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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 05:42

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Le CHU de Nice possède huit structures hospitalières dans la ville, les hôpitaux Archet I et II, Cimiez, Pasteur, Lenval, Claude-Pompidou, Lacassagne et Saint-Roch. C'est avec la création de la faculté de médecine de Nice, en 1973, que le centre hospitalier de Nice est devenu universitaire. Dans un quartier cossu et verdoyant, l’hôpital Saint-Roch, voué à l’urgence, est doté d’une architecture sans équivalent en matière hospitalière à Nice.

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Lorsque qu’entrèrent les premiers malades dans l’hôpital Saint-Roch en 1859 sous l'ére du royaume de Sardaigne, l’architecture de l’hôpital avait été rationnellement conçue et dessinait par un plan pouvant être clairement décrit. Le bâtiment prévu se compose donc d’un pavillon central réservé aux services administratifs, à la chapelle et aux logements des personnels complété par quatre ailes latérales constituant les infirmeries spécialisées.

Copie-de-DSC_0017.JPGLa grande verriére de l'hopital Saint Roch


L’hôpital aéré, conçu par l’architecte Vernier à partir de 1850, s’est transformé en édifice ni monobloc, ni pavillonnaire, dont l’inscription dans un carré et la " façade-monument " confèrent à l’architecture, un aspect relativement compact et homogène. Fruit de modifications successives, l’espace a acquis une densité et une complexité labyrinthique. L’architecture du bâtiment ancien et le réseau de circulation qui mène au patio, le cœur du " labyrinthe ", les couloirs et galeries, où se nouent les liens symboliques des regards croisés, nourrissent le discours qui fait de l’hôpital un " entre-soi ".

Copie-de-DSC_0212.JPGUne grande partie du personnel de Saint-Roch affirme que le bâtiment est classé " monument historique " et se montre très attachée à cette représentation. Or, l’hôpital Saint-Roch, tout ou partie, n’a jamais été classé; il est simplement situé dans un périmètre protégé. Que l’hôpital Saint–Roch ait été un couvent est aussi une croyance très largement partagée, transmise oralement et affirmée avec assurance.

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Le mythe est étayé par l’architecture du bâtiment central dont les galeries à colonnes encadrant le jardin carré du " patio " peuvent évoquer un cloître. Cette idée a été également nourrie par la présence des religieuses que les plus anciens ont connues du début de leur carrière jusqu’aux années soixante dix.

AOUT-2014-0006.JPGCe soir, avec des amis, nous allons au diner spectacle du casino Ruhl de Nice. Si de nos jours ce bâtiment ressemble à un banal casino rempli de lumière au style "Las Vegas", il n'en a pas toujours été le cas ! Le Ruhl était l'un des plus beaux palaces de la Riviera ou séjournèrent les plus grands de ce monde. Voici l'histoire d'un établissement légendaire qui fut sacrifié sur l'hôtel du bétonnage et de ses promoteurs indélicats.

Copie-de-DSC_9987.JPGA Nice, l’hôtel des Anglais et le cercle de la Méditerranée sont livrés en 1862. Le roi Louis de Bavière en sera un des premiers clients. Cet hôtel à la façade colonial, se distinguait des autres bâtiments de la Promenade des Anglais. Cet établissement avec ses balcons circulaires et un jardin intérieur, se trouvait entre le London House à sa gauche, restaurant de grand luxe réputé. Sur sa droite, il y avait le cercle de la Méditerranée où avait séjourné le Prince de Galles.

AOUT-2014-5209.JPGL’hôtel des Anglais, fut le premier à offrir un ascenseur hydraulique. On y louait des appartements et non des chambres.  En 1892 la couverture du Paillon, la construction du casino municipal et la création du jardin public, contribuent à faire de ce quartier l’un des plus élégants de Nice.  En 1887 quand Stéphane Liégeard publie son livre, la riviera devient la côte d’Azur. Ses limites allaient de Sanremo Italie à Theoule sur Mer Alpes Maritimes. Ce littoral va connaître un essor sans précédent.

AOUT-2014-5216.JPGEn 1904 on assiste à l’achèvement de la Promenade des Anglais. Cette dernière est selon le mot du maire : « Une promenade unique au monde. » Les infrastructures vont favoriser le développement du tourisme. Ce dernier va nécessiter l’amélioration de l’accueil des hivernants avec la construction d’hôtel et de palaces. C’est vers la fin du XIX° siècle et un peu avant la première guerre mondiale que ces palaces vont être édifiés, œuvres d’architectes locaux dont Charles Dalmas. Ce dernier outre le Carlton à Cannes et l’hôtel Atlantic à Nice va réaliser l’un de ses plus beaux fleurons : l’hôtel Ruhl.

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En janvier 1911 l’architecte achève à Cannes le Carlton pour Henri Ruhl avec ses 250 chambres salons et salles de bain. En 1913 l’hôtel Ruhl est construit au lieu et place de l’hôtel des Anglais détruit en 1909 dont l’architecture coloniale, ne s’accordait pas avec les lieux. On abandonne en ce début de XXe siècle l’idée de château au profit de celle de rendez vous mondains. L’hôtel des Anglais obéissait au souci de séduire la clientèle Britannique avec son style orientale et exotique. Les exigences du luxe et du raffinement conduiront à sa démolition afin de faire place à un style plus au goût des modes.

AOUT-2014-5252.JPGLe Ruhl très vite s’impose comme l’élément dominant de l’industrie hôtelière de Nice. La côte d’Azur étant devenue le centre de villégiature des hivernants, c’est donc ici que les architectes édifieront leurs créations. Le Ruhl est conçu comme un navire de croisière, amarré à son quai. Il dispense le luxe à sa clientèle aristocratique. Les sous sols sont l’écrin des diverses machineries : cuisines, ascenseurs, monte charges, électricité, eau, lingerie, frigos, caves et dépôts.

illusion_passion_078.jpgLe rez de chaussé outre le bureau du concierge comporte une galerie, un hall, la réception et l’imposante salle de restaurant de 40 mètres de long éclairée par de larges baies vitrées donnant sur la mer. Des pilastres en marbre jaune de Sienne soutiennent les plafonds. Sur le côté de la rue Halévy, le bar américain. Dans les cinq étages, sont aménagées les 300 chambres. En 1924 le Ruhl innove avec ses thés dansants.

37.jpgUn autre aspect ne doit pas être négligé. A cette époque le grand escalier, rempli une fonction primordiale. C’est là que les dames peuvent montrer leurs belles toilettes et les messieurs en habit les courtiser avec galanterie, le dîner est obligatoirement habillé. Cet escalier est une scène diront certains chroniqueurs de l’époque. Le couple le descend avec solennité, salué par le personnel et admiré par ceux qui se trouvent dans le hall, lui aussi imposant. Le client vit dans le Palace, il en sort très peu, hormis pour les promenades, d’où les grands salons avec leur vie mondaine.

77.jpgLes Palaces ont contribué à la formation du personnel hôtelier. Il n’y avait pas en France d’école pour former aux métiers de l’hôtellerie. Ceux qui se destinaient à ce métier devaient aller à l’Etranger pour acquérir une formation. C’est à Nice que fut créée, la première école hôtelière française et probablement la plus réputée au monde. Dans ces Palaces, les repas étaient copieux, la liste des mets servis est inimaginable pour un gastronome du XXI° siècle. Douze plats au déjeuner et quatorze au dîner. Il y avait deux services et chacun durait environ deux heures.

AOUT-2014-4941.JPGDe la fin de la guerre au milieu des années ‘80’ on voyait dans le style architectural qui s’étend de 1860 à 1914, un caprice sans intérêt, futile et incompréhensible. Cette vision obscurantiste aura pour conséquence les destructions des hôtels Gonnet à Cannes et Ruhl à Nice. Quand il fut décidé de fermer le Ruhl, on dut déplacer 300 clients dans les autres hôtels de Nice. Une délibération du 7 mai 1957 du conseil municipal de Nice et un arrêté préfectoral du 20 décembre de la même année scellaient l’expropriation pour utilité publique de l’hôtel Ruhl.

AOUT-2014-4874.JPGLe bail emphytéotique du 9 novembre 1963, signé entre le maire de Nice et monsieur Pierre Emile Jacques Ducis, prévoyait dans son article deux la liberté au preneur de transformer, modifier ou démolir et reconstruire comme il l’entend un immeuble à destination d’hôtel de type palace et d’un Casino. On le voit, l’arrêt de mort était décidé pour l’hôtel Ruhl. Après l’annonce de la fermeture et destruction du Ruhl, c’est plusieurs courriers que reçoit le maire de Nice pour protester contre ce projet qui va priver Nice de l’un de ces plus beaux bâtiments.

b31.jpgUne de ces lettres cite le Negresco, le musée Masséna, le palais de la Méditerranée et le Ruhl comme les joyaux de la promenade des Anglais. Dans cette délibération du 7 mai 1957, le maire de Nice intervenait personnellement au sujet de l’hôtellerie à Nice et évoquait le Ruhl comme étant l’un des trois palaces existants encore dans sa ville. Il en parlait d’une manière élogieuse : « ….Le Ruhl, le plus important d’entre eux par sa situation, son luxe et son confort; placé sous le séquestre de l’administration des domaines, est menacé d’être vendu aux enchères et éventuellement transformé en appartements.

AOUT-2014-4939-copie-1.JPGIl s’agit d’un palace de réputation internationale fanion de notre équipement touristique. » Le maire de Nice redoutait cette transformation en appartements du palace. Il proposait de recourir à une expropriation pour cause d’utilité publique, protégeant ainsi la destination et l’usage des lieux en tant que palace. Par la suite, une société d’économie mixte gérerait l’hôtel. Le bail consenti en 1911 et par divers actes devait expirer le 30 septembre 1970. Le maire scellera par le bail de novembre 1963 la mort de ce bâtiment. S’il a préservé la destination des lieux à une vocation hôtelière, il n’a pas réussit à sauvegarder l’œuvre majeure de Charles Dalmas et Nice a perdu un de ses joyaux.

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La chapelle du Saint-Sépulcre de Nice sur la place Garibaldi a été construite par l'architecte niçois Antonio Spinelli, de 1782 à 1784.  La façade est de style à la fois néoclassique et baroque tardif  et s’inspire des aménagements urbains piémontais de la même époque de la capitale Turinoise. Elle fut bâtie en deux années par l'entrepreneur niçois Andréa Laurenti. La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 mai 2000.

AOUT-2014-4923.JPGElle appartient à la Vénérable Archiconfrérie des Pénitents Bleus du Saint Sépulcre. Ces associations de laïcs apparaissent à Nice au XIVe siècle, selon une forme née en Italie au XIIIe. Les quatre confréries toujours vivantes à Nice furent fondées en 1306 (Pénitents blancs de la Sainte-Croix), 1329 (Pénitents noirs de la Miséricorde, 1431 (Pénitents bleus du Saint-Sépulcre) et entre 1576 et 1620 (Pénitents rouges de la Sainte-Trinité et du Saint-Suaire).

AOUT-2014-4876.JPGChaque confrérie a une mission sociale (aide aux malades pour les blancs, aux mourants et mont-de-piété pour les noirs, aux orphelines pour les bleus, aux orphelins pour les rouges) qu'elle a parfois conservé, au moins pour les deux premières. Elles ont leur chapelle, souvent des chefs d'œuvre artistiques, et leur tenue de couleur différente qui permet de les identifier. Aujourd'hui, outre leur mission, elles participent aux grandes fêtes religieuses de la ville de Nice.

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                                DIAPORAMA ESTIVAL


  

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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