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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 08:01

decembre-2011-0193.JPG Tourrettes sur loup est le seul endroit en France où la violette est cultivée comme culture unique ou principale .. Vers 1880, l'activité agricole de la commune s'est essentiellement tournée vers cette fleur. Viola odorata  est une espèce spontanée, très commune en Europe septentrionale de plaine et méridionale de moyenne montagne.

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En 1875, on cultive dans la région de Grasse de nombreuses variétés longtemps dominées par la violette de Parme. Aujourd'hui seule la variété Victoria est cultivée à Tourrettes sur Loup. Elle se caractérise par une fleur simple pétalée, dressée sur un long pédoncule de près de 25 cm. Le pétiole de sa feuille est de même longueur.

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La violette Victoria est très odorante, il suffit de longer les parcelles de culture, d'Octobre à Mars, pour en respirer le parfum. Les parcelles cultivées sont de petite dimension (de 300 m2 à 2 hectares), en restanques, d'accés difficile pour les machines. La culture de la violette à Tourrettes sur Loup est essentiellement basée sur le travail manuel et exige de bonnes aptitudes physiques: souplesse du dos et des jambes pour les travaux au sol, dextérité pour la récolte et la confection des bouquets.

decembre-2011-0080.JPGDe nouvelles techniques de culture (hors sol en banquettes ou en boudins suspendus) allègent le travail et suppriment le désherbage chimique ou manuel. Une demi-douzaine d'exploitation, réparties sur 8 hectares, cultive la violette, en plein air ou sous abri froid. Du 15 octobre au 15 Mars, les fleurs sont cueillies en bouquet de 25, entourés de quelques feuilles. En fin de saison, quand la floraison est plus abondante, la fleur est cueillie sans la tige pour la confiserie (7600 fleurs au kilo).

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  Début Mai et fin Juillet, la feuille est fauchée et livrée le jour même dans les usines de Grasse pour y être transformée en concrète, puis en absolu qui entre dans la composition de nombreux grands parfums. Restanques gorgées de soleil, sol profond où poussent en voisins le bigaradier, la rose centifolia et le jasmin, hiver sans gel ni neige, été sec suivi d'automne doux et pluvieux: le terroir de Tourrettes sur Loup convient parfaitement à l'épanouissement de cette fleur secrète, raffinée et parfumée.

decembre-2011-0023-copie-1.JPGLa saison est clôturée par la Fête des Violettes qui a lieu, en général, fin fevrier ou debut Mars, en fonction de la floraison. Les rues du village sont animées dès le matin avec des aubades musicales et les danses de la souche. Tout le village est fleuri et sent bon la douceur de vivre en ce début de printemps.

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Pendant que la messe se déroule dans l'église Saint Grégoire, les restaurateurs se préparent afin d'accueillir au mieux les visiteurs qui s'installeront aux terrasses des cafés et restaurants pour profiter agréablement du spectacle qu'est le Corso Fleuri . La journée se clôture par la Bataille de Fleurs à laquelle tout le monde participe.

decembre-2011-0062.JPG1952, c'est loin, mais pourtant beaucoup d'azuréens s'en souviennent, de cette première fête de la violette. L'excitation de la nouveauté, l'ardeur de tous, la joie des enfants, le parfum des fleurs, comme un nuage poudré sur le village...
A l'origine, la fête est destinée à célébrer les spécialités du terroir tourrettan: les violettes, les créations des artisans d'art nouvellement installés dans le village, mais aussi l'huile d'olive nouvelle.

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  En 1952, on compte une quarantaine de producteurs de violettes. Il est donc facile de fournir aux écoles de quoi exécuter des petits motifs. Vélos, poussettes, ânes sont ainsi transformés en montures fleuries qu'enfourchent gaiement les enfants. Le petit corso part de la place Mirabeau et tourne sur la place de la Libération pour de mémorables batailles de fleurs.

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On a réservé la barbacane à la vente des spécialités tourrettanes: à chaque extrémité, les stands des deux moulins à huile de Tourrettes; au milieu, celui, abondamment décoré, du comité des fêtes. Entre ces points clefs, se succèdent les étals des producteurs de violettes et des tisserands: Brauen, Mietens, Walfard... Il se vend énormément de fleurs se souviennent les témoins.

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La fête attire de nombreux spectateurs, venus des villages alentours, et jusqu'à Nice. Mais aussi de la capitale ou de toute l'Europe: ce sont les amis des artistes et artisans d'art, dont certains tiennent boutique à Paris. De plus, Tourrettes est à la mode, Marcel Carné et Prévert l'ont fait connaître, de nombreux films s'y tournent. Des artistes du monde du cinéma comme Marcel Lherbier ou Eddie Constantine descendent chez Betsy, à l'hôtel du Ménestrel, sur la place de la Libération. Les enfants sont ébahis devant les grosses voitures américaines...

decembre-2011-0094.JPGLe mouvement est lancé. La fête se recentre sur les corsos fleuris. Progrès oblige, les chars font leur apparition, les ânes et les bicyclettes sont supplantés par les véhicules à moteur. En 1983, les associations tourrettanes, nouvellement créées, s'impliquent dans la manifestation et réalisent leurs propres chars. Amplement étoffée, la fête des violettes attire une foule de plus en plus nombreuse.

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En 2002, pour marquer son cinquantenaire, la municipalité a décidé de la doter d'un nouvel éclat et de lui redonner ses accents de terroir. Trois jours de réjouissances avec des points forts comme le corso fleuri, bien sûr, mais aussi une brissaudo traditionnelle et une exposition rétrospective célébrant le cinquantenaire... Sur la place de la Libération, cinq producteurs de violettes et des commerçants non sédentaires présentent des produits en relation avec le terroir: miel, nougat, huile d'olive, vin, pains d'épices. Le tout baignant dans la musique et la danse.

decembre-2011-0167-copie-1.JPGEnfin, manière de rendre hommage à l'initiateur de la manifestation, les artisans décorent leurs vitrines dans le vieux village. C'est l'histoire d'un des pionniers de l'artisanat d'art tourrettan qui fut aussi l'initiateur de la fête des violettes. Parisien d'origine anglaise, né en 1886, Victor Linton a créé et vendu des bijoux fantaisie et des objets de décoration à Paris, jusque dans les années 1940. Bien avant Paco Rabanne, dès 1933, il eut le premier l'idée d'utiliser une nouvelle matière synthétique, le Rhodoïd, à des fins décoratives.

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A la fin des années 40, Linton découvre Tourrettes: un vrai coup de coeur. En 1947, il a alors 61 ans, il acquiert deux maisons contiguës en ruine dans la Grand rue sur le "ravin" et les restaure entièrement - elles appartiennent toujours à la famille. "Il avait un amour fou pour le village" se souvient sa belle fille. Les Tourrettans qui l'ont connu le décrivent comme un monsieur "distingué et charmant", toujours souriant et d'une élégance toute britannique. Il se promenait dans la Grand rue, en pantalon de tweed, chemise blanche, cravate ou foulard et porte-cigarettes.

decembre-2011-0225-copie-1.JPGBien avant le règne du marketing, il avait compris qu'il faut créer de l'animation pour attirer les clients. Ainsi, il organise des expositions dans sa boutique-galerie, donne des cours de peinture, emmène ses élèves peindre sur le vif les paysages tourrettans. Mais son ardeur ne s'arrête pas à la mise en avant de ses propres créations.

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  Pour promouvoir le village, il incite la municipalité, les producteurs de violettes et les artisans à organiser une fête qui donnera aux premiers l'occasion de valoriser cette spécialité rare et aux seconds, la chance d'exposer leurs créations hors de leurs boutiques. On connaît la suite... Victor Linton était un Tourrettan de coeur. Depuis 1960, il repose dans le cimetière du village qu'il aimait tant.

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                          DIAPORAMA DE LA VIOLETTE


 

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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