theatre de marionnettes à la plassa Rossetti

Cette tradition ne peut être datée, mais l’on sait qu’elle existait déjà en 1830, donc bien avant le Guignol lyonnais. Guisol dit dans sa Mensoneghiera que « li mariota » faisaient les délices des Niçois. Dans la Nemaïda, le grand écrivain niçois Rancher met en scène le personnage de « Fieùferre » qui près du Pont-Vieux montrait ses marionnettes dans une baraque en bois.
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Après l’annexion truquée à la France, la résistance du peuple nissart se concentra dans la tradition populaire et les spectacles de mariota se multiplièrent, notamment au théâtre Risso. Le chroniqueur Nissart Humberto Oberti souligne que « ses animateurs ont toujours été des ouvriers et artisans de la veille ville qui exprimaient dans des rimes souvent baroques leur humour spécifiquement local ; les chants du Présépi sont des vestiges du vieux « nouvé » (Noëls) de Saboli, de Méhul, de Martin Seitour et d’autres anonymes que Nice a toujours révélés en son sein ».
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Le barde niçois Menica Rondelli recueillit ces traditions orales et édita son Présépi en 1919 puis le réédita en 1926. Parallèlement aux théâtres de marionnettes, le Présépi était joué en pièce de théâtre par des intervenants amateurs issus du peuple qui véhiculaient avec simplicité et naturel la quintessence de l’esprit nissart.
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la patinoire dans le forum Massena

Ces représentations populaires étaient originales et vivantes car les acteurs déclinaient un texte qui n’était pas figé : dans un cadre convenu dont le thème était la naïveté, des personnages immuables prenaient la liberté d’insérer malicieusement dans le texte classique, des points de l’année écoulée, des traits d’humour ou de moqueries ; le spectacle devenait une satire de la société niçoise et parfois de la structure religieuse de l’époque. A ce titre dans les temps anciens, les Présépi n’étaient pas très bien vus par l’Eglise et se jouaient en lieux discrets devant le public.
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le celebre bar/theatre de Mado la Niçoise

Les personnages immuables du Présépi était l’ange Bouffareù, lou Curat, lou Trouble (le Diable), Barba laurens, Barba Martin, lou coumaire Cicoun, lou Pescadou, et lou Cassaire ; mais d’autres venaient parfois compléter la compagnie : coumpaire Simoun, pendant masculin de coumaire Cicoun, la cancanière, lou Sacristan,  la Fliusa, lou Pastre, lou Mestre, lu doui gendarma représentant l’autorita que l’on brocardait… sans oublier la redoutée tanta Chiquetta… la mort, qui avait fauché les trépassés de l’année écoulée…
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il serait peut-etre temps de changer le drapeau du pays Niçois

Les acteurs occasionnels déclinaient malicieusement, avec la verve niçoise, les travers des uns et les mécomptes des autres. Deux seulement des personnages du Présépi représentaient nominalement deux des familles les plus anciennes et les plus ancrées, à l’époque, dans la tradition populaire : Elles étaient représentées respectivement par Barba Martin et Barba Laurens. Le terme barba signifie oncle en Nissart, mais aussi par extension, le patriarche de la famille, l’autorité morale, celui qui est respecté et écouté et auprès de qui l’on prend conseil. Il était d’usage que l’aîné vienne interpréter le rôle dévolu à sa famille.
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La plupart des anciennes familles niçoises excellaient dans l’art de la crèche. On confectionnait des moutons avec des toisons de vraie laine, des paysages en papier mâché agrémentés de vraie mousse, des machineries qui mettaient en mouvement les ailes des moulins et l’eau factice sous les ponts, des personnages en divers matériaux et tissus etc.… Les plus célèbres de ces crèches étaient connues et se visitaient chez les particuliers (voir la creche de Sylviane). On fit même des concours de Présépi, dotées de prix, et chaque année l’on améliorait et enrichissait ces petites merveilles.
 A Nice, certaines troupes jouent encore des Présépi, plus ou moins fidèles à la tradition ; des auteurs en écrivent même des nouveaux en Nissart, en y incluant des thèmes plus modernes. Espérons que ces traditions perdurent afin de conserver l’âme niçoise et l’identité de noustre poble.
Bouon Caléna é bouon cap d’an

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Un peu de Nissart : Par Raimound lou pitchin Nissart de breia (le petit Niçois de Breil)

 (anecdote en Français à la fin du texte) 

Per anà travalha dins aqueu maravihous liceu, deu passà en plassa Garibaldi. Despí tres an ai l’empressioun … qu vielhi pas. Sabes, aquela sensacioun d’aver jà vieugut un’acioun. Soun li ounda que desgajon lu bari dou liceu ? Soun lu fantaume dei ilustre escolan o tout simplamen l’aria pur dei valada que lou palhon n’en campa  …. Minga ! L’anti-vielhissamen ven d’estre enventat en Nissa : Nissa terra d’envencioun. Sabii que lu nissart eron a l’ourigina de noumbrous envencioun per li draia laissadi per lu ome preïstouric dou Lazaret o per lu autis de grava talhat e autre « pic triédriques » trouvat soulamen a Terra Amata (li an mancou trouvat au Mont-Boron ! es per dire couma es quist).
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Sabii que lou vin èra un envencioun nissarda me lou Bellet (segurament lou mai ancien vignal de França, plantat a l’epoca de la foundacioun foceana  de Marsilha fra la pissaladiera, lou parcagemen en double fila, lu merda di can (alimentari o noun) etc … ve ! encara un’invention nissarda (e tout caua) ! Bessai que lou nissart es pus vielh que lou latin ! Vai ti saupre ?
Breu, li a un an, réagíi sus un textou d’un’amiga (poetessa nissarda noun declarada) entitulava Misèria e trambalan e que parlava dou chapi de l’epoca.
Díi : «Prouvist que la linha Levant-Nort (mai una especificità nissarda) n’en manda pas tout drech sus la linha Levant-Pounent ! Cada joù mi pici, me lu pen o a bicicleta, a d’afroui Baragna chorni, que solament per mi faire bilà cambion de plassa en nuech.
 Ma, ahurà ai cromprat un TBM (Trouvà Baragna Moubile) e despí tout va ben »
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Era sensa countà sus la darniera trouvalha nissarda que si pou durbi (torna durbi) lu plaga basta cicatrisadi.
De fes, ai l’empressioun de caminà sus plassa despí tres an. Pilhen lu meme e recoumença : meme vestit, meme baudou, pic e magau dou matin au sera, si cava, si destapa pis si tapa mai, si paua dei pavè me lu caladié vengut de Savoie …. Mi sembli qu’ai pas vielhi despí tres an.
Pepin regarja lu ouvriè s’afanà. Meme eu a mai boulegà qu ieu (d’acordi basta un chicou).
Cada matin, li di : «bouonjou Pepin, aloura que novi ? » e mi sembra l’audí a souta vous : « va mau e durà ! »
Ma, quauqu’un sabe quoura es l’inauguracioun du trambalan 
Per lou moment ai degut repilhà lou mieu tbm perque ier au sera, mi sieu pilhat un vira-soulèu d’una baragna escounduda darrié un troutouar (e si souonava pas Madama Suceta). Touplen de macadura e de badola ma minga rua.

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Et comme les anecdotes tombent toujours sur moi , j'etais en train de regarder le spectacle de marionettes sur la plassa Rossetti  devant l'iglésa Santa Reparate quand tout d'un coup un couple de parigos me dit : "ils font aussi la traduction en italien"
peuchere ! comme le dit le pitchoun qui vient de naitre: heureux les simples d'esprit car ils auront le royaume de Dieu.
Atchidenté ! le Nissart de l'italien ..... Ils ont toujours l'art de te mettre en colere ces Parisiens !! ca ressemble à de l'italien le texte ci dessus porca petan !
m'en bati siou Nissart

Heureusement que pour le spectacle Russe sur la place Massena , il n'y a pas un Parisien qui a dit, cette fois ci c'est traduit en Bulgare , c'est Sylvie Vartan que ca aurait fait bondir ! Té vé je me casse ....
DIAPORAMA DE CETTE JOURNEE DU 27 DECEMBRE

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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