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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 17:09

Lo Presepi es mai aqui"Nissart per toujou

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Le cœur de Noel à Nice se trouve sur la place Masséna : décors de sapins immaculés, murs bombardés d’éclairages mobiles et palmiers aux troncs luminescents. Une féerie floconneuse. Un émerveillement à grand spectacle.

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Noël (en niçois calèna) donne lieu à plusieurs traditions dans le Comté de Nice. Le mot calèna vient du latin calenda et rappelle le souvenir des fêtes païennes liées au solstice d’hiver. Les calendes constituaient dans le calendrier romain le premier jour du mois. Or, le 25 décembre correspondait alors au premier jour de ce même mois, d’où l’appellation. La racine lexicale issue de la Nativité a pourtant aussi donné un vocable niçois. Il s’agit du mot nouvé, qui désigne les chants religieux célébrant la Nativité.

photos-2010b-0043-copie-1.JPGLa première tradition du cycle de noël est la plantation le 4 décembre de lentilles ou de blé. Ces lentilles ou ce blé germeront et la densité de la germination sera l’indice de la prospérité à venir de la famille Niçoise.

photos-2010b-0046-copie-1.JPG  Célia sur le traineau du Pére Noel

 

Ensuite viendra le Présepi (la crèche en niçois) avec ses deux formes : une forme traditionnelle avec ses santons disposés sur un meuble dans la maison, et une représentation théâtrale de la Nativité qui, au 19ème siècle, se faisait avec des marionnettes et qui, au 20ème siècle, a donné lieu à des adaptations jouées par des acteurs(Lou Présepi nissart, de Menica Rondelly le barde Niçois, Lou Nouve, de Marengo et Mossa, Calèna et la Marche à la crèche, de Francis Gag). A la différence de la crèche de Noël provençale, la crèche niçoise ou Présepi reste dans la maison tout au long de l’année, à la maniere des familles Bouddhistes qui laissent leur petite pagode eclairé dans un coin de la maison. La Nativité fit souvent l’objet de représentations. La tradition niçoise en a conservé.

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On sait que la crèche fut inventée, au XIIIème siècle par Saint-François d’Assise, et se développa ensuite en Europe. On connaît la tradition provençale des santons. De fait, la crèche niçoise, ou Présepi, qui trônait à l’année dans tous les foyers, parfois protégée sous un globe de verre, est moins spectaculaire que la crèche provençale et ses dizaines de santons.  Elle se rapproche de la crèche originelle, ne se composant que de l’Enfant Jésus, Joseph, Marie, le boeuf et l’âne.

photos-2010b-0056-copie-1.JPG De même, ses sujets ne sont pas en argile, comme les santons provençaux, mais en bois, en carton-pâte ou, pour les plus délicats, en cire. De nos jours, à Lucéram, à l’Escarène, à Breil, Sospel ou la Brigue on joue encore dans l’église la pastorale, ou tout au moins l’Ouferta, c’est à dire l’offrande à l’Enfant des cadeaux des habitants, produits du terroir et autres objets familiers.

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la Plaça Massena a Nissa

 

Enfin, différents actes symboliques parsèment ces 2 jours du retour de la lumière...
Traditionnellement, dans le temps de l’Avent, on devait nettoyer maisons, bergeries, écuries et étables, renouveler mobilier et ustensiles, et achever ce cycle par un geste symbolique. Le soir du 24 décembre, dans la cheminée, on éteint le feu ancien. L’ainé de la famille donne au plus jeune enfant un tison pour rallumer un feu nouveau, avec des bûches de bois fruitier (souvent de l’olivier), et l’asperge de quelques gouttes de vin de Bellet en faisant le vœu d’être encore tous ensemble l’année suivante : a l’an que ven, se sian pas mai que siguen pas mens.  C’est le cacha-fuec, expression devenue synonyme de réveillon en Niçois. Ainsi, rythmé de gestes et de mots antiques et simples, se dévide au fil du temps le Noël dans le comté de Nice.

photos-2010b-0075-copie-2.JPGOn fait ensuite, ce soir là, bien-sûr, le « repas maigre », lou gros soupà sans viande, avec morue à l’aigre-douce ou ravioli maigres aux herbes (en souvenir des sept douleurs de la Vierge). Puis on se rend à la messe de minuit, en n’oubliant pas de relever les coins des trois nappes superposées sur la table, afin que les diables ne s’y accrochent pas pour monter dévorer les treize desserts, que I’on dégustera au retour. Le lendemain enfin, le déjeuner fera une large place aux viandes de toute sorte, singulièrement les boudins et l’agneau.

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Pour ces 3 repas, on place sur la table trois nappes superposées et trois assiettes de lentilles ou de blé plantés dans du coton le jour de la sainte Barbe.
On décore la table avec une branche de houx mais jamais de gui réputé porter malheur. On laisse toujours une place et une assiette pour "lou paure", un mot qui signifie en niçois "le pauvre", mais aussi "le mort". Cette tradition se perpétue en souvenir des défunts de la famille avec qui l’on avait fêté Noël autrefois.

photos-2010b-0136.JPGAu retour de la messe de minuit, on déguste donc les treize desserts qui symbolisent les douze apôtres et le Christ. Dans le Comté de Nice, les 13 desserts comprennent notamment la tourte de blette et la tarte à la confiture de coings ou de noix, la fougasse à la fleurs d'orangers,la pompe à huile qu’il faut rompre car si on la coupe, on est ruiné dans l’année,le nougat blanc et noir,les dattes avec le O gravé sur son noyau qui rappelle l’exclamation de la Vierge, du Bon-Joseph ou de l’Enfant-Dieu lorsqu’ils gouttèrent le fruit , les fruits confits, les fruits secs, symboles des quatre ordres Mendiants : amandes, les Carmes aux pieds nus; figues, les franciscains; raisins secs, les Dominicains; noix, les Augustins. Les gourmands fabriqueront le «nougat de Capucin» en glissant une noix dans une figue sèche,ainsi que les dattes fourrées à la pate d'amande , puis les mandarines et les oranges de Bar sur Loup dont on fabrique avec les peaux des veilleuses que l’on place dans la crèche et qui dégagent une odeur agréable, emplie des souvenirs des Noël précédents. On trouvera aussi les pommes, les poires, et surtout les raisins de Saint-Jeannet mis à conserver avec la cire sur les «pecoul» (le pédoncule) depuis le mois de septembre, enfin, les poires au vin cuit.

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Les desserts sont bien sûr arrosés avec le vin cuit dans lequel on trempera la fougassette, et avec les liqueurs faites à la maison comme l’eau de vie tirée du reste des vendanges.

Le lendemain midi, le repas est composé de viandes de toute sorte, notamment les boudins et l'agneau, trulles et fromage de tête « produite » par le cochon tué quelques jours avant... Le soir du 25 décembre, on finit les restes sur la troisième et dernière nappe. Voila ! Mes chers blogopotes, vous venez de découvrir la tradition d’un Noel Niçois….

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bouòni Calèna mi amic de la taragnina é Issa Nissa per toujou !  e bouon cap-d'an a toui.

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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