Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 20:33

octobre-2013-0143.JPGLe temps de Noël est arrivé avec son cortège de souvenirs, de branches de houx, d’étoiles scintillantes et de boules multicolores qui dansent la farandole dans les yeux des enfants. Il est bon de rappeler nos traditions niçoises. J’évoquerais donc l’une des traditions populaires de Noël auxquels nos ancêtres étaient très attachés : le Présépi Nissart.

octobre-2013-0084.JPGLe Présépi est une ancienne tradition naïve du peuple niçois, exprimée d’abord par le biais de marionnettes en bois. Ces figurines représentaient des personnages populaires symboliques ou emblématiques de la ville. Les représentations étaient données en Veille-Ville dans les arrières boutiques ou dans des théâtres de marionnettes ambulants. 

octobre-2013-0103.JPGLe Présépi était joué en pièce de théâtre par des intervenants amateurs issus du peuple qui véhiculaient avec simplicité et naturel la quintessence de l’esprit niçois. Ces représentations populaires étaient originales et vivantes car les acteurs déclinaient un texte qui n’était pas figé : dans un cadre convenu dont le thème était la naïveté, des personnages immuables prenaient la liberté d’insérer malicieusement dans le texte classique, des points de l’année écoulée, des traits d’humour ou de moqueries; le spectacle devenait une satire de la société niçoise et parfois de la structure religieuse de l’époque.

octobre-2013-0104.JPGA ce titre dans les temps anciens, les Présépi n’étaient pas très bien vus par l’église et se jouaient en lieux discrets devant un public complice. En fait, la virée vers le miracle de Bethléem, était un amusant prétexte pour vider son sac. « C'est dans l'âme du peuple niçois d'être moqueur ». La naissance divine qui devait sauver le monde et le principe noélique passaient alors au second plan et l'enfant Jésus était dans ses petits souliers ! Cette crèche un peu spéciale, censée raconter l'histoire de la naissance du Christ, réunissait différents personnages du « Babazouk » nom que l'on donne au vieux Nice.

octobre-2013-0106.JPGLes personnages immuables du Présépi était l’ange Bouffareu, lou Curat, lou Trouble (le Diable), Barba Giordano, Barba Rostagni (on peut donner le nom de toutes vieilles familles niçoises, chacun devient "barba"), lou coumaire Cicoun, lou Pescadou, et lou Cassaire; mais d’autre venaient parfois compléter la compagnie: coumpaire Simoun, pendant masculin de coumaire Cicoun, la cancanière, lou Sacristan,  la Fliusa, lou Pastre, lou Mestre, lu doui Gendarma représentant l’autorité que l’on brocardait… sans oublier la redoutée tanta Chiquetta… la mort, qui avait fauché les trépassés de l’année écoulée…

octobre-2013-0107.JPG

pas de créche sans notre drapeau

 

Les acteurs occasionnels déclinaient malicieusement, avec la verve niçoise, les travers des uns et les mécomptes des autres. Deux seulement des personnages du Présépi représentaient nominalement deux des familles les plus anciennes et les plus ancrées, à l’époque, dans la tradition populaire: l’importante famille Giordano et l’antique famille patricienne Rostagni, qui figure à l’Amorial du comté de Nice. Elles étaient représentées respectivement par Barba Giordano et Barba Rostagni (d'autres noms figurent aussi en bonne liste comme les Laurens, les Céssole, les Grimaldi, les Raibaudi, les Giraudo ou les Lascaris). Le terme barba signifie oncle en Nissart, mais aussi par extension, le patriarche de la famille, l’autorité morale, celui qui est respecté et écouté et auprès de qui l’on prend conseil.

octobre-2013-0115.JPGOn a plus tard appelé Présépi les crèches niçoises. La plupart des anciennes familles niçoises excellaient dans l’art de la crèche. On confectionnait des moutons avec des toisons de vraie laine, des paysages en papier mâché agrémentés de vraie mousse, des machineries qui mettaient en mouvement les ailes des moulins et l’eau factice sous les ponts, des personnages en divers matériaux et tissus etc… Les plus célèbres de ces crèches étaient connues et se visitaient chez les particuliers. On fit même des concours de Présépi, dotées de prix, et chaque année l’on améliorait et enrichissait ces petites merveilles. (voir Luceram capitale de la créche)

octobre-2013-0116.JPGAujourd’hui, par extension l’on nomme aussi Présépi les crèches provençales vivantes, ce qui est une déformation de la tradition niçoise, mais à Nice, certaines troupes jouent encore des Présépi, plus ou moins fidèles à la tradition; des auteurs en écrivent même des nouveaux en nissart, en y incluant des thèmes plus modernes. Espérons que ces traditions perdurent afin de conserver l’âme niçoise et l’identité de notre peuple; et ne nous contentons pas d’espérer et de laisser les autres agir, mais devenons acteurs de notre identité et incitons nos jeunes à faire de même.
octobre-2013-0118.JPG
Petit Papa Noel en Niçois ( Pichin barba calena)


octobre-2013-0134.JPG
Es la bella nuech de calena
Sieu manteu blanc la neu debana
E li uei vers lou ciel vira
Aquassa li pichin enfan
Avan de serrà li parpela
Fan aquela bella priguiera
Pichin barba calena
Coura caleras dòu ciel
Embe de juguet per millié
N'oublidas moun pichin soulié

octobre-2013-0121.JPG
Ma avan de t'en cala
Ti curbi touplen caura
Fouora besai auras ben frei
Es un pòu encausa de lei
Ma mi tarda tant que lou jou si leva
Per veire cinque m'as pourta
Toui li beu present qu'en pantai ai brigat
E que ieu t'ai coumandat
Pichin barba calena

Coura caleras dòu ciel
Embe de juguet per milié
N'oublidas moun pichin soulié

octobre-2013-0123.JPG
Ma avan de t'en cala
Ti curbi touplen caura
Fouora besai auras ben frei
Es un pòu encausa de lei
Lou marchiant de sabla es passa
Li pichioun soun enpeneca
E tu vas poude coumensa
La mastra sus l'esquina
O soun de campana de la gleia
Dispensa li tieu maravilha
Pichin barba calena

octobre-2013-0127.JPG


Vi auguri dei bouòni Calèna et un bouon cap d’an ! (Je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année). Et comme on dit chez nous:  « à l’an que ven, si sian pas mai que siguen pas men » (A l’année prochaine, si nous ne sommes pas plus que nous ne soyons pas moins).

octobre-2013-0134-copie-1.JPG

 

octobre-2013-0146.JPG  octobre-2013-0151.JPG

Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 07:45

JUILLET2013-1482.JPG Où que nous nous rendions dans l'arrière pays niçois nous attendent l'inconnu, l'insolite et bien souvent le mystère. Il est rarement indispensable de beaucoup s'éloigner de la route pour le rencontrer. A condition de savoir le découvrir et d'avoir le goût de le traquer. Ces lieux que l'on appelle "les hautes vallées du pays de Nice" sont éloignés des sites habituellement arpentés par le touriste en goguette.

JUILLET2013-0919.JPG

sur la piste de Fontanalba


 Si ce désintérêt est parfois regrettable, je dirai que c’est aussi un avantage de taille. En effet l’oubli, ou presque, nous assure souvent de retrouver des sites bien moins saccagés que ceux soumis à la négligence, voire souvent l’irresponsabilité d’une poignée de personnages dont le passe-temps favori est la destruction imbécile et gratuite.  " La terre du Pays Niçois est notre chair et l'eau qui descend de nos montagnes est notre sang". Abimé cela est une atteinte à notre vie....

JUILLET2013-1244.JPG

Je laisse la moto sur le coté et je continue à pied ma randonnée

 
Il existe ainsi un nombre important de lieux et sanctuaires laissés pour compte ou inconnus, comportant encore un ensemble honorable de vestiges permettant une approche de ce qu’ils furent à leur origine… et de ce qu’ils devinrent au fil des réhabilitations habituelles… On trouvera, dans notre région, des éléments templiers oubliés ou d’autres qui, n’en doutons pas, retinrent l’attention des chevaliers de l’Ordre de Malte ou d’autres initiés de même volée.

 JUILLET2013-0904.JPG

  Le pays de Nice...celui que les touristes ne connaissent pas !


 Sur ces emplacements, souvent loin de tout, s’étalent d'étranges civilisations, lieux magiques, centres initiatiques millénaires mais aussi quelques autres maléfices... bref, un monde oublié et fascinant dans lequel l'explorateur s'aventure aussi bien dans l'espace et le temps que dans certaines dimensions de la réalité où tout est probable.

JUILLET2013-1262.JPGLes fameuses vallées niçoises en question pénètrent la montagne alpestre du Sud, dans le triangle grossièrement compris entre Nice, Vintimille et Barcelonnette.  La fameuse vallée des Merveilles et le Mont Bego font parti de cet extraordinaire site peu médiatisé. Nous retiendrons qu’il est des plus étonnants que si peu de chercheurs et… ténors n’en proposent des études prononcées ou la présentation de ce site qui est, sans conteste, l’un des plus mystérieux de notre pays. Il n'y a pas d'autres endroits sur terre où une montagne est en contact aussi direct avec une fosse océanique. C'est pour cela que la Parc National du Mercantour est exceptionnel.

JUILLET2013-1277.JPGIl s’agit tout de même d’un secteur enclavé dans un décor grandiose à couper le souffle, inaccessible en hiver, qui abrite des milliers d’étranges gravures dites rupestres. Bien sûr, ce petit pays hors du temps et des hommes n’est qu’un des jalons d’autres vallées des Alpes-Maritimes, plus accessibles, où se trouvent bien d’autres éléments le plus souvent pratiquement méconnus : vallée du Loup, du Var, de la Tinée, de la Vésubie, de l'Esteron, de la Bevera.  Autant d'endroits curieux et méconnus où le touriste s'aventure peu, faute d'informations.

JUILLET2013-1281.JPGRestons pour l'instant dans cette vallée mystérieuse. Les grandes traditions racontent que les dieux se seraient exilés au plus profond des montagnes et hautes vallées... rendant ces ultimes bastions inexpugnables depuis la nuit des temps… les Alpes, tout autant que les autres massifs élevés, semblent héberger leur lot de divinités oubliées à jamais.

JUILLET2013-1287.JPG

Ici à 2000m d'altitude l'air est pur et la polante est meilleure

 

Ces légendes, formidables rumeurs, ont pris racines dans ces grandioses régions isolées qui servent de théâtres imaginaires aux rencontres craintives des premiers humains avec l’hostilité d’une nature terrifiante. Pourtant, dans ces déserts de l’effroi glacé se trouvent quelques oasis en forme de vallées ou trône une montagne majestueuse (le Bégo Alpes Maritimes).

JUILLET2013-1309.JPG

un petit arret Genepi pour se rechauffer


 Peu d'endroits, sur Terre, peuvent se flatter de la proximité des dieux. Le Kaïlash, au Tibet, le Sinaï, en Egypte, l'Olympe, en Grèce... Dans le massif du Mercantour, aux confins de la France et de l'Italie, le Bego fait partie de ces montagnes singulières.

Pendant près de quinze siècles, dès le milieu du quatrième millénaire bien avant l'ère chrétienne, des hommes sont montés dans les vallées hautes perchées du pays niçois pour graver à même la roche de mystérieuses inscriptions figuratives : des formes cornues, des poignards, des hallebardes..

JUILLET2013-1489.JPG

Le lac des mesches


 Une forme d'écriture datant de 4000 ans avant J.-C se trouve dans la Vallée des Merveilles (Alpes-Maritimes) En s'approchant du Bego et en traçant des inscriptions propitiatoires, ces prêtres du chalcolithique puis de l'âge du bronze accomplissaient ainsi, comme le pensent la majorité des préhistoriens, l'un des premiers rites religieux identifiés d'Europe.

JUILLET2013-1511.JPGLe décor sied particulièrement au pèlerinage : les contreforts du Bego campent un paysage hiératique et désolé. Un chaos minéral. D'immenses blocs de schiste et de grès gisent éparpillés, comme renversés sur les flancs de la montagne par des forces titanesques. Ecrasant, cataclysmique, le panorama se prête, plus que tout autre, à l'invocation des dieux.

JUILLET2013-1518.JPGJUILLET2013-1582.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parfois, au-dessus des cimes acérées, les masses nuageuses lourdes et menaçantes s'affrontent. La pluie s'abat dans le fracas du tonnerre sur ce désert minéral où toute la faune a fini par trouver refuge. Ici, au-dessus de 2 500 mètres d'altitude, les arbres sont rares, une nappe constituée de pelouse alpine et de fleurs multicolores tapisse le paysage. Ici, les rochers ont été sculptés par le « géant », le grand glacier qui régnait d'un blanc froid il y a plus de 20 000 ans.

JUILLET2013-1544.JPG

sur la route de Casterino commune de Tende


 La masse imposante de glace atteignait plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, rabotant et sculptant le paysage. À la suite d'un réchauffement climatique qui s'amorce il y a 14 000 ans, le glacier se retire peu à peu et dépose, au hasard des pentes, de grands rochers arrondis qui surveillent depuis la nuit des temps les lacets que le torrent creuse au fond de la vallée.

JUILLET2013-1547.JPGIci, les grandes dalles de schiste sont parcourues de stries glaciaires dues au frottement des pierres sous la glace. La patine orange, due à l'oxydation du fer, de l'aluminium et du manganèse, recouvre les surfaces de schiste qui deviennent de plus en plus colorées au fil des siècles.

JUILLET2013-1550.JPGLe soir, dans ce paysage orange et vert, le bleu des lacs glaciaires rappelle la présence de l'eau et la lumière se reflète sur les longs serpents d'argent des rivières. Les dalles parcourues par d'innombrables sources se transforment en miroirs. Là, au pied de la montagne, nos ancêtres ont défilé, franchissant pas à pas les difficultés du relief, comptant jour après jour la marche qui les rapproche du but, et ont figé une partie de leurs pensées dans la roche.

JUILLET2013-1552.JPGCet ensemble de 4000 roches portant ces signes forme un immense musée à ciel ouvert… le plus grand au monde. Toutefois, leurs altitudes entre 2000 et 2700 mètres font que ces roches gravées soient inaccessibles huit mois de l’année, car elles sont enneigées. En été c'est le royaume préféré des niçois et des italiens de Cuneo ou de Vintimille qui l'espace d'un week end fuient les touristes en goguette du littoral ....

JUILLET2013-1556.JPG

 

                   DIAPORAMA DE LA BALADE (A seulement 1h des plages)



  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 20:56

JUILLET2013-0978.JPG

Le Col de Tende Vallée de la Roya Alpes Maritimes

 

En raison de l'annexion du comté de Nice à la France en 1860, la frontière franco-italienne fut ramenée dans la vallée de la Roya, en contrebas du col de Tende. Pour se prémunir d’une éventuelle attaque française, l’Italie construit entre 1871 et 1885 une ligne de fortifications au sommet du col, comprenant un fort de barrage central, appuyé et protégé par cinq batteries fortifiées indépendantes (forts Pernante, Marguerie et Giaure sur l’aile droite, forts Pépin et Tabourde sur l’aile gauche).

JUILLET2013-0934.JPG

plus haut, la montagne du Dieu Taureau à 3200m d'altitude Alpes Maritimes


 Construit à 600 m à l’Est du col, sur un petit plateau offrant une vue dégagée, le Fort Central est la pièce maîtresse de ce dispositif. Il est construit selon un plan trapézoïdal, autour d’une cour divisée par un casernement central. Adossé à la pente dominant la vallée de la Roya, le fort est défendu sur trois côtés par un fossé sec battu par deux caponnières installées aux angles du front de gorge. Des casernements défensifs bordent l’enceinte sur le front d’attaque et les flancs.

JUILLET2013-0964.JPG

Col de Tende Alpes Maritimes


 L’artillerie du fort comprenait des pièces sous casemates de 150 mm, 120 mm et 90 mm, le tout complété par un magasin à poudre d’une contenance de 90 tonnes. La garnison comptait 120 hommes. Le casernement central, à contrepente du fort, possédait une boulangerie, des abattoirs, un hôpital militaire, un colombier, un central téléphonique et les bureaux de l’administration.

JUILLET2013-0981.JPG

La table d'oriantation à 2000m d'altitude


 Afin de faciliter le ravitaillement des 6 forts échelonnés sur la crête, inaccessibles par la route en hiver, un téléphérique d’une longueur de 3,2 km fut construit par les Italiens vers 1900, pour relier le col aux magasins situés en contrebas. Désarmés pendant la première guerre mondiale pour transférer leur artillerie sur le front autrichien, les forts du col de Tende servirent de réserves de munitions et de casernement pour les troupes de réserve italiennes durant l’entre-deux-guerres.

JUILLET2013-0057.JPG

Fort Central


 Après la seconde guerre mondiale, le rattachement des villages de Tende, de Piene haute (Breil sur Roya), de Mollieres, de Libre, de la Brigue, de Morignole et  de bien d'autres hameaux de l'ancien comté niçois à la France en 1947 amena une nouvelle correction de la frontière qui passe désormais au nord de la ligne de crête du col. Cette modification et la vétusté des ouvrages mit un terme définitif à l’intérêt géostratégique de ces fortifications.

JUILLET2013-0061.JPGOffrant aux promeneurs la vision d’un passé tourmenté où la nature a depuis repris ses droits, ces ouvrages militaires se laissent désormais découvrir par un circuit de randonnée à pied. Je laisse donc ma moto sur le petit parking et j'attaque la montée caillouteuse pour découvrir Fort Central le plus accessible pour ma petite condition physique...

JUILLET2013-0081.JPGAvec le traité de 1947, l'Italie perdit plusieurs communes liées par une histoire pluriséculaire au Piémont et à la province de Cuneo, trois grandes centrales hydroélectriques (Breil, Fontan, Saint Dalmas de Tende), un riche patrimoine forestier, de belles montagnes et trois refuges du Club Alpin Italien, remis au Club Alpin Français. Elle perdit aussi un important patrimoine artistique, dont la chapelle de Notre-Dame de Fontan, appelée la "chapelle sixtine des Alpes" pour les splendides fresques qui la décorent.

JUILLET2013-0991.JPGElle perdit un site archéologique unique au monde: la Vallée des Merveilles, avec ses merveilleuses et mystérieuses gravures rupestres. Les habitants de la vallée de la Roya perdirent quelque chose de plus: leur identité historique. Leur culture, que cela plaise ou non aux Français, était essentiellement italienne.

JUILLET2013-0087.JPGLa toponymie locale fut rapidement francisée. Les accents toniques et les significations furent oubliés. Tenda devint Tende, Briga, La Brigue, Vievola, Vieve (mais elle est récemment redevenue Vievola), Morignolo, Morignole, le village de ma mére Breglio sul Roia devint Breil sur Roya. La Valmasca, la légendaire vallée de la sorcière ("masca" en piémontais) devint Valmasque, ce qui ne signifie plus rien. Le lac des Mesce devint lac des Mèches, et même les forts du 19e siècle changèrent de nom. Le fort de la Margheria devint Marguerie, Pepino, Pépin, Tabourda, Tabourde, etc.

JUILLET2013-0006.JPGLa mémoire historique changea, de manière orwellienne. Pendant ma balade, j’ai eu l’occasion de parler avec un berger de Tende au nom très "français" de Lanza, qui tenait ses moutons dans le fort de Tabourda et soutenait, avec la plus grande assurance, que les forts étaient l’œuvre de Napoléon III, comme naturellement aussi le tunnel routier de Tende !

JUILLET2013-0015.JPGJUILLET2013-0033.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du côté italien la mémoire n’est guère meilleure: un article, publié il y a quelques années par un important quotidien turinois sur la zone de Tende, parlait clairement des "forts napoléoniens". Les habitants de Limone aussi, à propos de la première tentative de percement du tunnel de Tende, commencé sous Charles-Emmanuel I et repris sous Victor-Amédée III, parlent de "tunnel Napoléon". C'est fou ! comment peut on effacer la mémoire ainsi ....

JUILLET2013-0041.JPGLes noms des personnes changèrent aussi (seulement ceux de baptême, heureusement ! ). La loi française, en effet, n’autorisait pas les prénoms étrangers. Les habitants avaient un an, à partir de la date de l'annexion, pour opter soit pour la nationalité italienne et s’en aller en laissant tous leurs biens, soit pour la française et changer de prénom. (je rappelle ici qu'il etait interdit de parler le nissart jusqu'en 1970). Le gouvernement Français devait à tout prix éffacer l'identité culturelle de l'histoire du pays niçois.

JUILLET2013-1023.JPGLes noms de famille restèrent ceux de toujours (Cotta, Guido, Dalmasso, Pastorelli, Giordano, Molinari, Rostagni etc.), mais Giovanni devint Jean, Antonio Antoine, Giuseppe Joseph, Catarina Catherine etc. Si pour les vivants le changement de nom peut être compréhensible, il l’est moins pour les morts. Le monument aux morts de Tende ne fut par chance pas changé, mais la plaque du souvenir des morts de la deuxième guerre mondiale, morts au champ d’honneur, porte des noms francisés.

JUILLET2013-0064.JPGJUILLET2013-1120.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dernier de la liste est un jeune de Tende tombé en Algérie en combattant contre quelqu’un qui ne voulait pas être "rattaché"... À Piena Alta (Piene Haute), le monument aux morts élevé au centre de la place a disparu et la plaque posée à côté de l’église recense tous les noms des soldats en version française.

JUILLET2013-1077.JPGPar chance, au fil des ans, le chauvinisme français est allé progressivement en s’atténuant. En 1979 la voie ferrée a été finalement réactivée et les contrôles aux postes de frontière se sont progressivement atténués, jusqu’aux accords de Schengen qui les ont abolis totalement. Sur les plaques routières commence à percer un bilinguisme franco-dialectal. L’unique traité complet sur l’histoire de ces villages, écrit par le professeur Giorgio Beltrutti, un des membres les plus actifs du Comité italien contre le "rattachement", a été récemment traduit en français.

JUILLET2013-1125.JPGJUILLET2013-1167.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des associations et publications locales, comme le périodique "A Vastera", ont permis de ressouder les liens, jamais tout à fait interrompus, entre habitants des villages séparés par la frontière. Même les festivités du cinquantenaire du "rattachement" se sont tenus de manière relativement sobre et modérée. Mais la vallée de la Roya reste l'une des oubliés du conseil general des Alpes Maritimes (enclavé en territoire italien) à la solde des partis Jacobins.

JUILLET2013-1147.JPGLes flux migratoires vers la France continuent mais ont pris d’autres caractéristiques. La majeure partie des résidences secondaires du littoral niçois (et au-delà) est la propriété des Italiens qui ont effectué inconsciemment et sans intentions nationalistes, une sorte de "rattachement" à l’envers. Dans la nouvelle Europe des Peuples, ce qui fut une frontière fortifiée et une "ligne de partage" est désormais devenu, heureusement, une simple frontière administrative, mais l'espoir de revoir un jour le comté niçois reuni  reste marqué dans tous les esprits.... Notre identité est notre mémoire. Nous n'oublierons jamais.

JUILLET2013-1183.JPG

                                DIAPORAMA DU FORT


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 07:15

JUILLET2013-0772.JPG Tende relevait du comté de Vintimille avant d'etre rattaché au Comté de Nice. En 1261, Pierre-Guillaume comte de Vintimille, seigneur de Tende, épouse Eudoxie Lascaris sœur du jeune empereur grec d'Orient, Jean IV Lascaris, et prit le nom de Vintimille-Lascaris.  En 1860, la commune de Tende, comme celle de La Brigue ainsi que d'autres communes de la vallée de la Roia, ne fut pas comprise dans les territoires concédés à la France dans le traité de Turin. C'est au traité de paix de Paris du 10 février 1947 que ces territoires passent sous souveraineté française sans l'accord des alliés.

JUILLET2013-0777.JPGJUILLET2013-0800.JPG
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parcourir les rues de Tende, vous fera découvrir l'une des familles les plus importantes du Comté de Nice: Les Lascaris. Une fois arrivée dans le vieux village médieval, vous prendrez à droite la rue jusqu’au château des comtes Lascaris construit au XIVème siècle, notamment pour protéger le bourg d’éventuelles invasions des comtes de Provence.

JUILLET2013-0792.JPGVous y accéderez en grimpant les escaliers au bout du mur d’enceinte, avant l’apparition de la seule tour ronde transformée en horloge au XIXème siècle. Aujourd'hui le chateau n'existe plus, il a été détruit par ce roi que l'on nomme "Soleil", les vestiges abritent un cimetière en étage qui expose de magnifiques chapelles de familles locales.

JUILLET2013-0814.JPGJUILLET2013-0817.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Comtes Lascaris se sont enrichis en faisant payer un droit de passage aux voyageurs et aux transporteurs qui empruntaient la Route du Sel vers le Piémont. Au XVIIème siècle, Louis XIV envoya ses troupes, pour détruire toutes les places fortes (les « oppidum ») qui faisaient de l’ombre à son autorité et pour récupérer les territoires possédés par la Maison de Savoie auquel le Comté de Tende était rattaché depuis 1386. C’est donc en 1692 que les soldats du Roi atteignirent Tende et détruisirent son château.

JUILLET2013-1349.JPGA Tende, c’est une famille célèbre tout entière qui est honorée davantage qu’un seul personnage. Cette famille tire son origine des anciens comtes de Vintimille dont on trouve un membre Guido en 945. Puis vint  l’amiral niçois Lascaris qui se porta au secours de Chypre en 1461. On continue notre inventaire avec Anne Lascaris, héritière du fief, mariée à René de Savoie en 1501 qui devint comtesse de Tende.

JUILLET2013-0833.JPGJUILLET2013-1330.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est au tour de Jean-Paul Lascaris, seigneur de Castellar où il naquit en 1560. Héritier d’un grand nom et des vertus de ses illustres aïeux, consacra sa vie à marcher sur leurs traces. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard Ordre de Malte, récompensèrent ses services en 1636 en l’élevant à la dignité de grand maître de l’Ordre. Avec Henri Lascaris, comte de Castellar-Vintimille, grand chambellan du roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III, et Auguste Lascaris, son fils (1776-1838) lieutenant-général des armées sardes, selon le mot du duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er, les Lascaris-Vintimille étaient bien la « principalissime famille » du comté de Nice.

JUILLET2013-1374.JPG

La collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption


 Et ce n'est pas fini, d'autres membre sont rentrés dans la legende du pays niçois. Béatrice Lascaris, de son vrai nom Catherine, elle serait probablement née en 1376. Fille de Pietro Balbo II arrière-petit fils de Guillielmo Pietro, premier Comte Lascaris de Tende, elle a vécu sa jeunesse dans le château austère des Lascaris. A cette époque, des troupes de soldats, des mercenaires, sillonnent les alentours de Tende pour les protéger d’éventuelles invasions angevines. Leur capitaine de fortune, Facino Cane, tombe amoureux de Béatrice ; ils se marient en 1403 et partent pour Milan.

JUILLET2013-1367.JPG

L'aigle noir des Lascaris flotte sur la tour de l'horloge


 L’évêque de Piacenza veut « éliminer » Facino qui fait obstacle à ses desseins politiques.  Il exécute son plan diabolique et  fait assassiner Facino Cane pour obtenir, les moyens financiers qui lui permettront de récupérer le duché. Il y parvient, mais pendant ce temps, Béatrice devient la duchesse de Milan qu’elle a toujours rêvé d’être.

JUILLET2013-1404.JPG Pour se débarrasser à son tour de Béatrice, il la fait accuser d’adultère avec son majordome. La sentence est prononcée sans procès et Béatrice, son majordome et ses domestiques sont décapités au Château de Binasco à Turin, domaine des Visconti, le 14 Septembre 1418. Ainsi s’achève le destin tragique d’une dame qui devint une légende pour les Tendasques. Un opéra de Bellini fut d’ailleurs crée en souvenir de son martyre.

JUILLET2013-1421.JPGJUILLET2013-1430.JPG
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bien avant Lawrence d’Arabie: Le chevalier Jules Lascaris de Vintimille est dignitaire de l'ordre de Malte. Il a participé avec brio, sous les ordres de Napoléon, à la campagne d'Égypte, Il part en Crimée puis en Syrie où il devint un professeur de violon. Puis, un colonel de Napoléon, Drovetti, se souvient de lui pour accomplir une manœuvre diplomatique secrète.

JUILLET2013-1435.JPGLascaris a pour mission de s'introduire dans les tribus bédouines, de partager la vie de ces hommes et femmes en bleu, et de gagner leur confiance. Celle de leurs chefs avant tout, qu'il doit convaincre de s'unir en leur faisant comprendre que la France peut les aider à se libérer du joug des Turcs. Ces tribus, qui couvrent les déserts de Syrie et d'Arabie, ont aussi la main sur les puits entre Damas et Bagdad.

JUILLET2013-1455.JPGJUILLET2013-1466.JPG
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ruelles souterraines du village 

Lascaris se lie avec Fatallah, vendeur de pistaches, qui devient son homme de confiance. Il entre en contact avec Ibn Challan, le chef des Ruella, se fait passer pour un colporteur pour traverser les territoires de Corietain. Lascaris parvient à pactiser avec les émirs du désert qui songent à remettre la main sur Bagdad et acceptent de préparer le passage de la Grande Armée à travers le désert.

JUILLET2013-0810.JPGLes Anglais ont la même intention que les Français. Ils ont dépêché sur place un certain Burckhardt qui donne un autre éclairage sur la personnalité de Lascaris tombé amoureux du désert et pas prêt à trahir "ses" Bédouins. D'ailleurs, lorsque Napoléon se désengage, trop pris par sa campagne de Russie, Lascaris leur reste fidèle. Menacé d'assassinat il passe pour de bon dans le camp adverse et se met au service d'une aventurière, elle-même à la solde des Anglais : Lady Stanhope, la propre nièce du premier ministre britannique.

JUILLET2013-0836.JPGJUILLET2013-1335.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Celle-ci voudrait devenir princesse de Damas, et, blonde incendiaire, préfère les étreintes vigoureuses des esclaves aux propos tortueux de Lascaris. Notre (anti-)héros se noie dans la mondanité mais rêve encore de devenir bédouin, de livrer la Syrie à l'Arabie pour que les Arabes forment un peuple unifié. La folie le gagne au Caire et il meurt oublié de tous... Tende, n'oubliez pas le nom de ce village quand vous descendrez sur la Cote d'Azur, il y a d'autres choses à faire et à voir que d'aller à la plage ...

JUILLET2013-1370.JPG

                                    DIAPORAMA DE TENDE


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 06:19

JUILLET2013-0012.JPG

Vallée de la Tinée, l'une des nombreuses vallées du pays niçois

 

Roure est un village mystérieux, car il est difficile de trouver de la documentation sur celui ci, comme s'il n'avait pas existé. C'est assez étonnant d'ailleurs, car la plupart des villages du comté de Nice sont très pourvus en événement historiques et médiévaux. C'est vrai que celui ci se trouve au bout d'une vallée oubliée en cul de sac au sommet d'un éperon rocheux.

JUILLET2013-8703.JPG

Toujours les panneaux d'agglomeration avec le nom en niçois dessous.


 Profitant d’une exposition plein sud, favorisant l’exploitation de riches alpages, le village est resté peuplé jusqu’à la moitié du siècle dernier.  Ici les gens vivent l'hiver en complète autarcie, nous sommes loin de la capitale du pays Niçois et de son tumulte touristique. Si la route d'accès, minuscule et tortueuse, taillée dans la roche rouge sang, vous donnera le vertige, il en sera de même de la situation de Roure, vieux village montagnard allongé en balcon au-dessus d'un à-pic impressionnant qui fait de ce petit coin un des plus beaux balcons de la Tinée.

JUILLET2013-8681.JPGLes points culminants sont situés au Nord, avec des sommets dépassant les 2300 mètres d'altitude. Accroché à une pente abrupte, Roure étalera devant vos yeux superbes granges et maisons de pierre rouge coiffées de toits de bardeaux ou de lauze violette (schistes de la vallée), en une merveilleuse harmonie de couleurs que vous pourrez admirer depuis le belvédère qui domine le village. Sujets au vertige, s'abstenir !

JUILLET2013-0055.JPGJUILLET2013-8668.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous ne manquerez pas d'aller voir de plus près ces vieilles maisons qui datent pour la plupart des 17ème et 18ème siècles en empruntant de pittoresques ruelles pavées en escalier, qui vous conduiront jusqu'au cœur du village où vous pourrez goûter à la typique "charcuterie de montagne", au "Brous" (fromage de vache), à la Tomme de Roure ou à l'agneau d'estive (Label officiel).  N'oubliez pas pour autant d'entrer dans l'église "romano-gothique"  étonnant pastiche de façade classique italienne à niches du 18ème, et de clocher-mur roman (voir diaporama).

JUILLET2013-0028.JPGC'est un village médiéval à l'architecture agro-pastorale situé à 1 400 m à l'entrée de la vallée de la Haute-Tinée (riviere se jetant dans le fleuve Var), en lisière du Parc national du Mercantour. La première indication du village date de 1067 sous le nom de « Rora ».  Depuis toujours, l'isolement du village obligea ses habitants à vivre en autarcie ne descendant de la montagne qu'à pied ou à dos de mulet.

JUILLET2013-8641.JPGJUILLET2013-8669.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La route ne fut créée qu'après la Seconde Guerre mondiale, cependant en 1927 les habitants mettent en place un câble de 1 850 m de long porteur de wagonnets en bois et actionné par un moteur électrique. Il fonctionna jusqu'en 1962 permettant d'assurer la descente de la production (lait, fromages et farine) et de remonter les provisions et le courrier.

JUILLET2013-8684.JPGL’histoire connue du village remonte aux tous débuts du XIème siècle; le village appartient alors à la famille Rostaing de Thorame-Glandèves, et aussi à la famille Caïs à partir du XIVème siècle. Le baron de Beuil, Barnabé Grimaldi, s’empare du fief de manière sanglante. Bertrand Cais Seigneur de Roure aura la main droite coupée et les deux yeux crevés. Il en meurt rapidement. La reine Jeanne, inflige au baron une très forte amende, mais le fief restera aux mains des Grimaldi. En 1621, après l’exécution d’Annibal Grimaldi, le château sera rasé et le village sera inféodé aux Badat. C'est à peu près tout ce que l'on connait de l'histoire du village.

JUILLET2013-8692.JPG

Toiture en schiste de la vallée


 Des histoires extraordinaires naissent sous tous les cieux, mais seul un cadre favorable les fait éclore. La situation géographique du Pays d’Azur où les Alpes plongent dans la mer dans un chaos de montagnes et de vallées profondes lui confère déjà un caractère exceptionnel. Les climats qui s’y étagent de la douceur méditerranéenne de la côte aux frimas polaires des hauts sommets sont tout aussi contrastés.

JUILLET2013-8730.JPG

un relief géologique remarquable


 Si l'on ajoute que l'homme a résidé sur ces terres d'opposition depuis ses origines, on ne peut s'étonner de trouver en lui la démesure du fantastique révélée par les outrances du décor. Cet environnement propice ne devait pas manquer de produire dans la vie de ses habitants une saga où l'imaginaire rejoint naturellement la réalité. Je continue ma route sur le second village de ma balade: Bairols.

JUILLET2013-8734.JPG

La Tinée se fraye un chemin dans les gorges rouges et vertes de la vallée


 On ne va pas à Bairols par hasard : il faut emprunter une toute petite route qui grimpe sur un versant abrupt de la vallée de la Tinée. Les courageux qui se gareront en contrebas du village auront la joie de découvrir, au rythme de la marche, (après 350 mètres de chemin en pente), les charmes médiévaux de ce ravissant village perché.

JUILLET2013-8751.JPGJUILLET2013-8753.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Car la récompense est à l'extrémité du chemin de ce bout du monde ! Après avoir failli mourir abandonné, Bairols doit sa résurrection à son maire qui depuis 20 ans à œuvré pour sauvegarder cet ancien fief de la reine Jeanne. Une formidable entreprise de restauration qui a rendu à Bairols son profil seigneurial avec ses façades de vieille pierre, ses voûtes et passages couverts moyenâgeux et ses escaliers vertigineux (cardiaques s'abstenir !) offrant une vue panoramique sur la riante vallée de la Tinée.

JUILLET2013-8761.JPGIci les gens sont différents du monde urbain de la bande cotiére composé de beaucoup d'étrangers. Dans l'arriere pays niçois, les habitants sont de souche nisso piémontaise, ils parlent le nissart ou le gavot. Chaque personne rencontrée vous dira bonjour avec un large sourire, comme ce couple en train de restaurer sa maison dans une ruelle qui remarquera immédiatement mon T-shirt Harley Davidson venant de Thaïlande, et c'est parti pour une demi-heure de discours sur nos différents voyages et en nissart SVP. Car ce couple d'habitant vient d'acheter une maison au village pour y vivre les 5 mois de l'année les plus beaux et ensuite partir pendant 7 mois en voyage à travers l'Asie.

JUILLET2013-8771.JPGJe passe ensuite par la Tour sur Tinée. Attention, merveille : La Tour sur Tinée n'est pas pour rien un village classé Monument Historique. Bâti sur une crête dominant de haut la vallée de la Tinée, entouré de pics et collines boisées, La Tour sur Tinée, village décidément béni des Dieux, a également la chance de posséder un air léger, une vue panoramique et une nature superbe, entre sapins, cyprès et tilleuls !

JUILLET2013-8795.JPG

Façades en trompe l'oeil à l'italienne


 Se promener dans les ruelles aux pavés inégaux de La Tour sur Tinée est un moment inoubliable: en commençant par l'espace artisanal du Béal, comprenant un gros lavoir à toiture et un abreuvoir, un moulin à huile, une distillerie et un moulin à farine, superbe ensemble en pierre de taille, datant du 18ème siècle. On ne manquera pas d'admirer le pavage des rues, composé de larges dalles inégales, comme usées par le temps.

JUILLET2013-8798.JPGEnfin, on débouche sur la "Grand Place" ou sont regroupées toutes les merveilles dont le village n'est pas avare: au centre, une belle fontaine octogonale(1895), et autour plusieurs maisons médiévales aux arcades gothiques, la plupart aux façades en trompe l'œil parfaitement restaurées, dans des couleurs à l'italienne, jaunes, roses, rouges, bleus pâles, qu'on doit au pinceau talentueux du grand fresquiste niçois Guy Ceppa.

JUILLET2013-8811.JPG

A la sortie de la Tour sur Tinée, je prends la direction des Granges de la Brasque pour une expédition dés plus vertigineuses et dés plus périlleuses car a chaque lacets le danger est à chaque fois bien présent et le nombre de pierres éboulées de la montagne vous avertie des chutes possibles.

JUILLET2013-8825.JPG

La Tour sur Tinée


 Les Granges de la Brasque sont situées en pleine forêt aux confins d'une route du bout du monde, comme les Alpes-Maritimes en ont le secret, 20 km après le village de La Tour. J'emprunte cette piste étroite qui monte, monte et monte encore. C'est bien simple, chaque kilomètre parcouru, vous fait monter de 100 mètres supplémentaire...

JUILLET2013-8838.JPGSource de la Brasque, pure et sans calcaire


Arrivé au sommet à presque 2000m d'altitude, la récompense. Heureusement vais je dire, car j'ai tellement était secoué en moto sur cette piste que la déception aurait été trop grande si j'aurai du faire cette route pour rien ! Je découvre des pierres militaires gravées des insignes des régiments ayant occupé les lieux. Au bord de la route, un peu sous les fameuses Granges, il y a une source de grès qui a la particularité de produire une eau non calcaire.

JUILLET2013-8879.JPGJUILLET2013-8891.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous la source, un peu sur la gauche quand on regarde la vallée, un petit chemin conduit à l'ancien abreuvoir à chevaux et plus bas, une vacherie qui produit cette fameuse tomme de montagne. Au dessus des granges une église en ruine, peut-être construite pour les militaires ? Je n'ai aucune information. L'une des granges appartient à un couple de niçois qui m'invite à l'apéro et même au BBQ ! Oui, les gens sont vraiment différents ici .....

JUILLET2013-8850.JPG

 

                              DIAPORAMA DE LA BALADE


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 07:45

JUILLET2013-0134.JPG Un beau jour de 1865, le célèbre botaniste Gustave Thuret découvre un cap merveilleux et sauvage, couvert de forêts de pins et de garrigue odorante. Seules traces de la présence de l'homme, un phare, deux chapelles et quelques vignes.

JUILLET2013-8579.JPGC'est grâce à lui qu'Antibes est devenue la capitale mondiale de la Rose et l'un des premiers centres agronomiques du sud de la France. Son parc et ses jardins ont marqué le Cap d'Antibes à jamais, en présevant miraculeusement cette cathédrale écologique. Mais les investisseurs au profit de l'aristocratie europeenne commencent a y réaliser des demeures parmi les plus prestigieuses au monde.

JUILLET2013-8600.JPGCharles Garnier, architecte des opéras de Paris et de Monte-Carlo, dessine une superbe villa que lui a commandé un milliardaire hollandais. Ce dernier la baptise "Villa Eilenroc", anagramme du prénom de son épouse, Cornélie. Puis, ce seront le "Château de la Croë", la Villa "Les Chênes Verts" où séjourne Jules Verne, le Château de la Garoupe entouré d'un immence parc de 60 hectares, la Villa Soleil et la Villa Eden Roc feront du Cap d'Antibes un haut lieu de la jet set.

JUILLET2013-0084.JPGViendra la Villa Picolette, celle du père de Gatsby le Magnifique maison où séjournèrent l'écrivain Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, entre 1924 et 1926. Des résidences fabuleuses parmi les plus belles au monde comme Le Château de la Croë de style victorien voisin de la villa Eilenroc, sur la baie des milliardaires ou sejournerent le roi Édouard VIII du Royaume-Uni (duc de Windsor) et son épouse Wallis Simpson. En 2004 celui ci est acheté par le milliardaire russe Roman Abramovitch. Pour l'heure, interressons nous a la villa ou Jules Verne écrivit son roman interplanétaire : "Hector Servadac" (Chapitre XVI)

JUILLET2013-8569.JPG"Soudain, il s’arrêta. Son pied venait de heurter sous la neige un morceau de pierre taillée. Par sa forme, par sa couleur, ce morceau ne semblait pas appartenir au nouveau sol. Le capitaine Servadac le ramassa. C’était un fragment de marbre jauni, sur lequel on pouvait encore lire quelques lettres gravées, entre autres celles-ci : Vil…
« Villa ! » s’écria le capitaine Servadac, en laissant retomber le morceau de marbre, qui se brisa en mille fragments. De cette villa, sans doute quelque somptueuse habitation bâtie presque à l’extrémité du cap d’Antibes, dans le plus beau site du monde [...] que restait-il à présent ? Pas même ce morceau de marbre, qui venait d’être réduit en poussière !"

JUILLET2013-8532.JPGNon ! Quoi qu'en pense le Capitaine Servadac, cette villa n'a pas disparu. La voici telle qu'elle se présente aujourd'hui. Il s'agit de la villa "Les Chênes Verts", située presque à la pointe du Cap d'Antibes. Une majestueuse demeure patrimoine classé au 152 boulevard Kennedy fut érigée par le célèbre dramaturge Adolphe D'Ennery.

JUILLET2013-8553.JPGJUILLET2013-0043.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrêmement enthousiastes sur la région, en 1865, M. d’Ennery  achete une grande parcelle de terre qui est bordé par des arbres et en redessine la propriété de trois étages avec l’architecte Abeille. D’Enerry était très bien connu dans le monde du théâtre et obtint un succès populaire pour de nombreuses pièces, notamment « Le Savetier de la rue de Quincampoix» et a écrit plusieurs opéras pour Gounod, Massenet et Aubert.

JUILLET2013-8541.JPGCette villa fut construite en 1866 par l’architecte Auguste Abeille pour Adolphe d’Ennery, dramaturge parisien très en vogue, auteur des « Deux orphelines » qui furent jouées au Théâtre de la Porte Saint-Martin et au Chatelet à Paris. Le jardin fut créé en même temps que la villa, Dennery  fit construire le manège pour sa compagne, Mme Desgranges, écuyère, devenue sa femme. Ils y passaient tous leurs hivers, recevant leurs amis, tels Rochefort et Villemesant, directeur du Figaro.

JUILLET2013-8588.JPGJules Verne vint lui aussi lui rendre visite et prit l’habitude d’y séjourner tous les hivers pendant 6 ans. Au cours de ses nombreux séjours, il travailla à l’adaptation théâtrale de ses oeuvres romanesques : « Le tour du monde en 80 jours », « Les enfants du capitaine Grant », ou encore « Michel Strogoff ». Les deux écrivains créént aussi un jeu inédit à la villa "Les Chênes Verts" intitulée «Le Voyage à Travers l’impossible» qui a été un énorme succès à Paris.

JUILLET2013-8559.JPGJules Verne gardera de ces étapes antiboises un souvenir émerveillé : « Du bleu partout, en haut, en bas et du vert à revendre. » En 1905, la villa a été achetée par Sophie Desplans, la fille de Neopoleon III, médecin privé, et Les Chênes Verts reste dans la famille pour les trente prochaines années.

JUILLET2013-8636.JPGEn 1938 l'architecte niçois Louis Bensa propose le réaménagement de la maison et la modernisation de l'escalier.  En 1953, la propriété que détient une plaque de l’écrivain visionnaire, est achetée par l'industriel Jean Joannon, qui réaménagea l'intérieur délabré, la villa redevint alors un lieu de réceptions. La villa reste aujourd’hui semblable à son état initial.

JUILLET2013-0093.JPGAvant de rejoindre le sentier des douaniers, je passe par la villa Elein Roc à ne pas confondre avec le plus luxueux hotel au monde , l'Eden Roc qui se trouve à quelques centaines de metres de la villa .

JUILLET2013-0008.JPGLa Villa Eilenroc est une demeure française d'exception de style néoclassique située au milieu d'un parc de onze hectares, en bordure de mer. Alors que la haute société européenne passe l’hiver sur la Riviera méditerranéenne, le riche hollandais ex-gouverneur des Indes néerlandaises Hugh-Hope Loudon fait construire cette luxueuse résidence par l'architecte Charles Garnier entre 1860 et 1867. Il la baptise « Eilenroc », anagramme de Cornélie, le prénom de son épouse.

JUILLET2013-0112.JPGEn 1873, la propriété est vendue au riche écossais James Wyllie qui fait aménager le parc par des jardiniers aussi célèbres que Ringuisen. À son décès en 1908, le domaine est vendu à Sir Coleridge Kennard puis au couple Sudreau suivi par le couple américain Beaumont en 1927.

JUILLET2013-8577.JPGEn 1982, Madame Beaumont lègue sa propriété à la ville d’Antibes sous condition de créer une « Fondation Beaumont » destinée à gérer et exploiter ce patrimoine et d'ouvrir le parc au public avec oliveraie et roseraie de 1 000 plants.

JUILLET2013-8612.JPGJUILLET2013-0070.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2011, un jardin des senteurs a été créé à l'entrée de la roseraie de la Villa Elein Roc. De plus, le sentier du littoral permet d'effectuer une ballade de 3,7 km entre la plage de la villa Eilenroc et l'Anse de la Garoupe. Les promeneurs peuvent ainsi apprécier le panorama exceptionnel en longeant le Cap d'Antibes et la Villa ou effectuer une halte dans la petite plage de l'Anse de l'Argent faux. On comprend mieux pourquoi les milliardaires ont élu domicile au Cap d'Antibes !

JUILLET2013-8585.JPG

Villa et Parc ouvert du 1 octobre au 31 mars
Mercredi et samedi après-midi (entrée gratuite) Horaires : 13H – 16H
Du 1 avril au 30 juin
Mercredi et samedi journée (entrée payante 2€) Horaires : 10H – 17H
Du 1 juillet au 30 septembre
Mercredi, samedi et dimanche après-midi (entrée payante 2€) Horaires : 15H – 19H

JUILLET2013-0077.JPG

                            DIAPORAMA DES VILLAS


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 06:54

 MAI-2013-0466.JPG

Flavia, Jaina et Shemalti

 

Tous se réunissent pour assister à la grande cérémonie du cadeau livré aux vagues de la Mer (Méditerranée pour la circonstance), demeure de Yémanja, reine des eaux salées et protectrice des pêcheurs, de la maternité et des enfants dans le candomblé.

Tous sont venus également apporter à la mère leurs suppliques et leurs vœux dissimulés au milieu de leurs offrandes de fleurs, de parfums, de jouets, de bijoux et d’autres objets disposés dans des paniers qui seront emportés dans le bateau qui accompagnent le grand cadeau confectionné spécialement pour elle chaque année par la communauté.

MAI-2013-0051.JPGMAI-2013-0066.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’origine c'est-à-dire en 1923, cette cérémonie était organisée pour la 1ère fois à l’initiative de la « colonne de pêche » (corporation de pêcheurs) du quartier «Rio vermelho» à Sao Paulo (Un peu comme notre prudhommie de pêcheurs niçois). La communauté des pêcheurs de ce quartier avait pris cette initiative grâce aux recommandations d’une Yalorixa (une «prêtresse» de candomblé) qu’ils étaient allés consulter suite à une pêche désastreuse durant l’année précédente, ayant entraînée d’importants préjudices économiques pour la corporation.

MAI-2013-8308.JPGLa yalorixa leur avait alors conseillé d’offrir un cadeau à leur « patronne » et protectrice Yémanja, en ce jour qui lui est consacré encore dans certains terreiros de Bahia, ces temples du candomblé.

MAI-2013-0236.JPGMAI-2013-0276-copie-1.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi l’année suivante, les pêcheurs de ce quartier organisèrent une grande cérémonie où ils emportèrent dans une barque un cadeau mystérieux, dissimulé dans une boite à chaussure selon la légende populaire, qu’ils offrirent aux eaux de l’océan.

La cérémonie avait fait grand bruit. Le cortège paré de tenues traditionnelles, de fleurs et de parfums accompagnés des tambours qui marquaient le rythme de la procession n’était pas passé inaperçu dans la ville (ça ne passe pas inaperçu à Nice non plus !).

MAI-2013-8309.JPGD’autant que durant toute l’année suivante, les pêcheurs clamaient leur reconnaissance et leur satisfaction du succès de la cérémonie. L’année de pêche 1923 ayant été excellente et même une des meilleures dont ils pouvaient se souvenir, ils répétèrent le rituel l’année suivante puis chaque année depuis lors jusqu’à nos jours où la cérémonie rassemble toujours plus de participants et de curieux, jusqu’à attirer les caméras et les journalistes de tout le pays.

MAI-2013-0381.JPGMAI-2013-0040.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’est pas surprenant que cette cérémonie soit devenue au cours du temps si populaire dans tous le pays car Yémanja est devenue la protectrice du Brésil, sous des formes certes diverses, en ce sens qu’elle incarne en son nom tout le symbole d’une icône du syncrétisme culturel brésilien, valeur essentielle de la culture nationale.

MAI-2013-0047.JPGMAI-2013-0062.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que ce soit sous la forme européanisée de la sirène aux longs cheveux qui séduit par son chant ou son regard, et sauve ou précipite les pêcheurs et autres navigateurs des périls du naufrage. Ou bien sous la forme d’une belle amazone amérindienne qui enchante les eaux des forêts d’une puissance curative et bienveillante dont profite autant la nature que les Hommes.

MAI-2013-0263-copie-1.JPGMAI-2013-0302.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous la forme encore d’une séduisante nymphe à la fois sorcière et magicienne venue des eaux des fleuves du Congo africain comme de ceux du golfe de Guinée…, ou bien au contraire, sous les apparences d’une mère généreuse et attentionnée qui soigne, nourrit et console grâce à ses larmes ou les richesses de ses eaux salées, comme dans les traditions chrétiennes et Yorubas à travers le candomblé et l’umbanda.

MAI-2013-0346-copie-1.JPGMAI-2013-0460.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous reconnaissent en la Sirène ou la «diosa del mar» (alias la Déesse de la mer) ; en la cabocla (Esprit autochtone des régions d’Amazonie) Iara ou Dona (Madame…) Janaina ; en l’Inkisse (Esprit de la nature) Inaê ou Kayala ; en la Vierge Marie ou l’immaculée conception (mère du fils de Dieu) ; en l’orixa (ancêtre divinisé) Yémanja et Yémowo reignant sur les eaux salées ; tous reconnaissent sous ces différents noms et représentations, la mère universelle des Brésiliens et la patronne du syncrétisme national, un des symbole de l’identité du pays.

MAI-2013-0463.JPGMAI-2013-0475.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce rituel est directement hérité de la religion des Yoruba du Nigeria où la cérémonie continue d’exister, toutefois sous une forme plus édulcorée que par le passé et avec une audience plus discrète. Ce rituel est connu au Nigéria sous le nom de festival d’Olokun et au Bénin de fête d’Agwé  pendant lequel le « prêtre » de cet orisha offre à l’océan un panier de cadeaux recouvert de pagnes et de diverses richesses, qu’il remet au cours d’une procession publique et selon un rituel précis au seigneur des océans.

MAI-2013-8307.JPGLa cérémonie et le rassemblement commence sur la place Masséna en principe à 10h du matin en ce dimanche de juin, mais les brésiliens sont sans doute des personnes qui aiment prendre leur temps, car les premiers cortèges arrivent seulement une heure plus tard.

MAI-2013-0479.JPGMAI-2013-8164.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La foule se rassemble enfin, apportant leurs offrandes et suppliques. J'aperçois deux grands paniers en osier destinés à recueillir les offrandes de chaque participant tandis que d’autres iront directement les offrir à la mer. Tout ce joli monde se dirige à présent vers la plage en déambulant dans les ruelles du vieux Nice au son des tambours et des chants dans une indescriptible cohue. On arrive dés à présent sur la plage de l'opéra. Les paniers sont emportés dans une barque qui les emmènera au large dans une grande procession maritime, après un moment de recueillement et de prières communes.

MAI-2013-8165.JPGMAI-2013-8167.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais avant le grand départ de la barque, le grand cadeau offert par la communauté brésilienne niçoise. La communauté brésilienne de Nice accompagnés de quelques dignitaires du candomblé et de leurs assistants monte sur la barque au milieu des offrandes et des bouquets de fleurs pour les emmener au large au rythme des tambours et des chants de la foule. Une fois la barque suffisamment éloignée du rivage, toutes les offrandes sont déposées sur les flots au milieu des salutations, des applaudissements et des chants de l’assistance.

MAI-2013-8185.JPGMAI-2013-8182.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est à ce moment également que certains adeptes sous l’emprise de l’Orixa se jettent à l’eau dans une étreinte fusionnelle avec leur divinité tutélaire. Il faut donc que je me mouille moi aussi pour approcher la cérémonie, et je repartirai trempé jusqu’au pantalon, les chaussures pleines de sable.

MAI-2013-8235.JPGLa tradition exige que les offrandes soient emportées dans les profondeurs de la mer en signe d’acceptation et de satisfaction de Yémanja ainsi que du bon déroulement de la cérémonie. Si les offrandes se trouvaient malheureusement refoulées par la vague sur les plages du littoral, ce serait alors le signe de l’échec du rituel et du mécontentement de la reine mère des eaux. A mon avis, vu les sourires de tous les adeptes de Yémanja, les prières ont été exaucé !

MAI-2013-8192.JPG

MAI-2013-8278.JPG                          

                             DIAPORAMA DES PARTICIPANTS


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 22:07

MAI-2013-8518.JPG

Le Château de La Napoule occupe un site prestigieux en front de mer, connu des Romains, il y a plus de 2000 ans. Investie par une tribu Ligure, la Napoule devient un emplacement stratégique sous l'occupation romaine.  Demeure des comtes de Villanova au XIVe siècle, l’une des grandes familles du pays niçois en 1284, un fort avait déjà été érigé sur le domaine, lorsque la famille de Villanova en fit l'acquisition. Ils y bâtirent une grande forteresse médiévale. Après avoir subi de nombreux dommages à la suite de diverses invasions sarrasines et lombardes, le château fut rasé à la révolution par d'autres barbares.

MAI-2013-8514.JPGMAI-2013-8510.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La forteresse fût détruite et rebâtie à huit reprises, avant de devenir une manufacture verrière au cours du XIXe siècle. En 1916, l'artiste américain Henry Clews acquit l'édifice en ruine, qu'il s'appliqua à restaurer assisté de sa femme, Marie Elsie Whelen Goelet. Deux tours, romane et sarrasine furent harmonieusement intégrées à la construction fortifiée ; le pavillon d'accès, les hauts remparts et les terrasses surplombant la mer forment un ensemble hétéroclite reflétant les goûts éclectiques des Clews.

012.JPGLa Cour d'Honneur, la Galerie Spencer, vaste salle voutée, et la Galerie blanche autrefois aménagée en théâtre, accueillent aujourd’hui comme hier, des expositions comme celle que vous venez de voir précédemment. Les jardins classiques conçus par Marie Clews sont agrémentés de jeux d'eau et de décors en topiaire. C'est l'œuvre sculpturale d'Henry Clews, empreinte d'humour et de sensibilité art-nouveau, qui fait de ce monument historique une fascinante escapade dans l'histoire de l'architecture.

0068.JPGJUILLET2013-0017.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le château a subi au cours des siècles de nombreuses transformations. En 1918, nos deux américains s'installent dans les restes de la demeure médiévale. Grâce à leur fortune, le couple put restaurer les bâtiments et en construire d'autres de toutes pièces, en apportant leur touche personnelle (Henry était sculpteur et sa femme architecte). Les jardins furent également aménagés.

JUILLET2013-0232.JPGFondée en 1951 par Marie Clews, l’Association d’Art de La Napoule Mémorial Henry Clews a fait du château un lieu d’échanges culturels international comprenant l’organisation de colloques, d’expositions, de concerts et de spectacles auxquels s’ajoute un programme de résidence d’artistes. Le château et ses jardins ont été inscrits monuments historiques par arrêté du 6 janvier 1947. 

JUILLET2013-0025.JPGJUILLET2013-0065.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jardins du château de la Napoule dessinés en 1919 sont constitués du jardin principal qui s'ouvre par une grande allée à la Française et de trois autres petits jardins : le jardin de La Mancha, les terrasses sur la mer ou l'on peut se restaurer gastronomiquement et le jardin secret. L'allée régulière, le bassin, la fontaine et le puits et les constructions qui parsèment les jardins, conciergerie, chapelle, une fabrique de verre, la tour de jardin, la pergola et le pont de jardin sont spécifiquement inscrits comme monuments historiques. Le parc est labellisé « Jardin remarquable ».

JUILLET2013-0202.JPGJeune dandy newyorkais, Clews préférait l'activité artistique aux affaires de la banque familiale. Incompris aux Etats-Unis, Clews s'installa au début du siècle sur la Cote d'azur ou la liberté d'expression artistique avait déjà fait le tour du monde par une aura spectaculaire, il travailla sans relâche sa vocation pour la sculpture. Autodidacte doué, Clews portraiture ses contemporains avec un réalisme à la limite de la caricature, dans un style imbu d'humour noir et d'ironie, laissant libre cours à son esprit fantasque.

JUILLET2013-0115.JPGJUILLET2013-0190.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès l'arrivée de Clews sur la Côte d'Azur, au lendemain de la première guerre mondiale, une nouvelle tendance se manifeste dans son travail, d'avantage tournée vers les arts primitifs : en effet, à la Napoule, l'artiste nous ouvre les portes d'un monde imaginaire peuplé de monstres fabuleux.

JUILLET2013-0047.JPGHenry Clews naquit à New York d'une famille descendante du président Américain James Madison. Clews montra très tôt un caractère rebelle, excentrique et un penchant pour les arts et la littérature. La Napoule fut pour Henry une source d'inspiration permanente et lui apporta l'isolement nécessaire à l'épanouissement de son art. Son style s'imprégnant d’influences précolombiennes et extrême-orientales.

JUILLET2013-0038.JPGJUILLET2013-0149.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il donna vie à tout un bestiaire de petits monstres et animaux imaginaires qui vinrent peupler la forteresse Napouloise. Lorsque Marie et Henry Clews tombèrent amoureux du château de la Napoule, ils s'éprirent également de sa situation idyllique à l'extrême ouest de la baie de Cannes et des iles de Lérins. Afin de profiter pleinement du panorama, Marie dessina de longues terrasses surplombant la mer.

JUILLET2013-0173.JPGLe château, préalablement perché sur un roc, se retrouva posé sur une majestueuse rangée d'arcades plongeant directement dans l'eau de la méditerranée. Ce chantier en front de mer nécessita la technicité particulière d'un ingénieur Russe et la supervision quotidienne d'Henry et Marie Clews. Une voie ferrée fut même installée afin de permettre l'acheminement des blocs de pierre qui servirent à la construction des quinze arcades qui soutiennent les terrasses. Les travaux sur la façade mer furent considérés comme une priorité par Henry et Marie qui les exécutèrent avant même la restauration du toit.

0033.JPGJUILLET2013-0026.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Clews, née Elise Whelen, vit le jour en 1880 à Philadelphie. Benjamine d'une famille aristocratique de mécènes d’art, Elsie à toujours rêvé de devenir chanteuse d'opéra. Cette passion ne la quitta jamais puisqu'elle organisera plus tard au château de la Napoule de nombreux concerts et récitals. D'une grande beauté, Elsie fut l'une des débutantes les plus prometteuses d'Amérique. 

JUILLET2013-0080.JPGElle fréquentait la haute société de Newport, lieu de villégiature très à la mode au début du XXe siècle. Dés son installation à la Napoule en 1918, Marie se passionna pour la reconstruction du château dont elle conçut les plans jusqu'a la direction des maçons et des tailleurs de pierres. On ne peut imaginer un changement de vie plus radical. Marie devint pour Henri Clews un véritable soutien, une inspiratrice et une partenaire de travail.

JUILLET2013-0155.JPGJUILLET2013-0160.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensemble, ils créèrent leur monde imaginaire: « Once Upon A Time », il était une fois .... Nom qu'ils donnèrent au château. Après la mort d'Henry en 1937, Marie protégea son château bien aimé pendant la seconde guerre mondiale et ne ménagea pas ses efforts pour révéler l'œuvre de son époux aux yeux du monde... En 1951, elle créa la Napoule Art Fondation, ayant pour mission la conservation et la mise en valeur de la collection Clews et du château, œuvre de leur vie.

JUILLET2013-0141.JPGLe château considéré comme un  emplacement stratégique, fut occupé par les Français avec qui elle vécut en harmonie. Après l'entrée en guerre de l’Italie, une menace plus importante pesa sur la région. Lorsque les fascistes de Mussolini occupèrent le château, Marie fut jugée par le tribunal de guerre pour avoir apporté son aide aux Américains. Seule son amitié avec la princesse Maria de Savoie, fille du Roi d’Italie, réussit à la sortir de cette situation difficile.

JUILLET2013-0188.JPGJUILLET2013-0265.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la reddition de l’Italie, les allemands occupèrent le château à leur tour et Marie fut évacuée dans une villa à Cannes.  Finalement le 15 Aout 1944, les Alliées débarquèrent sur les plages alentour. A la grande surprise de Marie, le libérateur du château n'était autre que son propre cousin, le colonel Lewis H. Van Dusen. Marie réintégra alors sa demeure.

JUILLET2013-0203.JPGElle installa le quartier général de la croix rouge américaine dans ses murs. En 1951, huit ans avant sa mort, Marie Clews crée l'Association d'Art de La Napoule en mémoire de son époux, afin de conserver au Château son statut de centre d'art dédié aux échanges interdisciplinaires et internationaux.

JUILLET2013-0022.JPG

                                  DIAPORAMA DU CHATEAU


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:12

 MAI-2013-0166.JPG

Les festins de Carême ponctuent, chaque dimanche, les quarante jours qui précèdent Pâques. Ils ont pour objet, à la fois de canaliser l’approche du printemps, de rendre acceptable la longue période d’abstinence du Carême, et de dissiper posément les effets du Carnaval qui s’est achevé le Mardi-Gras, veille de l’entrée en Carême.

MAI-2013-0174.JPGMAI-2013-0191.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’empreinte et le pragmatisme de la religion catholique sont immédiatement perceptibles dans cette organisation du temps. Tous ces festins s’organisent autour de l’interprétation religieuse chrétienne, qui se superpose parfois à des rites antérieurs. Le temps du Carême s’ouvre donc par le festin des Reproches, le dimanche suivant immédiatement le Mardi-Gras: à Cimiez (Cenemelum la capitale romaine de la province des Alpes Maritimes), on purge entre couples les griefs de l’hiver et les écarts de Carnaval.

MAI-2013-0416.JPGLe dimanche suivant, c’est le festin de Saint-Barthélemy, ou de la Réconciliation: les couples se pardonnent; le dimanche d’après se place le festin de Saint-Etienne, ou de l’Amitié, lou calignatori (le flirt), le surnommait-on, c’est-à-dire celui où les relations conjugales se renouaient.

MAI-2013-0028.JPGMAI-2013-0320.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient ensuite le festin de Saint-Pons, dit des Vents; autour de ce dimanche se place l’Anounciada, ou festin des Cougourdons, obligatoirement organisé le 25 mars. Viennent ensuite le dimanche des Rameaux, puis le dimanche de Pâques: pas de festins en ces circonstances solennelles exclusivement religieuses.

MAI-2013-0164.JPGEnfin, le dimanche In albis (premier dimanche après Pâques), c’est le festin de Saint-Pierre d’Arène, dit lou festin dei Ràngou (le festin des Boiteux), ainsi surnommé parce que, comme il se déroulait dans le quartier campagnard le plus proche de Nice intra muros (Saint-Pierre d’Arène étant au centre du quartier de la Buffa, et Nice intra muros étant constituée du Vieux-Nice d’aujourd’hui), même les boiteux avaient le temps de s’y rendre.

MAI-2013-0035.JPGMAI-2013-0442.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chacun de ces « « festin » prend place autour d’une chapelle, alors en pleine campagne, et anime le hameau qui l’entoure. Il en va de même, en partie au moins, pour les Mai. Les festins des Mai reposent sur le même principe. Toutefois, leur dimension religieuse est moins patente. Chaque quartier ou hameau de la commune de Nice (Bellet, Cappan, Gairaut) organise ses "mai".

MAI-2013-0210.JPG

Le mois de Mai à Nice a été particulierement terrible cette année, il a du faire 4 à 5 jours de pluie dans le mois.


 Au milieu du XIXème siècle, le plus renommé était le Festin dei verna (du niçois verna, l’aulne, arbre omniprésent dans les sols humides de la plaine du Var, le fleuve), ou Mai du quartier Sainte-Marguerite, à l’extrémité occidentale du territoire communal.

MAI-2013-0259.JPGTrès développée durant la Restauration sarde, pendant la première moitié du XIXème siècle, les Mai connurent un temps d’éclipse avant d’être relancés, au début du XXème, par un groupe de Niçois attachés à la renaissance de ces traditions, en particulier Menica Rondelly le barde créateur de l’hymne niçois : Nissa la Bella.

MAI-2013-6627.JPGMAI-2013-6625.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès lors, les Mai de quartier, de plus en plus souvent urbains désormais, marquent le souvenir des Niçois du XXème siècle de leur caractère simple, joyeux, convivial, festif et familial. On décore de guirlandes et de lampions la place ou le carrefour principal du quartier, on y mange, on y joue au vitou, à la pignata, à la moura ou au pilou, on y danse autour du mât de cocagne, symbole de l’arbre de mai, renouveau de la nature aux origines païennes, si vira lou mai-on tourne le mai dit-on, dans la tiédeur des journées et des soirées de printemps. Une multitude de fêtes couvrent ainsi la ville, découpant clairement des quartiers, au cœur même du Vieux-Nice, où le Mai de la Condamine rivalise avec d’autres.

MAI-2013-0276.JPGCependant, à la fin du siècle dernier, divers acteurs de la vie niçoise s’inquiétèrent de la tristesse dans laquelle tombait la ville une fois la saison touristiques terminées, au début du printemps, et avec elles ses plaisirs ordonnés, mondains et éblouissants, et une fois passés les deux grands temps des festins traditionnels, simples et conviviaux, qui concordaient  accidentellement  avec elle.

MAI-2013-6579.JPGMAI-2013-0372.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On établit donc une sorte de calendrier estival qui, en reprenant le même modèle (répartition par quartiers, semaines après semaine, du même type de réjouissances), tentait d’organiser ces festins d’été. Ainsi, en 1899, on programma chaque dimanche des mois de juillet d’août un festin de quartiers : Gambetta, Malausséna, La Madeleine, Saint-Etienne, Saint-Philippe, Cimiez, Saint-Isidore, Saint-Barthélemy, Sainte-Hélène en bénéficièrent successivement, parfois en rapport direct avec la célébration du saint patron du quartier (Marie-Madeleine le 22 juillet, Hélène le 18 août, Barthélémy le 24 août), renouant ainsi avec une tradition religieuse ancienne.

MAI-2013-0290.JPGMais cette tentative, malgré une logique respectueuse et novatrice à la fois, ne résista pas à la force des fêtes traditionnelles, à la croissance urbaine, au développement de la circulation automobile et à l’apparition d’une nouvelle conception des loisirs.

Ainsi vont les festins traditionnels niçois, ancrés dans la volonté de partager un bonheur de vivre souvent fugace, prodigué à Nice par la nature et enraciné dans une culture qui, longtemps, adoucit un quotidien rude et laborieux. Le niçois est à la fois un pécheur et un montagnard ...

MAI-2013-6585.JPG

                                  DIAPORAMA DE LA FETE


  
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:09

AVRIL2012-0010.JPG

Ces lieux que je vous presente sont situés au nord de la ville et contrairement aux quartiers nords de certaines cités Francaises, devenus des zones de "non droit", les quartiers nord de nice sont beaux et élegants , alors partons ensembles pour une visite de ces lieux étonnants.. L'église Jeanne d'Arc de Nice est un monument réputé pour son architecture originale.  Elle présente une architecture extérieure qui ne vous laissera pas indifférent. L’église Sainte-Jeanne-d'Arc de Nice est une église catholique située dans le quartier de Fuon-Cauda. C'est dans cette église qu'ont été célébré les obseques de mon ami Patrice en ce début d'année.

AVRIL2012-0006.JPGAVRIL2012-0050.JPG
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès 1913 fut décidée la construction d'une église à cet emplacement. La première pierre fut posée en 1914 et l'on bâtit les fondations et une crypte sous la conduite de l'architecte niçois Casteli. La mort de ce dernier et la Première Guerre mondiale entraînèrent l'abandon des travaux. En 1926, la construction reprit suivant les plans de l'architecte parisien Jacques Droz. Elle s'acheva en 1933.

AVRIL2012-0054.JPGL'utilisation de la technique du voile de béton armé, récente à cette époque, a permis une construction de style futuriste, elle est d'un style difficile à classer, inspiré selon certains, par le mouvement moderniste art nouveau catalan. Trois grandes coupoles en forme d'ovoïdes sont supportées par quatre piliers et soutenues par huit autres coupoles de plus petite taille, ce qui permet l'établissement d'un impressionnant volume intérieur.

AVRIL2012-0036.JPGAVRIL2012-0057.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le clocher, haut de 64 mètres, à flèche élancée et ajourée est censé représenter le cierge pascal. Sa forme angulaire contraste avec les courbes des coupoles. Les fresques intérieures d'Eugène Klementieff s'inspirent du cubisme, des icônes orthodoxes et du Quattrocento. L’intérieur, qui produit une impression de très grande ampleur, présente un plan où huit demi-cercles s'articulent pour former une vaste élipse.

AVRIL2012-0032.JPGL'effet de légèreté et de souplesse de l'ensemble est saisissant en même temps qu'une force ascensionnelle attire le regard vers le haut. L'église est quelquefois surnommée la « meringue » en raison de sa couleur blanche. Elle est classée monument historique par arrêté du 12  juin 1992.

AVRIL2012-0068.JPGOn continue maintenant notre balade vers un jardin paysager toujours situé au nord de la ville, dans le quartier résidentiel de Saint–Maurice. Entouré de rues dont les noms perpétuent les grands poètes du XIXème, le parc Chambrun est très apprécié pour son calme et son "temple de l’amour", petit chef d’œuvre d’architecture romantique, et son magistral cèdre du Liban.

AVRIL2012-0076.JPGTout proche du stade du Ray, lieu des exploits passés de l’OGC Nice, se tient le quartier de Chambrun, dit aussi Parc Chambrun en souvenir de la propriété du comte Joseph Dominique Aldebert Pineton de Chambrun. Bordé des avenues Chateaubriand et George sand , le square Jean-Baptiste Carpeaux, du nom du célèbre sculpteur français dont le groupe « la Danse » orne la façade de l’opéra de Paris, est paré en son sein de ce qu’il est convenu d’appeler « le Temple de l’Amour ».

AVRIL2012-0088.JPGC’était à l’origine un kiosque à musique dont la construction, sous la direction de l’architecte niçois Philippe Randon, dura cinq ans. D’inspiration antique, douze colonnes corinthiennes de marbre blanc soutiennent élégamment l’entablement qui culmine à près de 20 m, sa couverture fut exécutée par la société Monduit Gaget et Gauthier qui édifia la statue de la Liberté à New York. Le comte Joseph Dominique Aldebert Pineton de Chambrun (1821- 1899), né à Saint-Chely, mort à Nice, était sociologue. Député puis sénateur de la Lozère il écrivit divers ouvrages de sociologie et de philosophie et fut l’un des fondateurs du musée social de Paris à qui il légua son hôtel particulier.

AVRIL2012-0089-copie-1.JPGIl était très riche ainsi que sa femme, propriétaire d’une cristallerie à Baccarat. En 1876 ils vinrent s’installer à Nice et, sous le charme du lieu, achetèrent la grande propriété à l'abandon de la famille Caïs de Pierlas. Le domaine s’étendait de la place Saint Maurice jusqu’à l’avenue Henri Dunant. Ils y firent construire une demeure style « manoir anglais », ornée de tours crénelées et chargèrent l’architecte niçois Philippe Randon d’y tracer un somptueux parc superbement arboré.

AVRIL2012-0107.JPGLes magnifiques réceptions des Chambrun furent aussi célèbres que les soirées de Valrose auxquelles elles succédèrent. En 1885, la comtesse fit construire un kiosque à musique en marbre de Carrare, imitation du temple de la Sibylle à Tivoli près de Rome. Il fut inauguré le 28 mars 1890 après cinq ans de travaux et une dépense d’un million de francs de l'époque. Appelé le Temple de l’Amour ou quelquefois, Temple de Vesta ou Temple de Diane, c’est tout ce qui reste du domaine dont les grilles se refermèrent à la disparition du comte de Chambrun en 1899.

0108.JPGÀ la fin de la première guerre mondiale, le domaine fut loti et les avenues Chateaubriand, George Sand, Alfred de Musset, André Chénier, furent tracées. Une patinoire, le « Palais de Glace », fut même construite au Parc Chambrun. En 1927, le Conseil Municipal d'Alexandre Mari mandata Alexandre Medecin, le père de Jean Medecin, pour racheter un lot de terrain entre le temple et l'ancienne villa. La partie ainsi sauvegardée fut transformée en jardin public. De l’avenue Chateaubriand on accède au temple par un escalier monumental du plus bel effet.

AVRIL2012-0126.JPGBon ! Je vous emmène pour terminer la promenade au monastère de Cimiez d’où vient le Niçois qui est à l’origine du nom de la ville de San Francisco aux Etats Unis. Et oui ! encore une nouvelle incroyable...  Cimiez affirma très tôt sa vocation chrétienne avec son statut d’évêché, elle fut l'une des toutes premières églises de la région en l'an 314. Il y eut même deux sièges épiscopaux. L'un à Nice Ville et l'autre sur les hauteurs de Cimiez la Romaine.

AVRIL2012-0185.JPGAVRIL2012-0186.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le monastère de Cimiez a été fondé au IXe siècle par les moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Pons, et il rassemble l'église Notre-Dame-de-l'Assomption et le musée franciscain qui retrace la vie franciscaine à Nice. Le plus célèbre des Franciscains de Nice est le frère Marc qui devint le « fray Marcos de Nizza » et donna, dit-on, le nom du fondateur de son ordre au site de la future ville de San Francisco (Californie).

AVRIL2012-0140.JPGFrère Marc de Nice, plus connu sous son nom espagnol de Fray Marcos de Nizza, est un explorateur franciscain né à Nice vers 1495 et mort à Mexico le 25 mars 1558.  Nice, faisait alors partie du duché de Savoie, vers 1495, orphelin, de patronyme inconnu. Il devient franciscain de l’Observance, profès de la province de Saint-Louis Evêque.

AVRIL2012-0152.JPGEn 1530, il part en Espagne, traverse l'Atlantique et rejoint Francisco Pizarro lors de sa conquête du Pérou. Il s'oppose très vite à Pizarro et dénonce les cruautés espagnoles envers les Indiens. Fin 1538, le vice-roi Mendoza l'envoie à la découverte des territoires au nord du Mexique. Il part en compagnie du frère lai Onorato et de l'esclave noir Estevanico. Il atteint l'Arizona et le Nouveau-Mexique en 1539 et découvre les territoires des indiens zuñis. Il remonte en direction du pacifique et decouvre la baie de San Francisco.

AVRIL2012-0209.JPGAVRIL2012-0211.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  L'ensemble du monastère est classé au titre des Monuments historiques. La façade extérieure est de style troubadour baroque ou gothique flamboyant. Devant l'église, une colonne torse en marbre surmontée d'une croix symbolise la vision de Saint François du christ séraphique. Dans le cimetière du monastère reposent de nombreuses personnalités comme Raoul Dufy et Henri Matisse. Voici de nouveaux trois lieux de Nice que je viens de vous faire découvrir dont un vieux niçois direz à nouveau : Nissa estounanta, sourprenenta, insoulita …
AVRIL2012 0199

Abbaye Saint-Pons de Nice en dessous du monastere de Cimiez

 

                                 DIAPORAMA DE L'ARTICLE


 
Partager cet article
Repost0
Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

Articles Récents