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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 18:10

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C’est dans les locaux du chantier Sang Neuf, route de Turin, que se trame l’exécution des 47 toilettes qui font les choux gras des batailles de fleurs dédiées à la gastronomie. Un délice... L’atelier des costumes des batailles de fleurs a pris ses nouveaux quartiers aux anciens abattoirs de Nice. Devenus le chantier Sang Neuf. Endroit spacieux, idéal, pour l’exécution des costumes, considérés comme les gros morceaux des cinq corsos fleuris paradant autour du Roi de la gastronomie.

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Quand on jette un œil discret sur le travail des couturières, on y voit, des jupons bouillonnants, des robes de marquise aux manches gigots ou des tenues à jabots rappelant souvent, l’inspiration superlative du peintre François Boucher ! Toutes ces niçoises préparent plus de cinquante toilettes à tailler. De vraies toilettes, bien gratinées, bien relevées, bien soufflées, entre couture et humeur allégorique. Il y en a pour tous les goûts.

Mars-2014-0324.JPGLe char du poulailler ne prendra pas le bouillon grâce à son couple de volailles, emplumées dans un tulle blanc aux tâches noires et des empiècements pied-de-poule ou pied-de-coq. Côté mer, on en pince pour le homard, représenté par une robe à tournure dite « queue d’écrevisse » transparente et surmontée d’épaulettes en guise de carapace.

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Toujours dans la série « sea food », le char « Mordre à l’hameçon » part à la pêche d’un poisson volant recouvert d’une armure manga en lamé bleu glacier, vert et argent. Au fil du manège gourmet et gourmand, tournent follement les herbes, les épices et les condiments. Les piments « Show devant » excitent un corset en taffetas de lurex baleiné jaillissant, tel une flamme, d’un tutu en tulle rouge.

Mars-2014-0335.JPG« Chouchou bidou » n’emporte pas la bouche, mais fait éclore de son tendre cœur de crucifère vert et violet, un couple de robes courtes et de coiffes, dont les frisottis sont habilement simulés par des cache-pots plissés, coupés et superposés. Ensemble très chou !

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La « Malbouffe ». Costume progressif et calorique en crin rigide, truffé d’emballages, sachets, paquets froissés et agrafés, ayant contenu bonbecs, barres chocolatées, chips, soupes industrielles, sauces bien grassouilles... Le sucre s’en paye une tranche. En particulier à bord du char des bonbons, où trois « Sweet Ladies » sont à croquer dans leurs robes  de petites filles modèles faisant valser cup cakes, glaces, sucettes, candy canes. Appel régressif sur fond rose pour pic glycémique de choc. 

Mars-2014-0360.JPGEt la reine ? Elle trône sur une pièce montée à l’américaine. Un « wedding cake » de trois étages couleur vanille et dragée, drapé, festonné, culminant à 4 mètres de hauteur. D’autres supports sont invités à nourrir cet opéra-bouffe oversized. Textures et ustensiles détournés : napperons de papier dentelle plastifié imitant la chantilly, mousse pour jouer les plumes postérieures des gallinacés, ballons dorés façon bulles de champagne, polystyrène, isolant à parquet, couverts, bâche, bouchons de liège, etc.

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Autant d’ingrédients servant la soupe à des vêtements inédits et à des coiffes toquées. Effets mitonnés aux petits oignons par des artistes à la fois couturières, plasticiennes, architectes du corps, qui ont mis toutes leurs tripes dans ce festin d’étoffes. Les batailles de fleurs sont à` l'unisson des chars de carnaval, un cortège végétal et poétique sur le même thème dont l’identité´ visuelle est assuree par les fleuristes.

Mars-2014-0512.JPGLe passage à` la version florale représente un long et méticuleux travail, pourtant effectue´ dans un délai fort court par les maitres de l’art du piquage réunis, en un groupement de fleuristes niçois. Défilé de silhouettes graciles et déliées. Ballets de jambes interminables... Carnaval a beau être une enflure mastoc s'étranglant d'un rire gras, sa cour au féminin doit davantage se rapprocher des sylphides que des walkyries.

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Afin de choisir les créatures qui paraderont sur les chars des batailles de fleurs le casting est l'un des plus sévères de France. Mme de Fontenay apprécierait ! Age requis : 18/25 ans. Taille minimum pour passer sous la toise convoitée : 1,70 m. Le centimètre a aussi son mot à placer. On aime les minces. Pas les planches ! Pas les tartes non plus. Les mannequins sont revêtus de créations uniques conçues comme des atours de théâtre en écho au thème du Carnaval.

Mars-2014-0372.JPGAinsi en cette année de Mascarades, l’art du travestissement est exprimé de façon élégante et fantaisiste. Ces costumes naissent dans un atelier de création entièrement dévolu aux batailles de fleurs et a`l’élection de la Reine. Dans cet antre aux mille couleurs et aux accessoires les plus variés, sont réalisées des œuvres dans les tissus les plus riches, les matériaux les plus inattendus...

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Une cinquantaine de costumes, coiffes, paires de chaussure, bijoux et autres petits trésors sortent alors sur les batailles de fleurs. Un char de bataille de fleurs... C'est: Quatre a` six mille tiges de fleurs fraiches, 80 % de celles-ci sont issues de la production des Alpes Maritimes, mises en terre des le mois de novembre; ses dimensions sont de 7 à 8 mètres de long sur 2 à 3 mètres de large et 6 de haut ; 72 heures de travail concentrées sur 2 jours et demi ; 400 pains de mousse, 10 kg de fil de fer et 12,5 mètres de grillages de jardin ; plusieurs baquets de 200 litres d’eau; 1, 2 ou 3 mannequins par char lancent environ 20 kg de mimosa et fleurs coupées.

Mars-2014-0390.JPGCes Corsos deviennent aussi des batailles de fleurs ressemblant davantage à une parade où alternent chars fleuris et divers groupes de musiques, fanfares, marching-band, et dont le charme réside à échanger des fleurs, plus qu'à "batailler". Œillets, roses, glaïeuls, tokios, gerberas, mimosas, dahlias, liliums, etc... Sont soigneusement piqués dans des pains de mousse spéciale, gardant la fleur fraîche.

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Pour la garniture "pétales" d'un grand char, il faut compter 80 à 100 bottes d'œillets de 50 fleurs chacune, soit quelque 5000 fleurs. Par char, on place entre 60 à 70 coussins de mousse. Chacun supporte 60 à 65 fleurs et feuillages. Il faut donc compter de 3600 à plus de 4000 tiges.

Mars-2014-0404.JPGL'histoire du Corso est liée à la tradition populaire des célébrations des fêtes auquel la nature fait référence. C'est un patrimoine culturel attaché à l'agriculture florale du pays niçois et de la péninsule italienne. Celle ci appartient à la sphère des événements que l'on pourrait appeler «l'éveil de la nature. L'événement récurrent de la mort de la végétation arrivée de l'hiver et la renaissance miraculeuse de la nature au printemps, a exhorté l'imagination des anciens de la Méditerranée orientale et des agriculteurs depuis des milliers d’années, au moment de la période néolithique.

Mars-2014-0321.JPGC'est l'âge des premières récoltes qui ont suivi les cycles saisonniers de la prise de conscience que la générosité de la " terre mère " et les autres forces de la nature dépendait le sort de la communauté. Il n'est donc pas surprenant que les rythmes saisonniers ont été enregistrés par des cérémonies spéciales, prêt à invoquer la «résurrection» du monde des végétaux, pour célébrer le semis et la récolte, afin de souligner l'interruption temporaire des choses avec la trêve hivernale et sa restauration imminente.

Mars-2014-0358.JPGCette festivité d'origine païenne marque donc la fin de l'hiver et celle ci se fait par tradition à cette époque et non pas, comme on le voit dans certaines villes françaises en été. Cela n'a plus aucun sens ! Resté le symbole de l’imaginaire et du burlesque, le Carnaval attire chaque année, autour de Mardi-Gras, plus d’un million et demi de spectateurs.

Mars-2014-0385.JPGPlus de 2.000 personnes sont mobilisées autour de la sortie de Sa Majesté Carnaval dont le règne éphémère est marqué par un thème renouvelé chaque année et traité par des dessinateurs de la presse internationale. La période de Carnaval, outre ces festivités, donne une merveilleuse opportunité de découvrir Nice en hiver : la douceur du climat, la luminosité du ciel et l’art de vivre de la Côte d’Azur. Sites naturels, vie culturelle et artistique foisonnantes, gastronomie…donnent à Nice et à sa région une atmosphère riche en émotions.

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                           DIAPORAMA DE LA BATAILLE



 

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Published by BIKER06 - dans PROVENCE & PAYS NICOIS

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