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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 17:29

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je vais l'acheter pour mon gamin de 13 ans ....

 

Sur la Cote d'Azur, il y a un grand carnaval officiel qui se déroule au moment du Mardi Gras toutes les années à Nice, pendant 15 jours. Ensuite, il y a le second grand carnaval, celui  ci, pas officiel du tout, mais qui se renouvelle lui aussi pendant 15 jours tous les ans, cette fois ci à Cannes. C'est le festival du film....

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La croisette remplace allégrement la promenade des Anglais. Asseyez vous sur l'un des bancs mis à disposition par la municipalité ou promenez vous le long de cette avenue mythique, c'est gratuit, vous n'êtes pas obligé de consommer... C'est Disneyland sans son prix d'entrée exorbitant. Par contre le spectacle est total et il est hollywoodesque !

0157.JPGLes Américains n'ont pas le monopole du "Too Much", les frenchies ont aussi des arguments pour faire dans la démesure, et un peu plus tard dans mon second article, je vous communiquerai les chiffres qui donnent le vertige.

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A Cannes, pas de problème pour photographier les gens, vous ne subirez aucun refus ! C'est même une obligation. A Cannes, on vient pour être vu, pour se faire remarquer, pour parader en voiture de sport sur la croisette, ou en robe outrageusement sexy le long de la promenade, non pas des Anglais cette fois ci, mais celles des starlettes. 

MAI-2013-0090.JPGStrass et paillettes sont les deux mamelles du festival si j'ose dire ! On vient du monde entier pour passer une quinzaine de jours de folies, d'amusements, d'excès en tout genre ... à défaut de connaitre la gloire ... qu’importe pourvu qu'on ait l'ivresse. Tout le monde en profite, les commerçants bien sur, les touristes, les professionnels du cinéma et les escorts ! Oui, j'ai bien dit les "escorts girls".

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Cannes pendant le festival, n'est pas seulement la capitale mondiale du cinéma, mais celle aussi d'un tout autre business que tout le monde connait, mais que tout le monde pense, qu'il faut fermer les yeux... Et dire que l'on a fait tout un flanc avec un certain homme politique, alors que l'on sait très bien qu'hommes d'affaires, footballeurs, politiciens ou acteurs ont très souvent fait appel aux services de charmantes amazones à l'amour tarifées. A ce petit jeu la, on aurait la chance bientôt de ne plus voir un  seul politicien à l'assemblée, si nous devons tous les faire tomber.

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les cochonnes ont repris leur allure physique ..


 Le portier du Carlton, la femme de chambre du Martinez ou le voiturier du Majestic doivent avoir prêté serment comme le curé de la chapelle de Saint machin chose  pour ne pas donner des noms ! On en voit sortir en toute discrétion des palaces, mais votre biker reporter l'a très bien remarqué. C'est la grande hypocrisie... les Nabila, Loana, Zahia ou encore Ruby (la copine au Cavaliére Italien) ont encore de beaux jours devant elles. Attention, n'en concluez pas que toutes les photos de mes ravissantes festivalières en font partie... Non Non, en principe nos amazones séductrices font en sorte de ne pas faire face à l'objectif.

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Dernier avertissement et qui n'est pas des moindres !  A Cannes les richesses s'affichent sans vergogne à la vue des nantis et des moins chanceux de la vie. Donc, âmes sensibles s'abstenir, si vous êtes l'une de ces personnes qui sont choquées par tant de richesses étalées publiquement, passez votre chemin, ou alors prenez le avec un peu plus de philosophie et rêvez .... Cannes, c'est aussi fait pour cela, le rêve !

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  Miss élégance peu-etre ! Miss Libertine certainement !

Maintenant si vous faites abstraction de tout cela et que vous êtes un radin comme moi, il y a la petite solution pour ne pas dépenser trop cher en repas et en consommations.... Quoique la plupart des restaurants de Cannes restent correct et pratiquent les mêmes prix que partout ailleurs dans la métropole... Mais bon, la légende de Cannes ville chère lui colle à la peau.

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Celle ci est la Countach de mon jardinier ...


 Alors, comme je vous l'ai dit plus haut, il y a de nombreuses chaises et bancs mis à disposition et même les piques niques s'improvisent dans les jardins. Il suffit de se rendre dans la rue Meynadier à quelques pas du Palais des Festivals, d'aller au carrefour Market et d'acheter malin !  (J’ai pris un sandwich thon, crudité, jambon et une bière 50cl, j'en ai eu pour 2.53€, qui dit mieux ?). Vous pouvez ajouter des œufs de lompe comme cela, ca vous fera penser au caviar. Et alors, c'est bon les œufs de Lompe !

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je peux toujours faire croire que je suis Brad Pitt, quand elles s'appercevront de la supercherie, elles seront deja dans mon lit. 

 

Avec sa fameuse montée des marches, le Festival de Cannes est une attraction énorme. Cet incroyable tapis rouge attire davantage de photographes, de journalistes et de médias que le Forum économique mondial de Davos, les jeux Olympiques ou même le Mondial de foot ! Robes de soirées, luxe, paillettes, badauds et paparazzis… à Cannes plus que nulle part ailleurs, on n’en finit pas de célébrer le mariage de la mode et du cinéma.

MAI-2013-0240.JPGAvec du glamour, du sexy, de la classe, mais aussi de la provoc, de la folie et de l’audace. Des extravagances qui s’affichent fun, loufoques ou terriblement couture. C'est donc tout cela que je vais tenter de vous montrer , avec des photos faites à la volée. Car pour mon compte, il est hors de question de squatter pendant des heures la sortie des palaces ou du palais pour apercevoir dans la cohue, un people fraichement débarqué...

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le retour de "porky's contre attaque" 

Non ! Ce n'est pas mon genre et pendant ce temps, je louperai le grand show de la rue. Tomber sur Marion Cottillard comme ça m'est arrivé lors du premier jour est un coup de bol ! Certains y passent des journées entières pour ramener dans leur carte mémoire 3 acteurs et deux actrices. Je n'ai pas cette patience, et finalement,  je m'en moque !

972344_312831178847897_885470887_n-copie-1.jpgSoso Giordano & Laetitia Gatti-Giordano pour le film "la vie d'Adele" palme d'or


Je préfère me mettre au cœur de l'ambiance des festivaliers. Une grimace par ici, une tenue déjantée par là, une tentative d'incruste sur le tapis rouge, des moments digne de Vidéo Gag ... Cannes ne se prend pas au sérieux, malgré l'image un peu intello qui colle à la peau du festival, tout le monde se lâche.

MAI-2013-0084.JPGChoses vues pendant le Festival de Cannes lors de ma journée de Dimanche: des hommes et des femmes en zombie, une Ford Gran Torino, Corvette, Lamborghini ou Ferrari, un groupe de méditation, des sculpteurs, des musiciens, des sosies de Brad Pitt ou de Robin Williams accoutré version Madame Doubtfire, des réalisateurs en herbe, un Bobbies qui promène des petits cochons, une miss élégance...

MAI-2013-6830.JPG...des apprenties-starlettes en robe du soir et bimbos "m'as-tu vue", vêtues très court et perchées très haut sur talons aiguilles dans l'espoir de se faire remarquer par d'éventuels casteurs, des princesses, des chevaux de la police municipale dont on protège les oreilles (la classe !), du cinéma à la plage, des farfelues ridicules avec plus ou moins mauvais gouts ... enfin bref , c'est la cours des miracles version festival de Cannes.... Et moi,  j'adore ça !

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  Non non les filles ! je suis un garçon timide, je ne viens pas avec vous ...

 

  Chaque jour, des stars du monde entier foulent les 24 marches du tapis rouge pour se rendre dans la salle de projection et voir les films. Mais savez-vous d’où vient cette tradition et connaissez-vous les anecdotes qui ont marqué l’histoire de ce tapis rouge ?

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tu ne veux pas faire un tour avec ma 2cv camionette ? l'arriere est bien emménagé, tu sais 


 La première édition du Festival de Cannes date de 1946, comme la montée des marches. Quant à l’histoire du tapis rouge, elle remonterait à l’Antiquité. Il semblerait que ce tapis et cette couleur étaient réservés aux dieux ! Aujourd’hui, on déroule le tapis rouge pour accueillir une célébrité ou un personnage important. À Cannes, le tapis rouge a aussi sa petite histoire.

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200 m2 de moquette rouge, soit  22 rouleaux servent à tapisser les marches du Palais des festivals. Et pour qu’il soit toujours impeccable, une équipe appelée « staff » est chargée de le changer après chaque séance de film, soit deux à trois fois par jour ! Pour ce qui est des anecdotes sur le festival de Cannes, je vous en parlerai dans mon prochain article. Il y aura celles qui sont propre au festival, et il y aura les miennes….

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Bon Dieu ! mon jardinier a encore changé de voiture et de filles !

 

                                    DIAPORAMA DU FESTIVAL


  
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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 18:26

avril2013-6463.JPG L’exigence et l’attention attachées à la production et à la transformation de la rose de mai se comprend facilement quand on sait que cinq tonnes de fleurs sont nécessaires pour obtenir un seul kilo d’essence. La récolte de  la rose de Mai est groupée sur une vingtaine de jours, de mi-mai à mi-juin; il n’y a pas de seconde récolte. La fleur est cueillie demi-épanouie, tôt le matin et tard le soir. La cueilleuse casse la fleur sous le calice et la dépose dans un sac attaché à la ceinture. La cueilleuse peut ainsi cueillir de 10 à 20 kg de fleurs par jour. Les fleurs cueillies, souvent couvertes de rosée, sont étalées en mince couche à l’ombre et doivent être acheminées dans les 12 heures vers l’usine.

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Une matière première appelée « la reine de la matière luxe rare », et que l’on serait bien tenté d’appeler de l’or rose. Sa valeur est d’autant plus importante que la base naturelle de la rose de mai n’est pas reproductible en laboratoire grâce au procédé de synthèse. En effet, l’huile de la rose centifolia de Grasse est constituée de plus de trois cent constituants moléculaires, certains n’étant pas identifiables. On retrouve de l’absolue de cette rose unique dans des parfums comme Mitsouko, Dior, Chanel N°5 ou Shalimar de Guerlain.

avril2013-0151.JPGVoici déjà plus d’un millénaire que la ville existe. On dit que l'origine de son nom viendrait de "podium grassum" qui subsiste de nos jours dans le nom du "grand Puy", le rocher sur lequel la ville ancienne fut construite. Cette possession qui appartenait au seigneur Rodoard, vers le Xe siècle, obtint son indépendance. Au début du XIIe siècle, elle devient une commune libre administrée par des consuls comme à Nice.

avril2013-0024.JPGL'évêque d'Antibes y fixe son évêché vers le XIIIe siècle. La ville de Grasse est alors très puissante et son importance lui permet de traiter d'égal à égal avec Gênes, alors un des ports les plus important de la Méditerranée, ce qui n'est pas rien. La ville est située au carrefour des chemins des Alpes à la mer et de celui de l’Italie qui passe par Nice.

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Après la Grande Guerre, l'Italie est le seul pays à avoir une population accrue. Au cours de la guerre de 1914-1918, un grand nombre d'habitants du pays de Grasse tombèrent aux champs d'honneur, affaiblissant considérablement le potentiel agricole de la région. Il fut donc fait appel à une main d'œuvre italienne, soit en provenance du haut Piémont, soit d'Ombrie, soit d'autres Provinces italiennes.

avril2013-0266.JPGPlus de mille ressortissants italiens ont conservé la nationalité italienne et habitent aujourd'hui Grasse, sans compter bien sûr les très nombreux Grassoises et Grassois d'origine italienne dont l'apport a été particulièrement important et positif pour la cité. De toutes les régions italiennes, le Piémont est la plus fortement représentée. A la fin du XIXème siècle, la population italienne est au 3/4 piémontaise. Cette région a bénéficié d'une position géographique voisine du Comté de Nice, d'une similitude de mœurs, de langue, de climat.

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L'Amiral Comte de Grasse heros de l'indépendance americaine 

 

La région Grassoise et Niçoise sont d'ailleurs historiquement Italiennes par leur culture. Mais, l'Italie n'est pas le seul centre de recrutement de la main d'œuvre pour la cueillette. En Pays niçois, les villages montagnards des Alpes-Maritimes et les villes (Grasse, Cannes, Cagnes, Nice, Antibes...) fournissaient également des cueilleuses. Les habitants se rendaient tous les ans dans les exploitations et y restaient le temps de la cueillette.

avril2013-6475.JPGLa cueillette des fleurs est faite par des femmes et des jeunes gens de tout âge. Soso, sa mère et sa grand mère ont toutes trois cueillies les fleurs étant jeune. Les femmes étaient aidées par leurs enfants qui ne rentraient alors en classe qu'au mois d'octobre. Les cueilleuses de fleurs peuvent avoir plusieurs statuts. Premièrement, elles peuvent être l'épouse ou la fille d'un propriétaire de champs de fleurs, d'un fermier, d'un métayer ou être des cueilleuses saisonnières.

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Dans la première moitié du XXème siècle, les champs de fleurs s'étendaient à perte de vue. A cette époque, les cueilleuses de la ville allaient par groupes le matin dans les différents quartiers producteurs. Chaque groupe avait son lieu de réunion, puis, chemin faisant, on appelait les autres cueilleuses. Le cri des cueilleuses s'appelant de bon matin pour partir ensemble, animait les vieilles rues de Grasse: "Anèn" disaient les Provençales et "Andiamo" les italiens.

avril2013-6462.JPGPour faire la cueillette des fleurs, il n'y a pas d'apprentissage, de formation. On ne passait pas de contrat de travail, on s'engageait oralement à faire la cueillette des fleurs. "C'était un engagement oral, verbal. Vous venez à la fleur ? Oui ". " Le jour où on était fatigué, on ne venait pas. On ne nous disait rien. On n'était pas enchaîné, on y allait ou on n'y allait pas".

avril2013-6450.JPGSelon la fleur, la technique de la cueillette est différente. La cueillette du jasmin s'effectue avec beaucoup de précaution à cause de sa grande fragilité. Les fleurs cueillies sont placées dans un panier attaché à la taille par une ficelle. Le panier peut contenir un kilo. Quand le panier est plein, on vide le contenu dans une grande corbeille placée à l'ombre et recouverte d'un torchon humide pour éviter le dessèchement des fleurs. Chaque cueilleuse avait son panier et sa corbeille.

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Une cueilleuse expérimentée parvient à en prendre 25 dans chaque main avant de les vider dans son panier. Cela demande une souplesse des doigts qui ne s'acquiert qu'avec l'habitude. Parfois les femmes mettaient les fleurs dans leur tablier dont elles remontaient les bords pour les fixer à la taille et en faire ainsi une poche. Cette poche pleine de fleurs leur faisait une grossesse de fleurs. On prenait les fleurs blanches une à une en travaillant des deux mains. Lorsque les fleurs étaient mouillées, on les étendait sur des draps posés par terre, chacune avait son drap pour les sécher au soleil. C'est que les fleurs séchées étaient payées plus par les parfumeurs que les fleurs mouillées.

avril2013-0142.JPGA la fin de la journée, le producteur pèse les corbeilles des cueilleuses et note le poids dans un carnet. Chaque cueilleuse avait son carnet où figuraient le nombre de kilos ramassés et le salaire obtenu. Lorsque des familles entières venaient, on comptait une seule corbeille et un seul carnet pour tous les membres de la famille. La saison de la récolte terminée, le producteur calcule le poids total de jasmin cueilli pour chaque cueilleuse et paie cette dernière. A la fin de chaque journée, le producteur livre ses fleurs à l'usine car elles doivent être traitées sitôt cueillies. Il porte ses fleurs soit directement aux usines comme c'est le cas pour les producteurs de Grasse.

avril2013-6303.JPGPour la rose, la cueillette se rapproche de celle du jasmin. "Les roses n'emplissaient pas l'air de leur odeur de la même manière que les fleurs d'orangers. On se penchait sur elles, on les écoutait, elles parlaient et leurs paroles étaient du parfum. Le souci des cueilleuses est d'éviter les épines, cela donne à leur physionomie un air sérieux. Les cueilleuses relevaient à leur ceinture les coins de leur tablier pour faire une poche.

avril2013-6445.JPGLa tenue traditionnelle de la cueilleuse était le panier d'osier carré attaché à la taille, les bas blancs pour éviter les piqûres d'insectes et le chapeau retenu par une épingle plantée dans le chignon. On portait des bottines. Le procédé de ramassage des fleurs n'a pas changé au fil des ans. La cueillette s'effectue toujours uniquement à la main."C'est qu'aucune machine n'a pour l'instant réussi à soustraire au plant sans l'abîmer, les pétales veloutées du jasmin", de la rose et de la fleur d'oranger. La propriété très morcelée et la culture en terrasses rendent difficile l'adaptation de procédés modernes.

avril2013-6335.JPGLa cueillette du jasmin s'effectue toujours selon la même technique. La position des cueilleuses est la même, courbée en deux. Elles portent le même panier d'osier retenu à la taille par une ficelle où elles mettent leurs fleurs cueillies. Une fois leur panier plein, elles versent le contenu dans une grande corbeille qu'elles laissent à l'ombre d'un arbre. Elles couvrent leurs fleurs d'un chiffon humide pour empêcher leur dessèchement.

avril2013-6389.JPGDe même, après la cueillette, les propriétaires pèsent les corbeilles et inscrivent leur poids dans un cahier. On utilise toujours la balance romaine. La cueillette de la rose se fait dans les mêmes conditions qu'autrefois mais les cueilleuses portent parfois des gants pour éviter la piqûre des épines. Les roses cueillies se mettent toujours dans le tablier dont on a relevé les bords pour faire une poche. On pèse ensuite les fleurs et le courtier vient les chercher pour les porter à l'usine.

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La cueilleuse n'a pas de feuille de salaire et est rémunérée comme avant, au nombre de kilo. C'est une activité particulièrement douloureuse pour le dos. Il faut rester de longues heures courbé car les plants de jasmin sont très bas et l'on doit écarter précautionneusement les tiges pour atteindre les fleurs cachées. Les femmes devaient "cueillir sous un soleil de plomb". Elles portaient pour se protéger et éviter les coups de chaleur, de larges chapeaux qui leur couvraient pratiquement tout le visage. Pour éviter de brunir, elles s'habillaient avec des vêtements longs qui cachaient leur corps des rayons brûlants du soleil.

avril2013-6346.JPGLa pluie elle-même n'arrêtait pas la cueillette. Quand il pleuvait, on se mettait un sac sur le dos car il fallait ramasser quand même. On se mettait pied nu et on pataugeait alors dans la gadoue. En pleine floraison, il fallait la nuit guetter le ciel et, appeler dès qu'on voyait des nuages, pour prélever la fleur avant que la lourde eau d'orage ne l'atterre. On cueille au clair de lanternes pendues aux espalières.

avril2013-6479.JPGLes femmes qui ont cueilli les fleurs gardent la nostalgie de cette époque. Avant, tout le monde allait à la fleur; on ne disait pas, on va au jasmin ou à la rose, mais, on va à la fleur. Partout, on trouvait des champs de fleurs. C'était quelque chose. Aujourd'hui, on a un peu la nostalgie de cette époque, il faut le reconnaître. La récolte du jasmin, de la rose, de la violette ou de la fleur d'oranger, c'était une merveille. Il y en avait de Grasse à Mouans-Sartoux, les terrains se touchaient, ce n'étaient qu'un immense champ. On passait à côté et ça vous embaumait pour toute la journée.

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                          DIAPORAMA D'EXPO ROSE GRASSE


  
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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 07:48

avril2013-6305.JPG Edith Piaf et Grasse, c'est toute une histoire d’amour. Pour finir ses jours, elle choisit le calme, la beauté et la richesse du Pays Grassois sur les collines du hameau de Plascassier. Cette année le salon exposition de la rose a souhaité, en cette 50e année de sa disparition, que la ville lui rende hommage, pour la faire revivre quelques instants, telle une rose, avec toute sa force et sa fragilité. Grasse, a mis à l’honneur pendant 5 jours, la chanteuse la plus renommée dans le monde aux côté de la reine des fleurs.

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Grasse est une petite ville des Alpes Maritimes, construite sur un éperon rocheux à 350 mètres d'altitude. Le soleil y a des caresses plus douces qu'en aucun pli de la corniche, à ses pieds scintille le saphir de la mer. L'air y est dépouillé des acuités salines de la plage, le mistral expire avant d'y atteindre. Grasse se cache dans un nid de fleurs et de collines.

avril2013-6313.JPGLes floraisons successives colorent le paysage et parfument l'air. Tout dans ce lieu, chante l'idylle, et dans cette atmosphère embaumée, tout y est léger, délicat comme des "Watteau ou des Fragonard". Grasse est la seule ville au monde où le mot usine soit poétique. Ici les usines s'appellent "Parfumerie" et culture florale. Remontons le temps un instant pour comprendre l'histoire de cette ville qui est la moins visité de la Cote d'Azur, car ville ouvrière, qui ne c'est pas imposée ni par les strass et ni par les paillettes mais par sa nature....

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Grasse tire sa richesse (fleurs, fruits, huile d'olive et une importante industrie de tannerie facilitée par le torrent de la Foux, et les peaux venant des Alpes) de sa position géographique et de son micro climat.  Le lent déclin de la tannerie est compensé par la naissance de la parfumerie, importée par un florentin de la cour de Marie de Médicis (la mode étant alors à parfumer les gants de peau). Cet artisanat se développe jusqu'à devenir une industrie très importante à la fin du XVIIIe siècle facilitée par le micro climat, les cultures florales alentours et l'expansion de la ville.

avril2013-0229.JPGUn parfum à l’odeur fugace est créé après une longue série d’opérations alchimiques. Les paysans transportaient leurs cuves de distillation dans les montagnes aux environs de Grasse, récoltaient les fleurs sauvages et extrayaient le parfum directement à ciel ouvert au moyen de chaudrons de cuivre et de vapeur d'eau, sur place grâce à une découverte du XVIème siècle qui révolutionna les techniques de production, l'alambic.

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Les Grassois, paysans parfumeurs pouvaient ainsi extraire le parfum des plantes, sous forme d'huiles. La découverte d’un moine italien fut également prépondérante ; il s'aperçut que les parfums sont solubles dans l'esprit de vin; il découvrit la conservation des parfums dans l'alcool. Dès cet instant la fabrication du parfum est simplifiée et les méthodes se modernisent à grande vitesse.

avril2013-0019-copie-1.JPGLa ville de Grasse accède ainsi au titre de capitale du parfum, puis de capitale mondiale, tant son renom est propagé de par le monde. Aujourd'hui, la technique de production par distillation s'est encore améliorée. Chaque maîtresse de maison connaît le secret d'une méthode déjà employée depuis des siècles pour obtenir un parfum, "l’enfleurage à froid ". Faites l’expérience de mettre dans votre frigo le poisson à côté du beurre, celui-ci froid gardera l’odeur du poisson.

avril2013-6361.JPGCe procédé particulièrement utilisé pour la jacinthe et le jasmin dont les parfums très délicats sont extraits par répétition du processus. Selon les fleurs, on emploie différents procédés naturels pour en capter l’odeur. La production de parfums, à l'aide de solvants comme l'alcool est aujourd'hui très appréciée et développée dans l'industrie de la parfumerie. Un échange répété dans le solvant, extrait des plantes par un procédé chimique le parfum. Plusieurs filtrations permettent d’obtenir une solution à forte concentration que l’on appelle « l’absolue ».

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  La fabrication de l'essence de rose ou de jasmin joue encore aujourd'hui un rôle important à Grasse. Une cueilleuse doit travailler plusieurs milliers d’heures pour ramasser une tonne de fleur et il faut près d’un million de fleurs cueillies à la main, pour faire 1 kg seulement d'essence de jasmin. C’est le prix de l’or en quelque sorte ! Un litre d’essence de rose peut coûter entre 10 000 € et 20 000 €. Un litre d'essence absolue permet de produire prés de 3.000 litres de parfum à très forte concentration.

avril2013-0085.JPGC’est à la fois peu et énorme. La ville de Grasse est devenue le principal centre mondial de la parfumerie avec un chiffre d'affaire de plusieurs milliards, elle emploie plus de 2500 personnes directement et prés de 10000 indirectement ainsi que des formations aux techniques de production modernes se déroulent dans ses Lycées et centres de formation. La ville est équipée pour former ses cadres de haut niveau.

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Outre les parfumeries que l'on peut visité toute l'année...on peut en saison visiter les champs de fleurs des environs. Les fleurs à parfum de la région Grassoise : elles sont la lavande, la tubéreuse, la fleur d’oranger, la jacinthe, la violette, le mimosa et bien sûr les principales, les plus connues, auxquelles la ville est vouée et rend en quelque sorte un culte : La Rose, le Jasmin.

avril2013-0077.JPGInutile de décrire la reine des fleurs, ses variétés sont des plus nombreuses. Au mois de Mai chaque année une manifestation d'importance lui est réservée : L’exposition internationale de la rose ou Grasse expo-rose. Avec plus de 30.000 roses sélectionnées, Grasse, Capitale des parfums, organise une manifestation grandiose en l’honneur de la reine des fleurs. Ce n'est pas un hasard si cette Fête se déroule en mai.

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En effet, la rose de mai ou " centifolia " très utilisée en parfumerie est récoltée en mai. La villa-musée Fragonard, présente à l’occasion une exposition rehaussée par des concerts, conférences, le thème de la reine des fleurs et fleur des reines. La première édition s’est déroulée en 1971, dans les jardins et les salons de la Villa Fragonard, ce musée consacré au peintre de la cour de Louis XV. Des bouquets artistement composés de fleurs multicolores enchantent notre vue et notre odorat. Un jury délibère avant l’ouverture pour choisir la plus belle rose.

avril2013-0184-copie-1.JPGPlus de 35 000 visiteurs visitent Expo Rose chaque année. Toute la ville vibre à l’unisson de la manifestation. La rose a pour notre ville une signification particulière. Il y a plus de 200 ans la mode était à parfumer les gants de peau avec de l’essence de rose, c’était les balbutiements d'une industrie aujourd'hui développée dans le monde entier qui a permis la renommée internationale de Grasse..

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Hormis la rose, la récolte des fleurs de Grasse sont principalement :

Le jasmin: la récolte commence mi-juillet et dure jusqu’à une date décidée par les parfumeurs ; car bien que fleurissant jusqu’aux premières gelées en janvier la fleur ne contient plus assez de parfum vers la fin octobre. Tous les jours ou tous les deux jours, on cueille la fleur éclose dès le lever du jour. Une bonne cueilleuse peut, délicatement, ramasser 400 à 500 grammes de fleurs à l’heure. Il en faut 8.000 pour un kilo. Les paniers se remplissent lentement, de 7h00 à 13h00, pour peser deux kilos, voire plus de trois chez les meilleures cueilleuses. La récolte, stockée à l’ombre en couche peu épaisse, est livrée à l’usine le jour même.

avril2013-6309.JPGLa tubéreuse: la floraison débute vers la fin juillet. La cueillette des fleurs en boutons entrouverts se fait tous les matins entre 6 et 10 heures et la livraison à la parfumerie s’effectue aussitôt. Seules une ou deux fleurs à la fois et par tige qui sont prêtes à la cueillette sur l’épi foral comportant 20 à 30 boutons s’épanouissant toujours en partant du bas. La récolte peut se poursuivre jusqu’à novembre, tous les trois à huit jours.

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La fleur d’oranger: La récolte a lieu en avril-mai. La veille, le sol est ratissé et on déroule des draps et des filets plastiques sous les arbres. La cueillette se fait le matin, après la rosée ; on cueille soit les pétales en secouant l’arbre, les faisant ainsi tomber sur le filet, soit le bouton floral, en s’aidant d’une échelle, et en le déposant dans un panier ; on repasse tous les deux jours.

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                              DIAPORAMA DE L'EXPO


  
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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 17:10

avril2013-0293.JPG Rares sont les villages des Alpes Maritimes qui ne sont pas fortifiés et le Bar sur Loup n’échappe pas à la règle. Les habitants autrefois devaient se protéger des envahisseurs Lombards, Sarrazins, ne fussent même Français. Chaque pierre du village vous parle de ces temps troubles ou les remparts gardaient une improbable sécurité à l’intérieur de ses murs.

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Pour la fête des orangers en ce 1er Avril 2013, le temps maussade et couvert donne une atmosphère encore plus étrange à ce village qui n’en manque deja  pas …. Après le débarquement de Napoléon à Golfe Juan, votre serviteur bravera la pluie en moto pour un second week-end consécutif ! Il faut vraiment que je vous aime bien.  

avril2013-0133.JPGL'Histoire du Bar commence sur un piton rocheux, une garnison romaine s'y installe: on trouve sur les plateaux avoisinants des ruines de castellaras, bergeries, bories... signes d'une population nomade vivant d'élevage. Vers le Vème siècle, la population nomade devient sédentaire, on commence la culture dans le piémont (au pied des montagnes). Le plus ancien document connu portant la mention du village, le désigne sous le nom de Poncii Albarni : en 1078 dans le recueil des chartes de l'Abbaye de Lérins citant la charte de St Pons à Nice datée de 1004.

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Il est ensuite dénommé Castrum d’Albarno, le 3 avril 1235. Le nom d’Albarno vient de la racine prélatine ALB (hauteur) suivie du suffixe ARN (fortification). La désignation sous la forme Lou Barn, puis Le Bar, n’apparaît qu’au XVIème siècle. En parler local, les habitants se nomment toujours Lei Aubarnenc.  Les Seigneurs de Grasse se succèdent jusqu'à la Révolution Française, et en 1792, le Donjon, symbole de la puissance seigneuriale est rasé, le château pillé avant d'être réquisitionné par la Commune Révolutionnaire.

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Jumelé avec Yorktown-Poquoson (Virginie, USA), le village est célèbre, car il est le lieu de naissance de l’Amiral de Grasse qui par sa victoire sur les Anglais permit aux colons Américains de gagner leur indépendance. C’est ici aussi que Célestin Freinet instituteur de 1920 à 1928 commença à concevoir et à mettre en œuvre ses techniques pédagogiques.

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Ses vieilles rues où l’on ne circule qu’à pied, Le Bar sur Loup mérite une visite détaillée. Les maisons très anciennes, serrées les unes contre les autres autour du Château et de l’Eglise, forment un rempart toujours visible rue Estrabarry et rue du Cheiron. C’est en vous promenant au cœur du village que vous comprendrez que chaque pierre dégage l’atmosphère étrange des nombreuses légendes de la cité médiévale, dont l’une d’entre elle est représentée par un incroyable tableau (la danse macabre) dans l’église Saint Jacques le Majeur :

avril2013-0362.JPGAu XVe siècle, le château du Bar, centre de décision, était devenu le rendez-vous de toute la noblesse locale. Chaque occasion y était prétexte à fêtes et réceptions brillantes, où se distinguait le beau Bertrand de Grasse, seigneur du Bar, héritier des Princes d’Antibes, célibataire et jouisseur impénitent, passionné et autoritaire, aimant le luxe et les plaisirs de la vie.

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Nous étions en 1437, le Carême approchait. N’en ayant cure, le beau Bertrand préparait déjà une grande soirée célébrant à la fois les fêtes de ses jeunes et jolies cousines, Bernadette d’Agoult, Béatrice de Trans et Isabelle de Cabris (autre village au dessus de Grasse). Festoyer pour le Carême, pour le prieur du Bar, l’humiliation était à son comble ! Ce soir là, l’hôte du château du Bar se surpassa: les salles et les chambres décorées de superbes tentures, chauffées par leurs nombreuses cheminées, furent parfumées abondamment aux essences rares de roses, jasmin et violettes, les senteurs favorites des trois cousines, les trois fleurs reines du pays de Grasse.

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Après le bal où ses invités se déchaînèrent enivrés de gaieté et de bons vins, la nuit se poursuivit en jeux galants (inutile de vous faire un dessin). Une fois de plus, témoins impuissants de ces ébats nocturnes, les habitants du Bar et leur prieur, observant pieusement le jeûne, se signèrent plus d’une fois lorsque leur parvinrent du château les rumeurs de ces débordements. Comme d’habitude aux premières lueurs de l’aube, tout s’apaisa, et avec le silence retrouvé, chacun put s’endormir.

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Hélas, parmi les hôtes du château, certains comme frappés par une étrange malédiction, ne devaient plus se réveiller. L’atmosphère confinée des chambres surchauffées, avait entraînait trois d’entre eux dans un sommeil fatal. Parmi les victimes, la douce et tendre Béatrice de Trans. Fou de douleur le malheureux seigneur du Bar s’enfuit dans les Gorges du Loup pour y invoquer la protection de Saint Arnoux.

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Dans ce lieu sauvage, en signe de repentir, il fit édifier une chapelle à l’entrée de la grotte où avait vécu le saint ermite. Après cet épisode funeste, devenu un homme anéanti par le poids du chagrin et des regrets, Bertrand le taciturne, torturé à jamais par le souvenir de cette nuit de Carême, vécut solitaire, enfermé entre les murs vides et austères de son château.

avril2013-0304.JPGPour la fête des orangers, le lundi de Pâques, souvent on peut apercevoir dans les festivités qui nous sont proposées, quelques diables et diablesses, dansant au son des fifres, des accordéons ou des cornemuses, des tambours et des galoubets, cette fameuse danse macabre représentée en peinture dans l’église .

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Cette année encore les déambulations de rues de la compagnie Soukha et de la caravane des ménestrels nous ont proposé une musique médiévale festive et enivrante, faites de joyeux saltimbanques. Tout, ce qui aurait plu à notre beau Bertrand de Grasse, les jolies diablotines, très rebelles et diaboliques.

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Principalement nocturnes, elles ne cessent de jouer avec le feu. A l'affût de la moindre espièglerie, elles déambulent dans une parade des plus démoniaques. Les diablesses, sous un vacarme de percussions, avancent dans un rituel de danses tribales. A la tombée du jour, nos diablesses affrontent la nuit avec l'art des serpettes, le diabolo enflammé, balles luminescentes et artifices....

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Mais ne croyez pas qu’au Bar sur loup, seules les coquineries du Seigneur sont présentes ! Non non pas du tout, les villageois ont décidés de vous faire découvrir les métiers d’antan et sur la place vous aurez le privilège de croiser le médecin qui vous offrira la consultation du grand livre des remèdes.

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La cartomancienne diseuses de bonne aventure. Les torréfacteurs  qui font le café à l'ancienne, les vendeuses de primeurs, la fleuriste, les brodeuses de boutis, le facteur, les spécialistes de la confiture faite au feu de bois. Fraises, abricots, melons, cerises ... Tout dépend de la saison. Quand le temps n'est plus  à la confiture elle est remplacée par la soupe paysanne au feu de bois.

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On continue les métiers avec le videur de  Quèli ou Tinettes (pot de chambre). Il passait dans les rues  du village en criant bien fort pour signaler sa présence. Les habitants sortaient alors pots de chambre et seaux hygiéniques à la main pour les vider. La fileuse, un métier féminin par excellence et au Moyen-âge, toutes les femmes et jeunes filles savent filer.

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Le rémouleur, la personne qui aiguise les ustensiles coupants et tranchants des ménagères ou des commerçants, mais aussi dans le passé, les poignards et les épées des gentilshommes, sur une petite meule ambulante qu'il tourne avec ses pieds. Le cardeur, un ouvrier qui carde, c'est-à-dire qui démêle des fibres textiles et les peigne à l'aide d'une carde.

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Le maréchal-ferrant dont le métier consiste à ferrer les pieds des chevaux et autres équidés et à s'occuper de leur parage. Le ferrage des bovins de trait est aujourd'hui rarement pratiqué. Il existe environ 1600 maréchaux-ferrants en France. Métier vieux de plus de 3000 ans. On termine avec les lavandières et les bugadieres et bien sur avec Mr le curé et la bonne sœur. Un fête bien sympathique, dommage que pour ce 1er Avril, le printemps nous ai aussi posé un poisson !

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Vous en pensez quoi. Votre serviteur aurait il fait le jeûne ou aurait il participé à la fete  avec le seigneur ?

 

                             DIAPORAMA DE BAR SUR LOUP


  
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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 17:02

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Demo et préparation des confitures

 

En 1923, on estimait à 200 000 les orangers en production au Bar-sur-Loup, et à 2 500 tonnes la production de fleurs par année. Dynamique économique du village pendant longtemps, un oranger donnait environ 12 à 15 kg de fleurs, certains arbres pouvaient en fournir jusqu’à 30 kg. On disposait les draps sous les arbres et l’on montait aux échelles faire la cueillette des fleurs, une à une pour ne pas les endommager.

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Servez vous, c'est gratuit !


 Ensuite toutes les fleurs étaient regroupées, mises en sac pour être livrées par un courtier aux usines de parfumerie de Grasse, qui en distillaient deux produits: l’Essence de Néroli pour la parfumerie et l’eau de fleur d’oranger pour l’alimentation en pâtisserie. Aujourd’hui, les producteurs se comptent sur les doigts d’une seule main. Les principales utilisations actuelles sont la confiture d’oranges amères, et le vin d’oranges.

avril2013-0172.JPGSi la production n’est plus aussi importante qu’avant, reste que la qualité est exceptionnelle. L’oranger de Bar sur loup, c’est comme le citron à Menton, un fruit haut de gamme et les agrumiculteurs de la région se font un devoir de récolter le fruit du soleil et de le choyer. Cette année, ce sont tout de même une trentaine de récoltants qui participent aux divers concours (confiture, vin, pâtisserie).

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le panier des produits du terroir: Orange, Citron, Pamplemousse, Cedrat, Kumquat

 

Arracher les orangers ou reprendre le flambeau. Ange Pucci n'a pas hésité. Il a abandonné son métier dans le bâtiment pour s'occuper de la propriété familiale au Bar-sur-Loup. Il fabrique un vin aromatisé à l'écorce d'orange amère, de citron et même de mandarine. « C'est une boisson traditionnelle, les anciens lui attribuaient des vertus fortifiantes. On la consommait comme apéritif ou tout simplement additionnée d'eau fraîche pour se désaltérer que l’on mettait dans un cougourdons que l’on avait transformé en gourde. »

182.JPGTransmise de génération en génération, la recette connaît quelques variantes. Certains utilisent l'écorce, d'autres lui préfèrent le fruit entier, le tout mélangé à du vin doux, de l'alcool de fruit, sans oublier un bâton de vanille, de la cannelle et bien sûr du sucre. La vedette incontestée de ces vins d'agrumes reste la bigarade, une orange amère, venue des contrées lointaines de l'Asie du Sud-est, et qui s'est particulièrement bien acclimatée sur la Côte d'Azur et dans le Pays Grassois.

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Au Bar-sur-Loup, « cité des orangers », les terrasses pentues du village sont plantées de bigaradiers. Particulièrement apprécié des parfumeurs de Grasse, cet oranger avait conquis les reliefs et descendait jusqu'au golfe de Juan. Feuillage, fleurs, fruits, tout était mis à profit. Fin avril-début mai commençait la cueillette des fleurs. Une cueillette méticuleuse, fleur par fleur, qui mobilisait tout le monde dans le village et même au-delà.

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Servez vous dans le sabot, c'est gratuit.


 Face à l'ampleur de la tâche, les Italiennes des bourgs frontaliers de la Ligurie et du Piémont étaient en effet appelées à la rescousse. Femmes et enfants étaient à l'œuvre dès les premières heures du jour, aux hommes était réservée la manipulation des lourdes échelles, nécessaires pour atteindre les branches les plus hautes, difficilement accessibles. Recueillies sur des draps de jute disposés sous chaque arbre, les fleurs étaient ensuite transportées, de nuit, en charrette, vers les usines de Grasse (Mane, Robertet, Chiris, Charabot, Roure, Lombard, Méro et Boyveau).

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Tout l'art et la maniere de faire les coulanes pour le vin d'orange 

 

Là était fabriquée l'eau de fleur d'oranger et surtout le précieux néroli, essence recherchée par les parfumeurs. Il ne fallait pas moins de 1.000 kilos de fleurs pour un seul kilogramme de néroli, ainsi baptisé parce que la duchesse italienne de Baccione, princesse de Néroli, raffolait de l'odeur de l'oranger et adorait s'en parfumer.

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les etranges fruits du Cedratier   ...production Grassoise

 

La taille des branches intérieures (le brout) pour éclaircir le feuillage de l'arbre permettait aux parfumeurs de fabriquer par distillation l'essence de petits grains et l'eau de brout. Nés d'une seconde floraison, les fruits, cueillis verts en novembre, étaient vendus pour en faire de l'essence de bigarade. Enfin, l'écorce de bigarade était très prisée pour la fabrication de vins cuits et d'apéritifs, comme le Byrrh, le Quinquinas, l'Amer Picon... ou simplement pour une modeste consommation domestique.

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Jusqu'aux années 50, il n'y avait pas de machine pour peler les oranges, c'était un travail réservé aux femmes, qui d'un geste sûr faisaient tourner le fruit sur le couteau pour obtenir ce que l'on appelait les coulanes (colliers en nissart), une écorce d'un seul tenant qui coulait sur la main et que l'on faisait ensuite sécher. Dans les années 20, on estimait à quelque 200.000 le nombre d'orangers en production entre Vallauris et Bar-sur-Loup. La concurrence des pays du sud de l'Europe et du Maghreb, favorisés par une main-d’œuvre moins chère, ont fini par avoir raison des bigaradiers.

avril2013-0208.JPGSur le littoral, ils ont progressivement disparu sous les assauts répétés du béton. Dans l'arrière-pays, on les retrouve dans les jardins des villas et des résidences secondaires, mais les domaines agricoles d'autrefois ne sont plus que de minuscules parcelles.

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Avec ses 700 pieds d'agrumes, ses oliviers et ses figuiers, Ange Pucci fait partie des rares irréductibles qui refusent de baisser la garde. Il continue à cultiver et à soigner ses bigaradiers, comme l'a toujours fait son père, Georges, qui à quatre-vingt-douze ans veille sur ses arbres comme s'il s'agissait de la prunelle de ses yeux. Adeptes des méthodes naturelles, ils travaillent comme le faisaient les anciens.

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Des arbres encore chargés d'orangers


 « Sur les hauteurs du Bar-sur-Loup, nous avons du gel l'hiver. Un gel qui peut être fatal s'il est excessif, mais qui peut aussi être bénéfique car il permet d'éliminer, sans avoir à traiter les arbres, les parasites qui s'y installent durant l'été. » Voila aussi le pourquoi des raisons d’un fruit d’excellente qualité. D’Apéritifs à base d'agrumes, sirop de citron, confitures d'agrumes, eau de fleur d'oranger, Ange Pucci développe petit à petit une modeste production locale.

avril2013-0231.JPGAucun panneau ne signale son domaine sur la route de Vence, il préfère rester discret et confier la distribution de ses produits aux commerçants du village et de la Cote d’Azur. « Je fais tout moi-même, jusqu'à la conception des étiquettes. Cela demande du temps. » Un temps précieux qu'il enrage de devoir passer à monter des dossiers administratifs toujours plus complexes. « Il m'a fallu 14 mois pour obtenir l'autorisation de vendre mes apéritifs à base d'agrumes. Et cela fait près d'un an que j'essaie de monter un laboratoire pour la fabrication de confitures. »

avril2013-0318.JPGPourtant les produits du Bar-sur-Loup ont déjà franchi les frontières. Des boutiques les distribuent en Allemagne, en Italie et en Suisse. Un succès dû au simple bouche-à-oreille. Le village perché qui domine la vallée du Loup a séduit bien des citoyens allemands, Italiens et suisses. Amoureux du terroir, ils apprécient aussi la qualité de ses produits et sa chaleureuse hospitalité, qu'ils font partager à leurs concitoyens en leur faisant connaître ce vin d'agrumes que bien des Azuréens ont depuis longtemps oublié, tout cela à cause aussi d’une administration qui continue d’interdire plutôt que de construire.

avril2013-0405.JPGDans le prochain épisode, je vous ferais découvrir le village et les animations de la 19e fête de l’oranger 2013 et surtout l'etrange histoire de la danse macabre et du beau Bertand de Grasse.

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                   DIAPORAMA DE LA FETE DE L'ORANGER


 
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 17:10

photos-2013-0050-copie-1.JPG Lorsqu'Henri Matisse découvre Nice à 48 ans, il vit cette rencontre comme une révélation. La lumière du ciel, les reflets de la Méditerranée trouvent chez le maitre de la couleur une résonnance telle, que le peintre honorera la Cote d'Azur d'une fidélité et d'une passion indéfectibles. Durant les presque 40 années qu'il partage avec la région niçoise, l'artiste y puise l'inspiration qui traverse une œuvre d'une immense sensibilité dédiée au sens et au beau ...

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Avant d'aller se délecter d'un très bon repas gastronomique à la villa restaurant "les bacchanales", il est de bon gout de se promener dans les ruelles médiévales de Vence, la vision de ce village merveilleux est tout aussi importante que les saveurs de la cuisine du soleil. Vence à l'instar de Saint Paul est un village d'artistes qui respire l'innovation artistique et l'élégance architecturale. Matisse ne disait il pas: "Quand j'ai compris que chaque matin, je reverrais cette lumière, je ne pouvais croire à mon bonheur".

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Notre dame de la nativité. Vence le village aux 70 éveques.


 Le problème en hiver sur la Cote d’Azur, ce n’est pas le manque de lumière, pour cela, il n’y a aucun souci. Non ! Ce serait plutôt les travaux publics commandés par les municipalités et qui empêchent parfois de réaliser de bons clichés sans voir une grue, un tractopelle, ou des tranchées. Bon ! Je comprends aussi que l’on profite de la saison calme et de l’hiver doux pour faire ces grandes manœuvres….

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De son passé ligure, Vence a conservé le souvenir visible des vestiges d’un arc de triomphe romain, la Tour qui domine la cité médiévale, érigée au 12e siècle, le Château de Villeneuve datant du 17e siècle, les nombreuses portes et ouvrages d’architecture... Des merveilles qui se cachent et se révèlent au gré des rues étroites. Pour tout cela, Vence n'a rien à envié à sa cité jumelle internationalement connue Saint Paul de Vence, fleuron de la Côte d'Azur riche de son cadre exceptionnel et de son patrimoine culturel. Les touristes qui viendront dans ce coin de paradis feront coup double avec les deux cités. Art et gastronomie sont à égalités.

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la chapelle des pénitents blancs


 En juin 1943, Nice est menacée par les bombardements, Henri Matisse s’installe à Vence, à la Villa « Le Rêve ». Depuis sa chambre du premier étage, Matisse y trouve la lumière, la nature et les conditions qui inspireront quelques unes de ses plus belles œuvres. C’est depuis la Villa située à quelques pas de la Chapelle du Rosaire, que Matisse réalisera des œuvres majeures dont la célèbre « Nature Morte aux grenades » ou encore « Nature Morte devant fenêtre au Palmier ».

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Matisse appréciait sa terrasse fleurie, son jardin aux essences méditerranéennes qui inspireront également son œuvre, et l’exceptionnelle vue sur la Cité Historique de Vence. Juste à coté de la villa se trouve "La Chapelle du Rosaire", chef d’œuvre conçu par le Maitre, un monument d’art sacré unique au monde. De 1948 à 1951, Matisse élabore les plans de l’édifice et tous les détails de sa décoration: vitraux, céramiques, stalles, bénitiers, objets du culte, ornements sacerdotaux...

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  Pour la première fois, un peintre réalise un monument dans sa totalité, de l’architecture au mobilier et aux vitraux.  Installé à Vence Matisse, malade, engage une jeune infirmière, Monique Bourgeois qu’il qualifie de « magnifique personne » et dont il apprécia beaucoup le dévouement. Elle devient sa confidente et son modèle (l’Idole, La Robe verte et les Oranges), elle aime dessiner et s’intéresse au travail de Matisse.

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La Maison de Matisse et son oranger toujours aussi chargé en fruit


 Pourtant, c’est une autre vocation qui l’appelle, en 1946, cette jeune femme entre dans les ordres de Saint Dominique et devient Sœur Jacques-Marie. Devenue sœur soignante, elle continue à prodiguer des soins au peintre. En août 1947, Sœur Jacques-Marie confie à Matisse son désir de voir décorer l’oratoire aménagé par les religieuses dans une pièce de leur couvent.

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la maison de congregation des bonnes soeurs


 Je n'ai malheureusement pas pu visiter la chapelle du rosaire, étant fermé pour restauration, tout comme la villa de Matisse qui est en pleine rénovation et réhabilitation par la mairie de Vence. Avec Soso, nous nous rendons dans la villa voisine à celle de Matisse, occupé par le chef étoilé Christophe dufau. Aujourd’hui cette grande  villa renait de ses cendres sous la louche inspirée de l’enfant du pays.

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(photo de la chapelle prise sur internet) 

Jeune passionné de gastronomie notre apprenti cuisinier part découvrir les saveurs dans des pays  à l'opposé de sa Provence natale. De Londres au Danemark, de Los Angeles à Kuala Lumpur notre futur chef veut parfaire sa connaissance. De retour en France pour effectuer son  service militaire, il est affecté au service du Ministre de la Francophonie, Alain Decaux. À l’issue de cette période extrêmement enrichissante, sorte de formation de troisième cycle sous les ors de la République, il rejoint l’équipe de Bernard Loiseau à "La Côte d’Or" le célèbre 3 étoiles Michelin de Saulieu.

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restaurant les Bacchanales


 En l’an 2000, il revient à ses premières amours provençales, s’installe à Tourrettes-sur-Loup (Alpes-Maritimes), s’associe et ouvre l’Auberge de Tourrettes. Cette même année, il remporte le prix de la Cuisine Provençale à Sainte Maxime et sa cuisine est honorée d’un 15/20 au Gault et Millau. L’association ne lui permet cependant pas d’exprimer son potentiel et il ouvre seul son propre restaurant, à un jet de pierre, en 2005 : « les Bacchanales ». En l’honneur de ces fêtes religieuses célébrées dans l’Antiquité, dédiées à Dionysos-Bacchus, dieu du vin, de l’ivresse et des débordements orgiaques et dont notre carnaval actuel est l’héritage direct.

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Il y propose selon le marché et l’inspiration un choix de 7 plats. La plupart des guides le répertorient, le Guide Gantié célèbre même « l’une des tables les plus enthousiastes de la région », le Gault et Millau le gratifie d’un 14/20 et, après une année à la rubrique « espoir », le millésime 2008 du Guide Michelin vient d’attribuer sa première étoile. Le restaurant est un enchantement à l'art auquel Matisse aurait apprécié à sa juste valeur.

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Brandade de merlu et poulpe, carotte, topinambour et cumin


 L’espace a été confié à Christelle Chassin, architecte d’intérieur qui a étudié les Arts et le design à Los Angeles et a perfectionné son style à Rome. Christophe souhaitait une décoration légère, qui offre un rendu quelque peu féérique. Spécialiste de la restructuration, de la récupération et de l’agencement personnalisé, elle a donc conçu pour l’entrée un étonnant bar en forme de cuillère qui accueille un bac à champagne intégré. Un haut luminaire en verre soufflé de Biot le surplombe, constitué d’autant de boules qui évoquent les bulles pétillantes d’une mise en appétit au lyrisme gourmand.

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  Fromage frais de chèvre des Courmettes enfumé, confiture de noisette et ses noisettes confites

 

 

  La compagne de Christophe, Esty Grossman, canadienne et artiste en bijoux contemporains, a elle même contribué au choix des objets et de la décoration. Elle qui vit intensément sa passion pour la mer et les métaux précieux, trouve entre l’eau et le métal des parallèles déconcertants et en dessine de petits chefs-d’œuvre d’orfèvrerie. Les porte-menus sont nés de son imagination. Joliment baptisés «Les bouchées d’amour», ils sont martelés de petites fourchettes et cuillères en cuivre patinés de rouge.

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Canard de rizières camarguaises, charbon de légume, poire et violette de Tourrettes


 Ses assiettes en cristal taillées à la main s’enluminent d’impressions  de  champs de fleurs ou de libellules tandis que sa collection de «Banderillas», brochettes en argent massif, sont autant de pièces uniques, évoquant graine ou fleur séchée. Autour de chacun des pics s’enroule en ondulant une plante grimpante, tel un cep de vigne. L’accueil est assuré par la nouvelle chef de restaurant, Sophie Dehouck, ancienne du Moulin de Mougins, et de l’Hôtel Négresco.

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Brocoletti, truffe noire et mimosa et Vin blanc Corse Domaine Abbatucci

 

 

  La convivialité qui a fait le succès de la maison demeure inchangée. Le chef énumère lui-même menus et explications ainsi que la première prise de commande. Le carrelage est le même que celui du métro parisien, agrémenté d’une mosaïque murale, libre interprétation des «algues» de Matisse par Caroline Daugreilh. Ce motif, repris de l’arbre de vie du peintre qui orne la chapelle éponyme proche, est un hommage appuyé à l’œuvre de ce talentueux voisin.

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Chocolat noir, orange et safran avec ses chips  et sa soupe de topinambour

  Vous avez compris qu'en venant festoyer dans ce "petit" restaurant, vous faites coup double ! Le bonheur de l'art et de la gastronomie, est une adition pour la Saint Valentin tout à fait raisonnable !

photos-2013-0135.JPG                             DIAPORAMA DE LA BALADE


  
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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 06:23

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des névés de neige sur les montagnes Mentonnaises

 

Le soir de la deuxième animation qui évolue, appelé “corso”, les Mentonnais se livraient au divertissement traditionnel des “Moucouleti” ou “Moccoletti”, petites bougies que chacun tenait à la main. Le jeu consistait à garder la sienne allumée, mais à souffler celle du voisin ou de la voisine ! Un jeu prétexte à des rencontres amoureuses.

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Menton est la ville la plus chaude de France au climat sub tropical


 "Il s’agissait de tenter avec beaucoup de dextérité pour le jeune homme d’éteindre la bougie de la jeune femme, tenant, elle, au-dessus de sa tête, son calumet allumé. Quand le jeune homme avait réussi cet exploit, il pouvait rallumer la mèche noircie et recevoir un baiser en remerciement."

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Le citron de Menton rapporté du paradis par Adam & Eve


 En 1929, Menton est encore le premier producteur de citron du continent. Un hôtelier a l’idée d’organiser une exposition de fleurs et d’agrumes dans les jardins de l’Hôtel Riviera. Le succès est tel que l’année suivante, la fête descend dans la rue : des chariots d’arbustes plantés d’oranges et de citrons évoluent avec de charmantes Mentonnaises. La municipalité, désireuse de développer le tourisme, cherche à donner au défilé une couleur typiquement locale.

photos-2013-0016-copie-1.JPGDeux ans plus tard, est lancée la première exposition d’agrumes et de fleurs dans les jardins Biovès.  Le nombre de citrons et oranges des sculptures du jardin Biovès pour l'édition 2013 est de 120 tonnes d’agrumes, 30 tonnes pour les chars, 10 tonnes pour les changements de fruits abîmés. 1000 000 d'élastiques sont utilisées, 85m3 de buis tressés et il faut 30 kilos de fruits pour recouvrir 1m2.

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le citron de Menton un fruit parfait !

 

Environ 10 personnes (Services Techniques, Parcs et Jardins, Ateliers et le Pôle Événementiel de L'Office de Tourisme) suivent le dossier tout au long de l’année. L’échéance approchant, ce sont plus de 300 agents qui sont mobilisés. Près de 2 000 enfants participent au carnaval des enfants. Dix neuf jours de fête et environ 450 000 visiteurs. Dix chars et onze structures dans les Jardins Biovès. Plus de 20 000 heures de travail des équipes pour mettre en place la Fête. Un travail de titan !

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  Les agrumiculteurs locaux participent à la Fête du Citron également. Passionnés de la terre, ils ont choisi de s’investir pour la tradition et la préservation de la richesse du pays. Ils ne vous expliqueront pas avec des palabres ce goût qui distingue le citron de Menton, bien plus subtil que les autres, ils vous répondront simplement : « Goûtez-le ! »

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Oranges améres et oranges douces de Menton


 Mr Toscani fait partie de la quinzaine d’agrumiculteurs locaux qui produit environ 150 tonnes chaque année. Il fait tout pour que ses citronniers, un héritage familial depuis au moins 8 générations, soient préservés et retransmis à leurs tours. Sur son terrain de 3 hectares, il cultive encore 350 agrumes dont 150 citronniers. Il produit ainsi entre 10 et 15 tonnes de citrons par an à la sueur de son front.

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  limoncello et liqueur de mandarine de Menton


 Chaque samedi, son épouse les vend au marché de Menton à la fois à une clientèle mentonnaise et transalpine, mais aussi à des touristes aux origines britanniques et germaniques, à de grands chefs étoilés. Il ne s’agit pas tellement d’un commerce mais d’un amour de la terre et de son patrimoine. Mr Toscani vous répètera de ne pas oublier le travail des ancêtres, de faire perdurer la tradition car elle nous échappe trop vite.

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le fruit du cedratier dans la plantation


 Le respect de son héritage le pousse chaque jour à travailler du lever au coucher du soleil pour voir fleurir sur ses arbres le fruit de ses efforts. Sur les sentiers de sa propriété, l’authenticité se respire à pleins poumons. Pieds nus, il foule la terre de ses ancêtres comme pour mieux ne pas oublier ses racines. Son terrain en pente raide, fait de restanques, est parsemé de puits et de réserves d’eau.

photos-2013-0149.JPGL’été, il passe la moitié de sa journée à arroser toutes ses plantations à la main, avec son tuyau raccordé à l’eau des puits. Ce terrain est placé exactement dans la zone de culture du citron de Menton : entre 100 et 500 mètres d’altitude. 100 mètres plus haut, la neige qui tombe souvent l’hiver ravagerait ses cultures. Là est la clé du citron de Menton.

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  C'est le caviar de Menton ! Le monde de la gastronomie et de l’épicerie fine ne tarit pas d’éloges sur les atouts du citron de Menton. Chaque produit est choisi pour sa saveur, sa différence, son authenticité et pour ce qu’il va révéler aux papilles. Le citron de Menton fait partie des références à avoir…

photos-2013-0301.JPGIls sont nombreux à l’utiliser en cuisine les qualités gustatives du Citron de Menton: Ducasse, Robuchon, Bocuse, Garrault, Christian Moine, Roger Verger, les frères Troisgros, Philippe Givre chez Fauchon et aussi le Ritz, l’hôtel Meurisse, Ledoyen, les Crayères à Reims, etc.... Mais de tous seul Mauro Colagreco peut s'enorgueillir de cueillir lui-même ses citrons, dans son jardin, avant de sublimer leurs saveurs dans ses plats.

photos-2013-4176.JPGQuatre variétés de citronnier sont cultivées sur Menton : les "Bignettes" (begnet) qui produisent des fruits à peau lisse et fine, très juteux ; les "Sériesqués" à peau épaisse et lisse et qui contiennent moins de jus que les Bignettes ; les "Bullotins" les fruits sont plus gros, leur peau est très épaisse et raboteuse et ont peu de jus.  Egalement les cédrats à confire...

photos-2013-4193.JPGLe citron est produit depuis le XVème siècle à Menton. Au XVIIIème, l’agrumiculture est la première activité économique de Menton : en 1860, la production d’agrumes (citrons et oranges) était de 2,8 millions de quintaux de fruits et 35 millions de citrons étaient alors vendus à l'export chaque année, principalement vers l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie et même l’Amérique du Nord.

photos-2013-0312.JPGLe commerce florissait sur toute l’Europe, et de nombreuses villes reçoivent des citrons de Menton : Hambourg, Amsterdam, Dantzig, Varsovie, Saint Petersburg. A cette période en parallèle de la réglementation des exportations est créée un organisme chargé de veiller à l'état sanitaire des fruits est institué le "Magistrat des Citrons", une instance composée de 18 membres nommés chaque année par le Prince de Monaco* et chargée de veiller à la cueillette ainsi qu’au commerce des agrumes.

photos-2013-0293.JPGLes citrons étaient vendus en bloc à un acheteur, après enchères devant le Grand Conseil. L’acheteur versait le prix des citrons cueillis aux conseillers délégués qui payaient les propriétaires chez qui les fruits avaient été ramassés. Au XVIIIème siècle, le citron de Menton fut utilisé comme remède contre le scorbut qui décimait les équipages des bateaux.

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Le docteur James Lindt de la Royal Navy, découvrit que le citron de Menton permettait de mieux combattre la maladie, voire de l’enrayer. Les femmes s’en servaient comme produit de beauté afin d’obtenir un teint pâle et de jolies lèvres vermeilles.

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Le citron de Menton a trouver sa Reine l'Orchidée, un salon lui est dédié pendant la fete.


 En plus de ses qualités gustatives et culinaires, le citron de Menton offre une mine d’éléments indispensables à la santé ainsi qu’à l’équilibre biologique. Le jus acide assure le maintien et l’accroissement de la réserve alcaline garante du ralentissement de la sénescence. Sa vitamine C accroît les défenses de l’organisme ; maîtrise le scorbut, redonne du tonus, combat les maladies infectieuses, en application locale sur les morsures, les piqûres et sur certains troubles cutanés. Le citron de Menton peut être considéré comme un aliment-médicament précieux.

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*Et oui, ici on n'est pas en italie, encore moins à Nice. Le passé de la cité a bien été lié à la principauté de Monaco, mais Menton s'en est émancipée. Le Mentounasc est donc proche du Monegasque et non du Nissart. Pour repondre à l'appellation citron de Menton seule 5 communes des Alpes Martimes ont droit à l'appellation: Menton, Roquebrune Cap Martin, Sainte Agnés, Castellar et Gorbio.

                             DIAPORAMA DE MENTON


  
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 19:12

photos-2013-0314.JPG Londres, 2 octobre 1872 : Phileas Fogg, gentleman anglais, curieux, à la fois ponctuel et méticuleux, se rend comme tous les jours au Reform Club. En feuilletant le Morning-Chronicle, il apprend qu’il est possible d’accomplir le tour du monde en 80 jours, avec l’ouverture d’une nouvelle section de chemin de fer en Inde...

photos-2013-0282.JPGUne vive discussion s’engage et il parie 20 000 livres avec les membres de son club qu’il parviendra à boucler le tour de la terre en 80 jours : "Un anglais ne plaisante jamais quand il s’agit d’une chose aussi importante qu’un pari"... "Donc, ajouta-t-il en consultant un calendrier de poche, puisque c’est aujourd’hui mercredi 2 octobre, je devrai être de retour à Londres, dans ce salon même du Reform Club, le samedi 21 décembre, à huit heures quarante-cinq du soir".

photos-2013-0052-copie-1.JPGDépart imminent ! Le pari est lancé… Accompagné de son domestique Passepartout, Phileas Fogg, prend le train pour Paris... Soupçonné, à tort, d’être l’intrépide voleur de la Banque d’Angleterre, il sera également suivi tout au long de son périple par le détective Fix qui ne parviendra cependant jamais à l’arrêter.

photos-2013-0037.JPGLes aventures mènent nos deux compères aux Indes. N’écoutant que son courage, Phileas Fogg sauve du bûcher, la princesse Aouda. En Amérique, Phileas Fogg doit faire face à l’attaque du Pacific Railroad. Il parvient à sauver le brave Passepartout, enlevé par les Sioux.

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  Et pour réussir son pari, il n’hésite pas à emprunter une multitude de moyens de transport : paquebots, train, voitures, yachts, traîneaux, et même éléphants. Croyant avoir une journée de retard, son fidèle domestique s’aperçoit qu’en ayant voyagé d’ouest en est, ils avaient remonté le temps... et gagner 24 heures...

photos-2013-0068-copie-1.JPGPhileas Fogg a donc 80 jours pour faire le tour du monde. Pas de temps à perdre. A Londres, le héros de Jules Verne saute dans un train, direction la France puis l’Italie, pour rejoindre enfin le Canal de Suez, liaison vers l’Asie.

photos-2013-0084.JPGDans sa valise, très peu de choses… surtout du rêve, de l’ambition et un esprit d’aventure sans restriction. Entre Paris et Brindisi, il fait escale. Sa boussole affiche : 43° 46’ 29’’ Nord / 07° 29’ 59’’ Est. Nous sommes à Menton la perle de la Cote d'Azur. Sa valise se charge d’un citron, fameux antiseptique, toujours utile pour la route… Et nous voici embarqués pour l’aventure ! Pour ses 80 ans, la Fête du citron nous offre un tour du monde dans les Jardins Biovès !

photos-2013-0118.JPGOn plonge tout de suite dans les pages du célèbre roman « Le Tour du Monde en 80 Jours » à l’occasion du 80ème anniversaire de la Fête du Citron ! Vous allez  monter à bord du paquebot qui traverse le Canal de Suez et vous découvrirez la pyramide du Caire et l’une de ses mosquées traditionnelles. Puis laissez-vous envoûter par les bayadères indiennes et rencontrez l’éléphant de Phileas !

photos-2013-0120.JPGDécouvrez  ensuite le charme d’une jonque et vibrez de poésie face à une pagode… Parcourez les grands espaces américains en traineau jusqu’à atteindre la Statue de la Liberté. Envolez-vous en montgolfière. Prenez place à bord du train sur les rails du « rail road ». Revisitez Londres avec son Tower Bridge ! Devenez membre illustre du célèbre Reform Club. Flânez devant l’imposante Big Ben.

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 Devenez un aventurier des temps modernes. Plongez-vous dans l’univers de la Déesse Kali. Agrippez-vous en montant en voiture sur les routes de Hong Kong. Partez à l’aventure en Afrique à dos de dromadaire. Grimpez à 4000m d’altitude sur les pistes glacées de l’Himalaya. Le citron de Menton vous mène vers de nouvelles aventures ! A Menton, il est le prince de la cité… 

photos-2013-0140.JPGL’essentiel de la production mondiale est localisée dans les zones qu’il a parcourues : bassin méditerranéen, et côte californienne. De l’Italie, 2ème producteur de citron d’Europe, à la Grèce, où le citron est le fidèle compagnon de l’huile d’olive dans la cuisine, il longe ensuite Israël en paquebot, où l’on produit 62 000 tonnes de citron par an.

photos-2013-0155.JPGEn Inde, on connaît le citron pour une toute autre légende... celle du régime indien : Prenez un pépin entre vos doigts et pressez-le fortement sur votre lobe d’oreille. Comptez jusqu’à 10 et recommencez 10 fois sur chaque lobe. Cette méthode ancestrale élaborée par des princesses indiennes servait, dit-on, de coupe faim. Elles, qui s’attardaient de longues heures à leur beauté, donnèrent aux graines de citron des vertus insoupçonnables …

photos-2013-0163.JPGAu Japon, il est largement utilisé dans l’alimentation avec le poisson cru. Il fait ensuite escale en Californie, où l’Eurêka, la variété de citron la plus développée dans le monde, se trouve majoritairement. C’est sûr, Phileas Fogg le proposera à son retour pour accompagner son « English tea »…

photos-2013-0184.JPGAlors, ce héros n’est-il pas le premier prescripteur du citron de Menton ? Connu dans le monde entier, le citron de Menton se différencie des autres agrumes par son taux plus élevé de limonène 3 et par sa teneur en paracymène 3. Son goût est d’une finesse à faire frissonner les papilles. Le bassin méditerranéen est la principale zone de production du citron, avec en tête l’Italie (région de Gênes) et l’Espagne.

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Très apprécié des médecins arabes, grecs, latins dès le XXème siècle, le citron était recommandé par le philosophe persan Avicenne, pour lutter contre les palpitations, tandis que Sainte Hildegarde le conseillait contre la fièvre. Au Moyen-âge, il était considéré comme un puissant antidote contre les poisons et venins. Associé au thym et à l’ail, le mélange servait à prévenir des épidémies.

photos-2013-0204.JPGL’amertume de ses pépins lui donna la qualité de vermifuge. Antioxydant, le citron empêche également aux autres fruits de noircir et de perdre leurs vitamines, grâce à leur peau ou à leur jus. Ajouté à cela des propriétés antiseptiques, le citron est employé dans de nombreux traitements contre le mal de gorge ou encore en cosmétologie pour éclaircir le teint. Mais le mieux de tout reste son utilisation secrète… Le jus de citron a le pouvoir d’être une encre invisible ! Il suffit ensuite de chauffer la feuille au-dessus d’une chandelle pour voir apparaître les mots.

photos-2013-0241.JPGSi l’on est certain que le citronnier est asiatique, son origine exacte reste incertaine. Il aurait emprunté les routes de l’Ouest, au gré des diverses activités humaines, jusqu’à arriver en Mésopotamie. Durant la captivité de Babylone, les Hébreux apprendront à le cultiver. Ils en firent même un fruit sacré, employé dans certaines cérémonies, comme celle de la fête des Tabernacles.

photos-2013-0244.JPGDes spectateurs de toutes les latitudes viennent chaque année à Menton, revivre la féérie de la Fête. Ils sont du Danemark, du Canada, de Hong Kong ou d’Israël à faire le voyage pour ce fruit couleur soleil. Le citron de Menton a une notoriété internationale. Les compagnies aériennes ukrainiennes, anglaises ou encore suédoises parlent de la Fête du Citron. Plus de 6 000 professionnels du tourisme mondial annoncent cet évènement dans leurs rubriques.

photos-2013-0269.JPGEst-ce parce qu’on peut manger sa peau comme celle d’une pomme, ou qu’un seul zeste suffit à nous dévoiler toute sa finesse, quoi qu’il en soit il fait partie de notre patrimoine gustatif français. Menton, la ville des jardins, s’attache à préserver son trésor.  Lieu parfait pour ressentir la douceur de vivre, Menton est une destination authentique et généreuse, comme son citron... Une perle de la Méditerranée aux couleurs acidulées, à savourer absolument !

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Je peux déja vous annoncer que la Ville envisage déjà l’accostage du Nautilus en mer mentonnaise, pour une 81e édition de la Fête du Citron qui mettra donc de nouveau l’œuvre de Jules Verne à l’honneur, autour du thème de « 20 000 lieues sous les mers ».

                                     DIAPORAMA DE LA FETE


  
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 17:45

DECEMBRE2012-2019.JPG Départ tôt le matin de Cannes pour se rendre dans le département des Bouches du Rhône et assister aux oursinades à Sausset les pins, un petit port de pêche sans charme qui vaut uniquement par sa bâtisse seigneuriale dont le propriétaire était un industriel et qui surplombe le village aux maisons construites dans les années 70/80. Pas très folichon tout ca ! Mais je vous présenterais quelques photos du château Charles Roux, ou je me suis aventuré en toute illégalité, car celui ci est privé et ne se visite pas. Bon, on est venu pour les oursinades et non pas pour voir des monuments....

DECEMBRE2012-2023.JPGChaque début d'année est un moment attendu par bon nombre de provençaux et de touristes. Cette fois ci, nous sommes dans l'habit des touristes puisque la Provence est pour nous une tout autre région que la notre. Mais, que peuvent-ils donc attendre à cette période ? Les fêtes sont passées, les journées sont courtes, tout le monde est fatigué, cette région est froide en hiver contrairement à la douceur de notre Cote d'Azur ...

DECEMBRE2012-0020-copie-1.JPGEh bien ici, non ! Car c'est le moment d'enchaîner les plaisirs avec les oursins et leurs festivals: les oursinades ! Celles-ci ont lieu sur la Côte Bleue (pour info, la Côte Bleue s'étend de Marseille à Martigues. Elle abrite des calanques moins connues que celles entre Marseille et Cassis). Chaque année, les oursinades s'enchaînent sur trois communes: elles commencent en janvier à Sausset les Pins, puis se poursuivent pendant 3 week-ends de suite à Carry le Rouet et enfin, se terminent à Fos sur Mer au mois de Mars.

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Alors qu'est-ce qu'une oursinade ? L'oursinade (mais aussi la dégustation des moules, des huîtres, des bigorneaux, ou des tellines) est organisée sur le port de Sausset Les Pins. Le mieux pour vous la présenter est de vous en faire vivre une, à Sausset les Pins. Une oursinade est en fait une grande dégustation d'oursins, de coquillages et de spécialités de la mer sur le Port du village qui accueille cette festivité.

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Daube de Poulpe


 Des oursins qui sont rappelons-le, choisis à la main, par des plongeurs  professionnels, selon des règles bien précises et qui constituent l'une des pêches artisanales qui existe encore de ce coté ci de la méditerranée. Les trois departements du Var, des Alpes Maritimes et des Bouches du Rhone sont concernés.

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Les Téllines de Mediterranée


 Une pêche comme la poutine par exemple ne se trouve que dans la prudhommie niçoise. Les pêcheurs professionnels vont dans une zone de pêche bien délimitée pour ne pas ramasser les oursins dans des eaux insalubres. Les oursins doivent avoir une taille de 50 mm minimum (hors piquant) pour répondre aux critères de qualité.

DECEMBRE2012-0060.JPGIl faut vraiment avoir assisté au moins à une oursinade dans votre vie : même la SNCF met des trains à demi-tarif pour vous y rendre ! Vous prenez le train à Toulon, à Marseille ou à Nice, vous longez toute la Côte Bleue ou la Cote Varoise (d’Hyères à Saint Raphaël) dans toute sa splendeur et une à deux heures plus tard, vous voilà à Sausset les Pins.

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Là, c'est bien simple, inutile de demander votre chemin: tous les gens convergent vers le Port ! D'ailleurs si vous pouvez éviter de venir en voiture, nous vous le conseillons car il y a vraiment beaucoup, beaucoup de monde, venu de toutes régions et les places de parking sont très peu nombreuses. Une fois au port, avec un peu de chance, vous serez arrivés suffisamment tôt pour acheter votre plateau d'oursins. 

DECEMBRE2012-0062-copie-2.JPGEh oui, comme toute bonne adresse qui se respecte, il faut la mériter et arriver tôt. Et si par malchance il n'en reste plus, vous avez la possibilité de trouver tous types de spécialités dans l'ensemble des stands présents (bien évidemment des coquillages chez les mareyeurs mais aussi de la bouillabaisse, daube de poulpe, brochettes de calamars, seiches à la persillade, huitres de Bouzigues dans les autres stands, ..).

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Et là, vous avez le choix entre vous installer sur une des grandes tables dressées sur le Port, ou aller un peu plus loin vous isoler sur les rochers  ou la plage de galet et déguster entre vous tranquillement ce nectar de l’oursin ...

DECEMBRE2012-0092-copie-1.JPGLe plateau est préparé, à savoir les oursins ouverts et accompagnés de jus de citron. N'oubliez pas l'accompagnement avec la bouteille de vin blanc ! Celui de Cassis par exemple est très bien ! Mais je ne saurais vous conseiller un château Simone, ce vin est sublime. Pour une fois que je fais des éloges sur un vin de cette région, c'est qu'il est vraiment excellent ....

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Chateau Charles Roux à Sausset les Pins

 

S'il fait beau (comme c'est assez souvent le cas, osons-le dire pour nos lecteurs du " Nord "), une petite sieste bien tranquille au soleil s'impose alors ! Et c'est tout à fait ressourcé que nous pouvons enchaîner par une visite des stands des différents artisans locaux présents. Car les oursinades, ce sont avant tout une fête locale avec tout le folklore et les animations associées: exposition artisanale, animation de rue, musique, danse, ... Alors, n'oubliez pas, les oursinades c'est super mais prévoyez d'arriver en avance !

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Quelques précisions sur les oursins et  sa réglementation: Les oursins, vous le savez peut-être, mais comme bien d'autres espèces, sont soumis à réglementation. Il y a des périodes d'ouverture et de fermeture. Vous pouvez d'ailleurs les déguster dans les restaurants, ou même les pêchers vous-mêmes au cours de cette période (grosso modo, elle s'étend de la fin octobre à la mi avril). En dehors, n'allez pas vous faire avoir: si vous trouvez des oursins dans un restaurant au mois de mai,  c'est hors la loi !

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Huitres de Bouzigues, les huitres de Meditérranée.

 

Brune, verte, violette ou rose, la « châtaigne de mer » est très prisée par les gourmets. Les oursins sont un mets de fête, apprécié tant à l’apéritif qu’au cours d’un repas. le corail se déguste avec une mouillette de pain et sert à enrichir des sauces. Ainsi, une « oursinade » désigne à la fois une sauce à base d’oursins, parfaite sur un plat de poisson, et une dégustation d’oursins. C’est une pêche difficile et surtout très réglementée pour préserver l'espèce.

DECEMBRE2012-2005.JPGLes baigneurs l'évitent, les gourmets le traquent. La cueillette de l'oursin est engagée pour les amateurs de ce caviar de la Méditerranée qui risque de devenir une perle rare. Heureusement, la réglementation est draconienne. Les pêcheurs descendent entre cinq et six mètres, parfois à neuf. Ils font entre 400 et 450 apnées par jour. » Equipé d'une grapinette, ils choisissent les oursins dont le diamètre ne doit pas être inférieur à 5 cm.

DECEMBRE2012-0149.JPGLes piqûres d'oursins : Il peut vous arriver bien souvent, lorsque vous vous baignez dans les eaux du sud de la France, de mettre les pieds sur des oursins : que faire ? Leurs piquants pénètrent dans la peau, se cassent et restent à l'intérieur, procurant de vives douleurs. Il faut alors désinfecter à l'eau de javel diluée et retirer les restes d'épines. Par contre si vous avez un oursin dans la gorge ou des oursins dans la poche, ca, c'est une autre histoire ....

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                            DIAPORAMA DES OURSINADES


  
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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 07:33

DECEMBRE2012-0458.JPG C'est par la vieille ville et son célèbre Suquet qu'il est conseillé de débuter la visite de cet ancien village de pêcheurs. On peut y accéder par divers versants en empruntant des ruelles pentues, entrecroisées d’escaliers pittoresques où le piéton est roi. Quand vous serez au plus haut des remparts et de la tour carrée,  le point de vue sur la ville, le port, la Croisette et les îles de Lérins est remarquable.

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depuis 1884, la chapellerie Tesi se transmet de generation en generation


 Au pied de la vieille ville, l’âme de Cannes : le marché Forville et sa ceinture de magasins d’alimentation (bouchers, charcutiers, poissonniers, boulangers, cavistes…) vous fera découvrir une des facettes d'une cité depuis bien longtemps réputée "commerçante" en passant par la rue Meynadier et la rue d'Antibes.

011.JPGLes bâtiments publics, architecturalement remarquables, retracent diverses époques du passé historique cannois, tandis que les villas et grandes demeures, évoquent la grande période de villégiature étrangère du XIXe siècle. Il faut remonter le boulevard Carnot  pour admirer quelques édifices ornées de cariatides monumentales. De nombreuses demeures jalonnent alors le parcours, certaines de type haussmannien, d’autres marquées par l’éclectisme, l’art nouveau ou l’art déco. En 1894, cette artère majeure de 26 mètres de large et de 2,6 kilomètres de long prend le nom de boulevard Carnot, en hommage au président de la République assassiné à Lyon.

074.JPGEn toutes saisons cannes est toujours fleuris, du bld Carnot à la Croisette, du Palm Beach à la Bocca.  Le centre de production du Service municipal des espaces verts  est installé depuis  1980 au quartier de l’Abadie. Sur 32 000 m2, dont 8 850 m2 de serres, sont cultivées  400 000 plantes à massifs, 1 500 plantes vertes utilisées pour la décoration à l'occasion de manifestations cannoises et 200 jardinières mobiles utilisées pour des décorations  en plein air (Festival international de la plaisance, Festival de Cannes…). Mais comment Cannes est devenue Cannes ?

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Le Cannois était pauvre, certes, mais il possédait un trésor immuable. Il bénéficiait d’un don providentiel : un environnement enchanteur sous un ciel clément et doux. Cette baie merveilleuse, ce site harmonieux, cet écrin de collines qui apaisent les vents étrangers, ce promontoire dominant la plage, ces deux îles voisines qui enserrent  et protègent la côte, toute cette conjonction astrale a toujours fasciné l’homme et l’a toujours attiré. Et ce… depuis la nuit des temps.

DECEMBRE2012 0040Cannes est un mot ligure qui désigne une hauteur, un piton ; un habitat perché comme "Le Cannet" sa proche banlieue, comme Cagnes, comme d’autres qui ont la même racine. Les petites maisons se serrent blotties contre le château et l’église, sur la crête et le long des pentes à l’est et au nord surtout, à l’abri des remparts : des « bàrri ».

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  On y mène une vie difficile dans des conditions souvent pénibles. Il n’y a, par exemple, qu’une seule source. Elle coule au pied du Suquet. Cette vie est faite de prières, de durs labeurs, de peines mais aussi de fêtes et de joie. L’activité se partage entre l’agriculture (riz, blé, olivier), la pêche strictement réglementée et le mouvement « portuaire ». Grasse la riche, vient y exporter ses tissus et ses cuirs, plus tard sa parfumerie , son jasmin, sa rose et son mimosa.

DECEMBRE2012-0036.JPGA la mort de la reine Jeanne, après une série de luttes âpres et dévastatrices pour sa succession, un événement va bouleverser l’équilibre de la région. En 1388 le Comté de Nice devient possession du Duc de Savoie. La frontière est désormais marquée par le fleuve Var. Cannes eut donc le redoutable privilège d’être ville frontalière et dut subir, de ce fait, les premiers chocs terrestres et maritimes des conflits des grands de ce monde.

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A la fin de l’Ancien Régime à Cannes, se produisirent deux faits notables. Le premier bien connu est la séparation du Cannet de la Ville de Cannes en 1777. L’indépendance du Cannet qui était un hameau de Cannes fut octroyé par Louis XVI. Cela ne lui a pas, pour autant, porter chance. Le deuxième fait est moins connu mais doit être noté. Des marins cannois ont participé à la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Ils furent soixante-treize, sous les ordres de l’amiral de Grasse à aider les Américains à recouvrer leur liberté. Certains y laissèrent la vie. D'ailleurs Cannes à des relations trés étroite avec les états unis et la ville est jumelée avec Béverley Hills. De plus au moment des évenements du 11 Septembre son maire actuel etait à New York.

DECEMBRE2012-1385.JPGL’Empire fut bien accueilli, au début, moins bien à la fin, a cause de ses guerres incessantes. Les Cannois étaient plutôt royalistes tout comme les niçois. Aussi quelle ne fut pas leur émotion quand, le 1er mars 1815, on leur annonça que Napoléon échappé de l’île d’Elbe et ayant débarqué à Golfe-Juan avait l’intention de bivouaquer à Cannes. L’empereur avait envoyé une ambassade auprès du Maire. Il aurait pu choisir un ambassadeur plus diplomate, c’était Cambronne. Il trouva en la personne du maire un personnage qui lui tint tête. Mais notre pauvre Maire ne pouvait rien contre l’Aigle, il s’appelait : Poulle. La Restauration Sarde avec le Comté de Nice ramena la paix et, avec elle, la reprise du « tourisme » avant la lettre.

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En 1834, le choléra sévissait en France. A Nice, qui était alors ville piémontaise, on interdisait l’entrée de tout étranger venant de France. Or, sur les berges du Var qui servait de frontière, se présente, Lord Brougham and Vaux, ancien chancelier du Royaume-Uni. Celui-ci se rendait en Italie, lieu de villégiature à la mode à l’époque. Il ne put passer le fleuve. Dépité, il revint sur ses pas, s’arrêta à Cannes et descendit à l’Auberge Pinchinat. Pour cuver son courroux il s’en alla explorer le pays et en tomba, illico, amoureux. En lui mûrit alors l’idée de s’y fixer.

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Chateaubriand, le Pape Pie VII , le roi de Naples, Victor Hugo vinrent manger la bouillabaisse chez pinchinat


 Le dit lord hésitait. C’était une décision difficile à prendre, et il balançait encore quand M. Pinchinat lui servit… une spécialité de son invention, la bouillabaisse. Notre fils d’Albion scruta ce plat étrange, cela le changeait du gigot à la menthe, le renifla, le huma, en prit une cuillérée, la goûta, en prit une assiettée, puis une autre et décida, incontinent, de résider, in aeternam, à Cannes. Il mit en pratique, sans le savoir, la devise de la Ville « Qu li vèn li viéu ». (Celui qui y vient une fois y reste toute la vie). Il fit bâtir un château et attira chez nous les plus fortunés de la gentry britannique. Et Cannes fut lancée.

024.JPGLa suite, on la connaît. Les Anglais, devenus entre temps nos amis, parsemèrent nos collines de villas, de châteaux sortis tout droit de l’imagination d’un Walter Scott. Après les Anglais ce fut le tour de l’aristocratie russe entraînée par la richissime Alexandra Fedorovna Tripet Skrivistkine (Amie de Prosper Mérimée)…. Et toute l’Europe couronnée et fortunée suivit. Empereur, tzarine, rois, reines, princes, grand ducs, Lords, bourgeois nantis, tous viennent en hiver profiter, sous l’ombrelle, de notre soleil et y mener une vie mondaine.

DECEMBRE2012-0028.JPGLes artistes aussi participent à la fête. Notons Prosper Mérimée qui tomba amoureux de Cannes, y vécut et y mourut. Maupassant, sur son yacht « Bel Ami » navigua dans nos eaux et y écrivit "Sur l’eau". Debussy y composa ses premiéres notes. Victor Hugo, Chateaubriand et la liste serait encore longue. N’oublions pas Stephen Liegeard dont le titre de gloire est d’avoir inventé l’appellation : Côte d’Azur.

Le 10 avril 1863 la gare est ouverte. Désormais, grâce à ce progrès pharamineux, Paris n’est plus qu’à 22 heures 20 minutes de Cannes.

DECEMBRE2012-0030-copie-1.JPGCannes connut les restrictions, l’occupation allemande et aussi, en août 1944… sa dernière attaque par mer. Lors du débarquement des Alliés sur nos côtes, un grand acteur qu’on attendrait plutôt au Festival du film fit son petit cinéma personnel en canonnant nos rivages depuis son navire de l’US Navy « Prince Stewart » dont il était le capitaine. Il se nommait Douglas Fairbanks Jr. Mais, lui, c’était un ami qui nous voulait du bien.

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La paix revenue, le Festival du film va pouvoir enfin commencer. Il va prendre son essor et, poussé par la folie pelliculaire, il va devenir, chaque année, la plus importante manifestation mondiale après les Jeux Olympiques. Cannes est depuis devenue une icone....

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                              DIAPORAMA DE CANNES


  
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